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répercussion lésionnelle des glandes génitales sur l’hypothalamus, problème que posent nettement deux observations, l’une de Tapie, l’autre de Fessler, dans lesquelles des lésions traumatiques testiculaires semblent être à l’origine de syndromes infundibulaires. Par ailleurs, il invoque, en faveur des lésions hypothalamiques dans certains syndromes (obésité, syndrôme adiposo-génital, macrogénitosomie précoce), la notion étiologique fréquente dans ces syndromes d’une atteinte d’encéphalite épidémique dont on sait la prédilection avec laquelle elle touche le diencéphale. Nous rapportons plus loin des observations d’homosexualité encéphalitique ; dans ces cas, la modification de l'instinct sexuel peut s’interpréter à la lumière des notions mises en valeur par Lhermitte comme la conséquence d’une lésion de ces centres hypothalamiques.
Signalons également les rapports montrés par G. Petit (91) entre les syndrômes infundibulo-hypophysaires et les états d’anxiété sur lesquels nous avons déjà insisté à propos de l’excitation génitale particulière qui accomgne souvent ces états.
Parallèlement à ces notions sur la nature organique de l'homosexualité, se sont développées des théories faisant appel à la psychologie. x
Les études psychanalytiques de Freud (30) ont montré que la vie sexuelle ne débutait pas, comme on le croyait jusqu’à lui, à la puberté, mais que le développement psycho-sexuel aboutissant à l’hétéro-sexualité de l’adulte se faisait grâce à des mécanismes de sublimation et de refoulement sur lesquels nous n’insisterons pas, par une succession de stades qui se produisent pendant l’enfance. A la phase hétéro-sexuelle, la sexualité infantile s’est endiguée pour se localiser tout spécialement aux organes génitaux et, en même temps, le désir sexuel est dirigé vers un objet de sexe différent. L'existence d’une phase bissexuelle chez tous les enfants, qui dirigent alors, d’une façon plus ou moins consciente, leurs désirs indifféremment vers l’un ou l’autre sexe, a fourni une explication de l’homosexualité. L’homosexualité de l’adulte se produirait soit par fixation, qui réside en ce fait qu’un ins-
tinct ou une composante instinctive n’ayant pas accompli avec l’ensemble de la libido l’évolution normale à prévoir, demeure, en vertu de cette inhibition de développement, arrêtée à un stade infantile, soit par régression, c’est-àdire par retour à ce stade.
D’autres auteurs, sans s’inspirer des doctrines psychanalytiques, mais qui ont étudié l’homosexualité surtout du point de vue psychologique, sont arrivés aux mêmes conclusions,
Pour Max Dessoir (22), un sentiment sexuel non différencié est normal en moyenne pendant les premières années de la puberté, c’est-à-dire de treize à quinze ans chez les garçons et de douze à quatorze chez les filles, alors que, plus tard, il doit être regardé comme pathologique.
Moll (80) insiste sur l’indifférenciation de l'instinct sexuel dans le jeune âge où il revêt des formes multiples, pour lui aussi l’homosexualité serait due à une fixation de l'instinct à ce stade.
Otto Weininger (129) insiste également sur la dualité sexuelle originelle qui produirait, dans l’enfance, un hermaphrodisme psychosexuel.
Havelock Ellis (24 bis) remarque que, chez beaucoup d’invertis, l'instinct sexuel est comparativement non différencié dans ses manifestations précoces. Il assimile à cette constatation le fait que de nombreux homosexuels sont, en quelque sorte, par leurs anomalités physiques, arrêtés dans leur développement et se rapprochent du type infantile.
Hesnard (45), dans un récent article, après avoir exposé les faits sur lesquels reposent les théories endocriniennes de l'homosexualité, estime que, ni la clinique, ni l’expérience ne sont encore parvenues à démontrer l’origine de l'homosexualité dans une simple perturbation endocrinologique, tout en admettant que l'équilibre hormonique conditionne tout l’ensemble de la sexualité. Il pense qu’il faut rapprocher, en pareille matière, les efforts respectifs des physiologistes et des psychologues et voir, dans l’homosexuel, un arriéré du développement psycho-sexuel, dont l'exigence érotique se montrerait incapable de trou-
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ver d'autre issue que cette voie érotique homologue, la seule permise par les blocages, non seulement endocriniens, mais nerveux que font naître les réactions émotionnelles excessives apparues au cours du développement psychique individuel.
Cette opinion nous paraît résumer, de façon heureuse, l’état actuel de nos connaissances sur le problème de la pathogénie de l'homosexualité, alors que nous pouvons à peine indiquer, dans ses grandes lignes, la complexité des facteurs endocriniens, psychologiques, nerveux qui entrent en jeu dans son mécanisme.
Nous ne saurions du reste entreprendre une discussion sur un sujet aussi vaste que l’homosexualité en général, cela dépasserait de beaucoup le cadre de notre travail. Si nous avons fait cet exposé théorique, c’est uniquement pour nous aider à interpréter les faits cliniques que nous rapportons. Pour en revenir à notre étude qui n’a trait qu’au domaine psychiatrique, il nous faut logiquement rattacher à cet exposé théorique l’analyse de plusieurs travaux.
Miss Mary O’Malley (74) a rassemblé une série de 11 observations de femmes aliénées présentant des troubles endocriniens avec des altérations très marquées des caractères sexuels secondaires et tertiaires dans le sens du virilisme avec hirsutisme, modifications du timbre de la voix, de la structure générale du corps se rapprochant du type masculin, et réalisant un pseudo-hermaphrodisme. Ces observations sont très complètes en ce qui concerne l’examen somatique et sont accompagnées de documents photographiques extrêmement démonstratifs. Nous avions été un peu surpris en lisant un compte rendu de ce travail de voir que l’auteur avait observé, chez des malades présentant ce pseudo-hermaphrodisme et atteintes de psychose maniaque dépressive, des tendances homosexuelles pendant leurs périodes de dépression alors que l'excitation faisait réapparaître un comportement sexuel normal, ce qui était en contradiction avec les autres observations de la littérature et ce que nous avions observé nous-même. En réalité, une traduction littérale nous a montré que l’auteur avait déduit ses