I., st
Soie brute 128.821
Tissus de soie 106.r.29
Cuivre non ouvré 130.952
Grains ot fèves 61.696
Sucre rafûné 379.820
Gassia lignea j
Au Japon, les marchandises à l'entrée sont classées en deux catégories distinctes : a) produits et articles fabriqués étrangers ; b) produits et articles fabriquésjaponais (c'est-à-dire sans doute dont les analogues sont produits au Japon). Dans la première série figurent comme arrivant de Hong Kong en 1901 les articles suivants :
Yens Sucre brut 2.022.464
— raftlné A 1.669.144
Sucre candi en rocher 5
Mélasses 33.369
Cordes et cordages en lin, chanvre, jute et ramie 103.275
Soles de porc 46.997
Le total 11.107.936 yens r27.769.S48 fr.) comprend 77 rubriques. Dans la seconde série on compte 45 produits différents et notamment ceux-ci :
Tissus de coton 9.729
Parapluies européens 4.778
La valeur globale nedépasse pas d'ailleurs 33.851 yens (84.627 francs).
Dans les statistiques des Etats-Unis d'Amérique, les articles provenant de la colonie britannique, soies, thé, nattes, porcelaines, etc., sont portés pour une valeur de 1.416.000 dollars.
lies Indes Néerlandaises ont reçu de Hong Kong en 1902 des marchandises valant ensemble 3.531.54?, (7.239.661 francs). Le principal produit est le riz 5.079.500 kg , au lieu de 17 millions en 1901 (l).
Au Siam, le même port expédie des soies et soieries de Chine et du Japon, du sucre, des lampes, des v(Hements, des articles en fer et des couteaux, des verreries ; total : 19.499.764 francs en 1902 !
Aux Philippines il envoie du riz, de l'opium (de l'Inde), des tissus ; total 4.6S 1.1 38 dollars américains (24.670.974 francs) en 1902 (2).
(1) V. Rapporis consulaires français, n» 229, p. 53 ot54.
(2) Monthly surmary o/ commerce nf thc Philippines Islands. Dec. 1902, p.
A Singapour : de la farine, du tabac, des tissus de soie, du lard, du poisson, des bâtons à brûler pour le culte (joss sticks), de Fhuile de Rachang, des peaux brutes ; total : dol. 33.907.000 (84.767.000 fr.) en 1902 (3).
Dans rindo-Ghine française : des tissus de coton, des machines, de Topium, des farines, de l'or battu en feuilles, etc., valeur lolale en 1902 :6'i.332.434 francs.
En résumé, en 1902, les exportations de Chine à destination de Hong Kong ont été estimées à *2(iO millions de francs; la môme année, à rentrée aux Indes, au Japon, aux Etats-Unis, dans le Royaume-Uni, en Europe, etc., les importations en provenance de la même colonie ont atteint une valeur de 795 millions de frs. au minimum.
Cherchons maintenant à déterminer quelle est Timportance relative des courants d'échanges en sens inverse, en d'autres termes, d'une part quelles sont les importations de Hong Kong en Chine, d'autre part quels articles cet entrepôt reçoit des diverses contrées (en dehors de l'Empire du Milieu) avec lesquelles il est en relations.
En 1902, la place de Hong Kong a envoyé aux ports à traité de l'Empire du Milieu 42 «> odes articles qui leur sont arrivés de l'étranger, soit une valeur de 133.524.169 taels sur un total de 315.363.005.
Telle est la somme globale donnée par les statistiques des Douanes chinoises. Quand on cherche à entrer dans le détail, une double difficulté se présente.
