Cf. Charavay, Carnot, It
DCTiKERQUE 23 3
« sans un nombreux secours, Dunkerque ne peut résister longtemps (i). »
Le duc d'York avait d'abord établi ses quartiers entre Furnes et Nieuport. Les débuts de son entreprise furent brillants. Le 22 août, à trois heures de l'après-midi, il attaquait le camp retranché de Ghyvelde. Un feu très vif de mousqueterie et d'artillerie s'engagea des deux parts et dura jusqu'au soir. Mais O'Meara craignait d'être tourné ; il voyait les cantonnements qui couvraient sa droite, Oost-Gappel, Rexpoëde, Hondschoote, emportés par Freytag; il jugea la position intenable, et dans la nuit évacua le camp de Ghyvelde ainsi que les forts de Zuydcoote et de LeJBTrinkhoucke (2).
Le 23 août, le corps franc d'O'Donnell et les chasseurs tyroliens tiraillaient tout le jour avec les républicains, et à la faveur des fourrés et des maisons, poussaient jusqu'à 300 toises du glacis. Il ne restait aux Français que le village de Rosendaël. L'avant-garde dû duc d'York s'installait aussitôt entre Téteghem et les Dunes, et le corps de bataille, sur deux lignes, entre Téteghem et le canal de Furnes. Un bataillon de Starray, appuyé par un escadron de carabiniers hessois, se portait sur les Dunes
i. Mém. de Farconet; O'Meara à Bouchotte, 25 août (A. G.) ; Hoche au Comité (Rousselin, If, 1-2.)
2. Schels, 12; Barthel à Houchard, 23 août (A. G.) ; lettre de Bourg au Comité, 23 août {Mon. du 27). L'armée de York comprenait 28 bataillons, 2 compagnies de chasseurs tyroliens et 19 escadrons, en tout 20.6C0 hommes. L'avant-garde était commandée par d'Alton (avec Dutdas, Abercromby et le colonel Use pour généraux-majors) ; la p^^emière ligne, par Alvintzy (lieutenants^généraux : Erskine et von Wurmb; généraux-majors : Harcourt, Lake, von Bork et Werneck); la seconde ligne, par Biela (lieutenant-général : von Buttlar; généraux-majors : Mansel, von Cochenhausen, Chérenezky, von Dallwigk). Cf. Ditfurth, 82. .
pour former l'aile droite. A l'aile gauche, soutenus par un escadron de dragons, trois bataillons de la garde anglaise se logeaient en avant de Téteghem et envoyaient 4es détachements, pourvus de canons, sur le canal de Téteghem qui mène du canal de Furnes à la petite Moëre, et leurs patrouilles venaient par Coudekerque et Notre- Dame des Neiges se lier à la droite de Tarmée d'observation (1).
Le même jour, le duc dTork sommait O'Meara. Puisque la ville, disait-il, ne pouvait opposer aucune résistance aux forces considérables qu'il déployait contre elle, mieux valait la rendre sur-le-champ que de la vouer à une ruine totale. O'Meara répondit simplement qu'il saurait la défendre avec les braves républicains qu'il avait l'honneur de commander. Le duc somma pareillement la municipalité. Il l'engageait à éviter l'anéantissement de la cité et la destruction d'un peuple nombreux qui subirait la fureur du soldat; il la menaçait de ces rigueurs extrêmes dont Valenciennes avait naguère éprouvé les ■effets ; hésiterait-elle à se soumettre au gouvernement de la Grande-Bretagne qui redonnerait à une ville autrefois florissante l'abondance et le bonheur? La municipalité ne répondit pas; la réplique d'O'Meara, lit-on dans le registre de ses procès-verbaux, s'accordait avec les sentiments des citoyens (2).