‹ HondschooteChapitre 3 sur 68 · B0ND8CH00TE · texte numérisé non relu

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Ceux qui se chargèrent du département de la guerre furent Delacroix, Delmas et Gasparin. Le 29 juin, le Comité considérant que les circonstances exigeaient la plus grande activité, décidait que Danton et Delmas surveilleraient les opérations du ministre Bouchotte ainsi que l'exécution des décrets et arrêtés relatifs aux armées. Danton se laissait suppléer par Delacroix, et ce furent Delacroix et Delmas qui prirent connaissance du travail des promotions dressé par Bouchotte et l'adjoint Muller, qui, de concert avec le ministre, dépouillèrent sur les registres de correspondance les notes données aux officiers supérieurs. Delmas lisait à la Convention un rapport sur le mode d'organisation des 40.000 hommes de la nouvelle levée et de 30.000 hommes de cavalerie; il obtenait que l'armée de la Vendée serait formée de compagnies où entreraient des hommes tirés des régiments de ligne et des bataillons de volontaires de 1791 ; il présentait à l'Assemblée la liste des officiers qui composeraient l'état-major des onze armées de la République, Delacroix rédigeait les décrets qui défendaient aux administrations d'arrêter la marche des troupes, des transports, des convois, et qui prescrivaient la levée de 25. < 0) cavaliers, la revue extraordinaire de tous les corps, la création de huit nouvelles compagnies d'artillerie à cheval et des compagnies départementales de canonniers nationaux (l).

Le premier Comité n'aimait pas Bouchotte et le traitait avec mépris, parfois avec brutalité. Il ordonnait un jour d'envoyer dans des départements insurgés une troupe de gendarmes nationaux à qui le ministre fournirait des

1. Mon. 12 juillet; séances des 13, 16 et 22 avril, 4, 13, 15, 27 mai, 8 juin, etc.

chevaux. Bouchotte ou son adjoint demandèrent assez niaisement s'il fallait fournir des selles en même temps que des chevaux; sur quoi Danton, qui pourtant n'écrivait guère, prit la plume et, de sa propre main, libella ce billet qu'il fit signer pa,r deux de ses collègues :

« Les représentants du peuple composant le Comité de salut public au ministre de la guerre et à ses adjoints :-

« Allez vous f ... f... Que le diable vous confonde, s'il vous faut des ordres pour donner des selles quand il vous a été enjoint de fournir des chevaux! Faut-il aussi des ordres pour que vous donniez des brides?

« Dantot^, Robert Lindet, Cambon fils aîné (1). »

Aussi, le premier Comité fut-il bientôt fatigué de Bouchotte qu'il jugeait mou et dénué d'énergie. Barère assurait que la République périrait par le ministère de la guerre et que le mal était là; Bréard, que l'organisation de ce ministère perdrait l'État et qu'il fallait la transformer au plus vite ; Gasparin, qu'il était impossible d'aller avec Bouchotte qui, bien intentionné, n'avait pa& l'activité nécessaire pour « suivre la violente rotation de la machine »; Cambon, que Bouchotte était inerte et ignorant en matière d'approvisionnements : « quand on lui demande combien il y a de fusils à sa disposition, quels sont les moyens qu'il prend pour les faire réparer et transporter, on est quinze jours sans avoir sa réponse,, et tout languit. » Plusieurs membres de la Convention joignaient leurs plaintes à celles du Comité. Pelet décla-^ rait que Bouchotte ne cessait de désorganiser ; Génissieu, qu'il méprisait les lois et devait être destitué; Defermon, qu'il démontrait chaque jour son incapacité; Lidon, que

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