D'abord, sur quelles marchandises effectivement portent les envois de Hong Kong en Chine ? A cette question les volumes des Tradrs Reports ne donnent pas de réponse immédiate. En effet, les produits étrangers, qu'ils arrivent directement de l'extérieur ou qu'ils aient d'abord passé par le port de Victoria, sont confondus, dans ces tableaux, sous une seule donnée figurant dans la colonne : ïrade in Foreign Goods. Imports from Foreign Countries and Honj Kofuj. Il ne semble donc pas facile de prime abord de distinguer entre les deux séries: Pays Etrangers d une port, Hong Kong^, de l'autre. Indirectement cependant les documents précités fournissent les renseignements cherchés. En effet les importations étrangères à Canton. Samshui,Woutcheou,Kioung Icheou, montant au total à 33.821.564 hk Taëls = 123.702.829 francs, sont données comme provenant exclusivement de Hong-Kong. Sans doute les envois faits par ce dernier centre aux autres ports ouverts ne diffèrent pas très sensiblement quant à la nature des articles , de ceux que reçoivent les quatres places dont il s'agit . On arrive ainsi à reconnaître que ces expéditions se composent principalement des marchandises ci-après : fils filés et tissus de coton, tissus de laine, produits métallurgiques, riz, sucre, farine, allumettes, teintures et couleurs, verreries,
(3) V. Coloninl reports Aniiiiiil. Slrails S»'tlleiuenls, 1902, p. 16.
papier à imprimer, pétrole,opium, tabac, cire, etc.. soie (noil yarn)(l), tissus de soie ; crevettes, seiches, vermicelles chinois (vermicelles de riz) et macaronis, vins, etc.
Parmi ces objets, seuls, le sucre et les filés peuvent être considérés comme des produits de l'industrie de la colonie britannique transformant des matières premières tirées du dehors. Quels sont en réalité les pays d'origine des articles introduits dans les ports à traité par la voie de Hong-Kong? Gomme on sait, les tableaux'des Douanes chinoises sont muets sur ce point. Ils indiquent en bloc la valeur des importations ou des exportations de ou pour Hong Kong; mais ils ne font connaître en aucune façon la provenance (pas plus que la destination) véritable des marchandises étrangères passant parle port anglais avant d'arriver en Chine (ou après en être sorties). On en a fait souvent un reproche à r Administration qui fait paraître ces statistiques. « Les documents des Douanes Impériales Chinoises, est-il dit dans un article récent (?) tendent à nous donner une idée fausse de Timportance du commerce des différents pays étrangers » avec TËmpire du Milieu.
Plus loin, dans la même étude, on signale des confusions qui sont maintenues, plus ou moins à dessein dans « les statistiques extrême orientales directement anglaises ou inspirées par les citoyens britanniques ». Que valent, au fond,les critiques dont il s'agit P II est certain qu'en plus d'un cas on a profité du manque de renseignements précis pour attribuer au Royaume-Uni tout le mouvement d'affaires entre Hong-Kong et l'Empire du Milieu et pour grossir ainsi d une manière tout artificielle le pourcentage attribué au commerce britannique. Il est à noter cependant que depuis quelque temps, les agents du Gouvernement d'Oalre-Manche sont les premiers à renoncer à ce procédé commode mais véritablement trop simple et par suite inexact. Entre autres M. Jamieson, (ionsul Général et Attaché commercial à Pékin a dans son dernier rapport sur le commerce de la Chine, examiné la question avec beaucoup de compétence et d'impartialité. Finalement la proportion qu'il indique pour la part revenant au négoce de son pays, constitue un rabais très notable sur celle qui résulte des statistiques des Douanes Chinoises (43 °/o au lieu de 62 % en 1902). J'ai résumé ailleurs son exposé et je n'ai pas à y revenir ici (3).
Il faut reconnaître cependant que la difficulté signalée resterait à peu près insurmontable si l'on en était réduit aux seuls documents chinois. Mais tel n'est pas le cas. Les différents pays en relations avec Hong Kong et la Chine publient chacun de leur côté des tableaux officiels qui fournissent des éléments de contrôle et de vérification fort
(1) Noil ynrn : fil fail avec dos résidus du poignage ou moulinngo de la 8oie.
(2) Bulletin du Comité de l'Asie française, de février 1904, p. 104,
(3) V. le Monde Economique, du février 1904, p. 165.
appréciables. En général, ils donnent le moyen de déterminer avec une approximation suffisante la contribution respective des diverses nations engagées dans le trafic. C'est à eux que M. Jamleson a eu recours pour son travail précité. Je m'en suis servi déjà au cours de la présenteélude ; ils me seront utiles également pour la partie qui va suivre.
