bataillons, 12 compagnies et 10 escadrons
La garnison fit plusieurs sorties de nuit vers le poste de Potelle et la ferme de Béart. Elles n'eurent aucun succès. Le 27 août, les Autrichiens ouvraient la tranchée à 350 toises du glacis contre les bastions Soyer et César. Le 2 septembre, au matin, les batteries de leur première parallèle étaient installées et prêtes à jouer. Le même jour, à cinq heures du soir, après avoir inutilement sommé le gouverneur, Clerfayt commençait le bombardement qui dura toute une semaine presque sans relâche. Le canon de la place riposta d'abord avec vigueur, et, lé 3 septembre, démonta deux pièces de Tassiégeant. Mais le 4, les Impériaux, débouchant en zigzags, entamaient la deuxième parallèle sur une étendue de 720 toises. Le 7, ils l'avaient terminée. Le 8, ils dominaient et domptaient le feu de Tartillerie française qui ne répondait plus que faiblement en certains endroits. Le 9, ils faisaient sauter plusieurs dépôts de poudre. Le 10, ils travaillaient à rétablissement de la troisième parallèle. Mais ce jour-là, à cinq heures et demie du soir, le commandant, le chef de brigade Goullus (i), envoyait le lieutenant-colonel du régiment de Bouillon proposer à Clerfayt une capi-
1. Goullus (François), né à Lyon le 4 novembre 1758, fils d'un aubergiste, engagé au régiment de la Couronne, devenu le 45« (28 octobre 1776), caporal (l«r décembre 1778), fourrier (20 décembre 1779), sergent-major (22 juin 1787), adjudant (24 décembre 1789), Ueutenant (15 septembre 1791), capitaine (26 avril 1792), nom^iéUeutenant-colonel par Dumouriez (1" octobre 1792), commandant k Namur (15 décembre 1792) et à Maubeuge (1*^ mars 1793), promu chef de brigade du 45» par Dampierre (12 avril 1793), envoyé au Quesnoy(29juUletl793), rentré de captivité au mois d'octobre 1795, confirmé chef de brigade (6 ventôse an IV), devint général de brigade le 17 février 1797 et fit la plupart des campagnes de la Révolution et de l'Empire en Allemagne, en Italie et en Espagne. Après avoir été commandant d'armes à Amsterdam (2 janvier 1811), il fut admis à la retraite le 25 mars 1814 et mourut à Brie, dans l'Ariège, le 7 septembre de la môme année.
tulation honorable. Le feldzeugmestre déclara que la garnison^ serait prisonnière de guerre. Le 13 septembre» à neuf heures du matin, 4.000 républicains mettaient bas les armes, et les assiégeants prenaient possession du Quesnoy au nom de Sa Majesté TEmpereur et Roi (1).
La ville avait considérablement souffert. Les casernes et les hôpitaux, Tarsenal, le munit ionnaire, les magasins de foin et de paille étaient devenus la proie des flammes. Un quart des maisons avait été incendié, et un autre quart, brisé, fracassé par les bombes et les boulets. Cependant, la forteresse pouvait tenir encore. Les fronts des bastions attaqués, à droite et à gauche de la porte dite de Valenciennes, leurs courtines, leurs demilunes n'avaient aucune brèche praticable. Les trois redoutes qui, dans cette partie de la défense, entouraient Le Quesnoy, n'étaient pas prises. Les ponts de communication entre les souterrains e les chemins couverts n*étaient pas coupés. La garnison occupait tous les chemins couverts et toutes les places d armes. La troisième parallèle était à peine tracée et ne fut achevée que durant les trois jours où se débattit la capitulation.
Mais il y avait dans la ville 200 tués et 300 blessés. Beaucoup d'artilleurs — 115, selon un témoin du siège — étaient plus ou moins grièvement atteints. Les autres avaient plusieurs fois, sous la grêle des projectiles, abandonné leur poste. Des canons étaient démontés, et leurs embrasures démolies ; malgré l'abondance des matériaux que renfermait la place, les charpentiers, les menuisiers, les charrons refusaient de réparer les pièces. La population se rebutait et montrait le plus mauvais vouloir. GouUus avait reçu, dès le troi-