Gomme nous venons de le voir, les importations de Hong Kong dans l'Empire chinois entier ont été évaluées en 1902 à t3:).524.l69 pk taôls, soit à 437.238.264 fr. Bien entendu, elles sont loin de se composer exclusivement de produits d'origine britannique. Il suffit pour s'en rendre compte de parcourir la liste donnée plus haut. Evidemment, ni le pétrole, ni le riz, ni les allumettes ne viennent de la Grande- Bretagne ; encore moins l'opium, les vermicelles et macaronis, crevettes, seiches, etc. En fait, on peut estimer à 12 0/0 environ la proportion des provenances effectives du Royaume-Uni. D'après le document publié annuellement par le Board of Trade, la valeur des envois de la métropole au grand emporium britannique en Extrême-Orient est montée à 1. st. 2.13l).202, soit53.40:).0:)0 francs, en 1902.
En 1901 la proportion avait été de 14 0/0, les importations du Royaume-Uni à Kong Kong ayant atteint 65 millions et celles de Hong Kong en Ghine 449 millions de francs. Les principaux produits sont :
Le coton : fllés 1. st.. 92.546
Tissus 946.902
La laine : Filés 12.292
Tissus ]54.278
Le fer ouvré et non ouvré 179.896
Le cuivre 62.897
La houille 34.537
Les machines et mécaniques 82.252
Les couleurs et matériaux pour la peinture 39.773
Le tabac 48.098
Viennent ensuite les spiritueux britanniques et irlandais (1. st. 31.863) la bière et l'aie (1. st. 36 702), les provisions, y compris la viande, les produits pharmaceutiques, les articles en caoutchouc, les vêtements et confections, les produits chimiques, la verrerie, la quincaillerie, les articles de bureau autres que le papier, le savon, etc., et, parmi les marchandises étrangères et coloniales: le mercure (1. st. 62.720), Topium (1. st. 30.315), les vins (964 hectolitres valant 239.275 francs).
Beaucoup plus important que celui de la Grande-Bretagne est le rôle de l'Inde anglaise comme fournisseur de la Ghine par l'intermédiaire de Hong Kong. G'est d'ailleurs par ce port que passe presque tout le commerce de la péninsule hindoue avec l'Empire du Milieu. Le total à la sortie de l'Inde, en 1902-1903, a été de liv. st. 6.284774,
(157.119.350 flancs) non compris le numéraire (1). Parmi les articles les plus importants on peut citer :
Le coton brut Fp. 5.949.800
Les ais et niés de coton "62.087.900
Les sacs de jute (tissés à la mécanique dits « Gunny » j
Tissus de jute J
L'opium 68.845.375
Les produits alimentaires (têtes de poissons (flsh j
roavvs et allorona de requins] ( 13 567.925
Fruits et ié^^umes conservés (séchés et salés} )
Le salpêtre 2.088.575
Passons maintenant rapidement en revue les autres pays expéditeurs.
Les exportations des Etats-Unis à destination de Hong Kong ont été évaluées en 1901 à 7.947.000 dollars (40.721.200 Fr.) ; elles ont consisté principalement en : pétroles, farine de froment, cotonnades, etci . .
Celles du Japon montant à 41.786.64H yen (Fr. ; 104.46G.615) se composaient en 1901 des éléments ci-après :
Yen (i yen = a fr. 58
Colons tissés et fllés 3.le(5.:nO
Charbon 4.915.934
Tissus de sole habutale 8.265.839
— — kaiki 89 505
Mouchoirs et lichus 29.051
Cuivre rafûné 9.667. 126
Huile de poisson : 321.208
Cire véjçélale 371.379
Champignons shiltake ! 573.327
Arachides 299.525
Camphre .'. 750.603
Huile de camphre 134.400,
Riz... :... ,'. 1.426.611 •
Seiches 1.476.726
Kanten (foie de baleine) 418.823
Crin et laine 315.131
Allumetles 3.021.807 .
Faïences et porcelaines 291.890
Tresses de paille 255.6^6
En 1902, les Indes Néerlandaises ont envoyé du sucre, du café, du tabac, etc.. total : 19.400.149 florins (38.770.303 francs) (2).
. (1) V, Tabh»s relating totho Tradp of nHtish India wilh British Posspssionfl and Fopcign Coiinlrios. — 1898-99 lo 1P02-03. — London lUiie Books 1904. (2) Rapport cousiiluire français, n* 299, \). 49»50.
Le L. and C, Telegvapfi a publié, dans son numéro du îO décembre 1904, le résumé d'un rapport du Consul des Pays-Bas à Hong Hong, dont il parait intéressant de citer ici le passage suivant : « En ce qui regarde le commerce avec la Hollande, si les produits des Indes néerlandaises, tels que le pétrole et le sucre, trouvent un marché favorable, spécialement dans le sud de la Chine, les articles de Tinduslrie des Pays-Bas proprements dits ne rencontrent qu'une demande limilée. Les cotonnades des Pays-Bas éprouvent une forte concurrence de la part des fabrications anglaises. Les importations, cependant, augmentent, parce que les fabricants néerlandais s'attachent autant que possible à remplir les conditions désirées par les acheteurs chinois. On ne saurait publier de données numériques, car les importations sont ici entre les mains de trois ou quatre grandes maisons qui ne donnent pas de renseignements.
« Bien qu'on ne puisse pas non plus fournir les chiffres concernant les autres importations, il est à croire que celles-ci restent assez sensiblement égales à ce qu'elles étaient. Elles ne sont pas toutefois très importantes parce que dans les climats chauds et humides on ne peut avoir de forts approvisionnements. Les conserves hollandaises sont importées presqu'exclusîvement pour la consommation des Hollandais vivant à Hong Kong. Les quantités ne sont pas, par suite, bien considérables, mais la qualité eat excellente. SI on pouvait les offrir à meilleur marché, les « Allemands sans doute les prendraient; pour le moment, ils donnent la préférence aux provisions expédiées d'Allemagne. Couramment les Anglais et les Américains usent des articles meilleur marché arrivant de leurs pays respectifs ».
Le Siam : du riz, des bois (dëbène, de rose, et bois dits « aquila » « Japan » (vernis ?). Padoo, du bois de teck, des graines de sésame indien (total 5-2.523.882 f r i
Les Philippines : de labaca, du sucre, du tabac, du coprah ; total : 36.1()5.279 francs.
Les Détroits (Singapour) : de Pétain, du sucre, de l'opium, du pétrole, du poivre noir, des pierres précieuses, du riz, des bêches de mer (holothuries), des médecines ; total ; 19.204.000 dollars (48.010.000 fr.)(l).
>fotons enfin entre les principaux envois que fait Tlndo-Chlne (2) à Hong Kong : le riz (409.443 tonnes en 1901), les poissons salés et séchés (provenant du grand lac du Cambodge), les crevettes, seiches, bêches de mer, ailerons de requins, algues marines, du thé (3.751 kil. en 1900),
(1) ColoninI Report niiiiunl. — Slrails SotUomonl» 1902, page 16.
(2) Rapport consulairo français, n« 258. — Hong Hong pendant Tannép commoreiale 1102, p. 23.
les sucres bruns, la cannelle, les huiles à laquer, les soies grèges, et coton égrène, etc., avec une valeur totale de 62.856.;'0G fr. en 190?.
Quant aux échanges de 1 Europe continentale avec Hong Kong, il semble que jusqu'à présent, ils ne soient pas aussi considérables que parfois on a semblé le croire. Les statistiques françaises ne distinguent pas entre TEmpire du Milieu et la colonie britannique voisine. D'ailleurs, la valeur des exportations de notre pays vers la Chine n'est pas encore très considérable (28 millions de francs en 19u2) (D ; d'autre part, toutefois, le chargementen Chine des marchandises à destination de France s'efTectue, par portions à peu près égales, à Shanghaï et à Hong Kong. En 1902, sur une somme de 203 millions (commerce général), les soies et soieries représentent IGG millions de francs.
Sur les intérêts français dans la colonie britannique, le Résumé des Rapports... sur la fortune française à l'Etranger », dit :
A Hong Kong se trouvent quatre maisons françaises, une agence de la Banque de l'Indo-Chine.
Les propriétés valent un million dont le tiers représente des biens religieux. Citons enfin Timpor tan te compagnie de navigation française Marty. » i2)
Dans un rapport en date du 20 octobre 1903, M. Bodard, chancelier substitué du consulat de France, fait mention de quelques affaires pouvant, à son avis, être avantageusement créées à Hong Kong par des français. Il indique notamment celles-ci : Restaurant de luxe, pâtisserie, confiserie, — magasin de comestibles de choix et vins français — Modiste et couturière. — Bottier sur mesure. — Corsctière-lingère (3).
D*autre part, dans les statistiques commerciales de TEmpire allemand, Hong Kong figure en 1901, pour 131.000 mk. aux importations et pour 4.400.060 mk. aux exportations. Dans les documents austrohongrois, italiens, hollandais, belges, suisses, au contraire, les échanges avec la Colonie britannique ne sont pas distingués du trafic avec le grand Empire jaune. 11 semble bien que la part de Hong Kong dans ce mouvement d'affaires ne saurait, pour le moment, aller audelà de 200 millions de francs.
Le tableau ci-après récapitule les données qui précèdent au sujet du mouvement commercial de Hong Kong en 190
(1) O.SiO.OOO franos au commerce spécial (marchandises françaises ou francisées). Dans le tableau de la page 30, les valeurs concernant le commerce de la France à Hong Kong sont indiquées d'après des renseignements recueillis auprès des Compagnies de navigation.
(2) Journal officiel du 25 décembre 1902.
(3) V. Moniteur officiel du Commerce, 17 décembre, pages 468-4Ô9
Exportations à Importations eil
destination provenance
i^AYs EN RELATIONS AVEC de Hong-Kong. de Hong-Kung.
Hong-Kong. Fr. Fr.
Chine 140.132.631 437.258.204
Grande-Bretagne 53.405.058 15.251 450
Gap de Bonne-Espérnnce... 361.800
Indes an(<laisos 157.119.250 18.125.475
Ceylan 244.585 1.09Î.436
Maurice 240.027 328
Détroits 48.010.000 84.767.009
Australie 9.527. 125 7.437.750
Nouvelle-Zélande 1.658.850 466.750
Indes néerlandaises :iS.77O,303 7.239.661
Siam 52.5i3.8S2 19.499.764
Indo-Chine française 62.856. 20* 64.332.434
Japon 61.090. 145 6.237.202
Etats-Unis 42. 157.072 6.708.213
Philippines 35. 165. 2Î9 24.&76,974
France 4.000.000 40.000.000
AUemafirne... 5.027.500 526.250
Totaux 715. 558. 035 772.338.694
Ces résultats confirment ce qui est dit (p. 4l2i dans le « Dinrlory and Chronic.le for China^ etc. », édition de 190î ; «On estime que la valeur du commerce de Hong Kong monte à environ 1 milliard 250 millions de francs par an ». H semble bien que le nombre indiqué par fannuaire publié dans les bureaux de la China Mail à Hong Kong, n'avait rien d'exagéré.
Agriculture.
Ainsi quW l'a vu plus haut, la superficie cultivée dans Tîle entière n'excède pas 162 hectares, soit i km. q. 2 3 sur un tolal de 75.
« Quelques parcelles (patches) de terre ont été emblavées en riz, en patates, et en ignames, mais Tîle n'est pas à même de subvenir à la consommation locale en légumes. La mangue, le lichen, la poire et lotaiige sont indigènes, mais à celles-ci les Anglais ont ajouté plusieurs espèces de fruits et comestibles ». [Encylopœdia. britannica, 1883).
Etablissements financiers et industriels.
Il ne manque pas à Hong Kon<^ de maisons de commerce britanniques ou européennes importantes. Néanmoins, depuis de nombreuses années déjà, une part importante du mouvement d'affaires est passé entre les mains d'Asiatiques et surtout de Glilnois. Par exemple, comme je Fai rappelé plus haut, presque tout le trafic entre Hong Kongetle Yunnanest dirij^é par des marchands originaires de Linganfou, localité du S. E. delà province. D'ailleurs les Célestes négociants à Hong Kong ont des correspondants non seulement en Chine, mais encore à Saigon, Bangkok, Singapour, Batavia, Manille, etc.. Une Chambre de Commerce chinoise a été fondée à Hong Kong en 1887. Il existe aussi dans la ville de Victoria, comme on Ta vu plus haut, une colonie assez importante d'Hindous et de Parsis naturellement attirés par le trafic de l'opium et les relations avec Plnde. On compte à Thcurc actuelle à peu près un millier de résidents japonais ; environ quatre cents d'entre eux sont engagés dans les affaires comme banquiers commerçants, etc....
Les occidentaux et les sujets britanniques en particulier s'occupen de préférence des entreprises financières et industrielles. Celles-ci sont maintenant nombreuses dans la Colonie. Les actions de Vi compagnies ou sociétés ayant, pour la plupart, leur siège ou leur centre d'opérations sur place sont cotées à la Bourse des valeurs de Hong Kong.
Parmi elles il convient de citer en première ligne la Hong Kong and Shanghaï Banking Corporation, un des principaux établissements de crédit de rExlrême-Orient. Fondée il y a quarante ans environ, cette maison été longtemps dirigée par Monsieur, depuis Sir Thomas Jackson (1), aujourd hui Président du Comité de Londres. Elle a des succursales à Canton, Shanghaï, Sàïgon, Bangkok, Singapour.., etc.. (26 au total). Son capital actuellement versé est de dol. 10.0 O.OUO (25 millions de francs.) Parmi les autres établissements financiers fonctionnant à Hong Kong, il faut signaler la Bank ei China and Ja p an (M. A. Keswick, directeur, M. F. D. Sassoon étant un des administrateurs), la Chartered Bank of India, la Yokohama Specie Bank, la Banque dePIndo-Chine, etc.. D'autre part, sept compagnies d'assurances ont leur siège ou des succursales importantes à Hong Kong, la H. K.
(1) V. VERSCiiruH. — Aux (U>l<nii<'s d'Asii», lïacliolle, 1900, p. 197.
Firc Insurance, Canton Insurance, etc. . . ; dans celte même catégorie, des sociétés étrangères sont représentées, dans la colonie, au nombre de 191, dont seulement cinq ou six françaises.
Voicîles relevés du montant moyen des billets de banque en circulalion et des espèces en réserve à Hong Kong, en décembre 1904, dans trois des principaux établissements de crédit de la place.
Montant Ksp' ces
Banques moyen en réserve
dollars dollars
Cliarlered Bank of India, Australla and China 3.733.882 2 400.000
Hong Kong and Shanghaï Banking Corporation 12.520.524 7.000.000
National Bank of China (Limited) 345. 4G2 150.000
Ces données ont été certifiées par les directeurs des banques respectives (1).
En vertu d'un ordre en Conseil de 1894, le dollar britannique ayant cours unité monétaire (actuellement à Hong Kong), pareil en poids et en titre au yen japonais, pèse 26 grammes 93 d'argent au titre de 9?5 millièmes de lin. Depuis quelques années, il est question d'établir, dans la Colonie, un système de circulation monétaire ayant pour base rétalon d'or ('2). Le cours du dollar britannique a sensiblement monté depuis deux mois. Au change sur Paris, il était, le o décembre 1904 de 2 fr. 32 1/2 (billets de banque à vue). Le 21 janvier 1905 la cote s'élevait à 2 fr. 40 pour les billets de banque à vue, et à 2 fr. 43 1/2 pour les traites (crédits) à 4 mois.
Chaque année, le nombre et l'importance des manufactures vont en croissant. Il y a dans la colonie trois grandes raffineries de sucre ; les Etablissements de la <( China Sugar refining C» », à East Point et à Howrington et la « Taikoo sugar refinery » à Quarry Bay, En relation avec la première nommée de ces Compagnies, il «xiste encore une vaste distillerie où Ton fabrique une grande quanlilc de rhum.
Au sujet de la situation de ces usines, le rapport colonial pour 1902 contient les observations suivantes : L'industrie du sucre a eu à lutter contre bien des conditions adverses pendant celte année qui a été des plus désavantageuses. Parmi ces conditions, la principale a été la compétition continue avec les sucres de betterave nourris par les primes (bounty fed) et les bas prix pratiqués en Europe (résultat d'une énorme surproduction) ayant permis de les placer sur les marchés orientaux à un cours qui n'avait jamais été atteint jusque-là. Le régime de préférence accordé aux raffineries du Japon et les conditions très onéreuses
(1) L. and C. Tele^rapU, Fehriiary, 13, l'èm,
(2) V. Ci-dessous. Conclusion.
contre lesquelles on a désormais à lutter constituent un handicap très sérieux pour le commerce avec ce pays qui précédemment offrait à la production de Hong Kong un important débouché. La rareté de Teauet Taccroissement très notable du coût du travail ont été des facteurs qui ont contribué à amener des résultats défavorables pour les raffineries locales (1).
11 y a une fabrique de glace à Bowrington, une grande fabrique de cordes à Belchers liay, des sucreries à vapeur à Bowrington, une verrerie et une fabrique d'allumettes à Kaoloung, un établissement pour le nettoyage et l'emballage des plumes à Kennedy Town, une fabrique de savon à Shankiv^ an, une fabrique d'allumettes à Hungham et deux ou trois ateliers de construction mécanique. La Hong Kong Cotton spinning weaving and Dyeing Company Ltd. (Compagnie de Hong Kong pour la filature, le tissage et la teinture du coton) a été fondée par la MaisonJ^rdine et Matheson en 1S97 ; elle a maintenant, à Soo Kunpo, un atelierde 53.000 broches qui a commencé à fonctionner avec 12.000 broches en 1890. Une papeterie ipaper mill) établie sur un plan très vaste, munie des meilleures mécaniques anglaises, a été érigée à Aberdecn en 1891. Les usines de la Hong Kong and China Gas Company sont situées à West Point et à Yaumati et ceux de la Hong Kong Electric Company à Wanchaï. La ville est éclairée en partie à la lumière électrique, celle-ci ayant été introduite vers la fin de 1890. Parmi les industries exploitées par les Chinois sont : le soufflage du verre, la cuisson (boiling) de l'opium, la fabrication du savon, la préparation du soy (sauce ou condiment spécial à la Chine et au Japon) ; la fabrication de la poudre dentifrice dite beancurd (de cosses de fèves ?), des cigares, la construction des bateaux. On peut signaler encore une manufacture de conserves de gingembre, trois établissements fabriquant, sur une petite échelle, des feux d'artifices chinois. Enfin, sept petites maisons s'occupent de la production du vermillon ou cinabre (sulfure de mercure), exporté à Bombay, au Japon, et dans le Nord de la Chine.
Notons ici que les localités de Kennedy Town, Shankiwan, Wancha Bowringlon, Soo Kunpo sont des districts de la cité de Victoria, énumérés d'après leur situation, de l'ouest à l'est.
Il n'y a pas de mines dans la Colonie, mais on exploite à Shankiwan et à Kaou loung des carrières de granit : la valeur des produits, en 1900, a été évaluée à dol. 45.000 et dol. 80.000 respectivement ( 1 12.500 fr. et 200.000 fr.).
L'installation des docks est particulièrement remarquable. La « Hong Kong and Whampoa Company Ltd. » a trois établissements
(1) Sur riiidiiHtrie du raffinage à Hong-Kong, voir un inléi-esï»anl rapport de M. Réau, gérant du Consulat do France, dans le Moniteur Officiel du Corn-' merce, du 9 juillet 1904.
importants, un à llungham iKaou loungi, un à Tai kok Tsui et un troisième à Aberdeen sur la côte méridionale de Tile de Hong Kong. Les établissements de cette compagnie sont munis des appareils les meilleurs et les plus récents pour les travaux métallurgiques et de charpente (engineering and carpenter work) ; le plus grand des navires de la marine britannique a été reçu dans le dock n<> 1 à llungham. Cette société possède trois bassins de radoub, deux cales de halage (patent slip) à Hungham, un dock à Taikok Tsui, deux docks à Aberdeen.
Le 14 juillet dernier, aux docks de la Compagnie, à Kaouloung, il a été procédé au lancement d un nouveau steamer, leShan(fhaïy construit pour le compte de la China Navigation Company Ltd., et destiné à servir sur le bas Yang tzeu. Voici les dimensions de ce bâtiment, le plus grand qui soit encore sorti des ateliers de la Colonie : coque, Ion. gueur entre les perpendiculaires : 310 pieds (91 mètres 24) ; largeur au maître bau imoulded), 46 pieds (13 m. 984) ; creux principal moulded) 14 pieds 3 pouces (4 m. 332). 11 a une cale (bottom) à doubles compartiments (double cellular). Ses machines comprennent deux séries d'appareils à condensation dits « surface condensing » à triple expansion, avec des cylindres de 14 pouces 1/2, 24 pouces et 39 pouces 1/2 respectivement, la longueur de la course du piston étant de 30 pouces (76 cm. 2). Les chaudières se composent de deux chaudières à simple fond (single ended) d'acier doux : diamètre moyen 15 pieds ; long. 11 pieds 6 pouces ; pression en service normal 196 livres angl. (8() kilog.). On estime que le Shmighaï sera à même de soutenir une vitesse de 11 nœuds 1/2 à Theure avec plein chargement, ce qui le placera dans des conditions d'égalité avec la plupart des vapeurs du Fleuve Bleu, si ce n'est au-dessus de la plupart d'entre eux. On prévoit que le navire pourra transporter 1900 tonnes de poids mort sans que son tirant d'eau dépasse 1 1 pieds 3 pouces (3 m. 37 c.) « Pour le trafic du fleuve, c'est là une condition excellente (this is admirable) et, ajoute le L. ei C, Tcleyraphy (1) il faut féliciter la « Hong Kong and Whampoa Dock Company » d'avoir exécuté un si magnifuiue navire. »
L'Amirauté anglaise possède à Hong Kong un chantier naval qu'elle se propose d'agrandir, ce qui ne va pas sans quelques difficultés locales.
Dans son récent volume «< The Navyas I hâve known it », l'amiral l'honorable sir £. R.Freemantle émet l'opinion que le chantier naval aurait dû être situé en dehors de la « Communauté Commerciale » ; en cela, dit le L. et C. Télégraphe la communauté est exactement du même avis que lui ; elle estime que Kaoloung aurait été le meilleur emplacement, pour l'établissement en question (2).
(1) Du 15 août 1904.
(2) L. and G T., 24 dcc. 1904, suppléraenl, p, 3.
La Maison Butterfield et Swire organise à Quarry Bay de vastes ateliers pour rinstallation décales de construction etd'appontements(l).
La « Hong Kong and Kowloon Wharf and Godown C° », fondée il y a dix-huit ans, possède des quais et des entrepôts. Elle a réalisé en 1903 un profit (d'exploitation) montant à 349.386 dol. = 850.000 fr., environ.
Voici d'après les « Statistical Tables » relating to British Colonies (2) quels ont été en 1900 et en 1902, les taux moyens des salaires pour les diverses catégories de travail :
Domestiques.
Serviteurs employés par les Chinois, par an. dol. 12 à dol. 48
Chiaois employés par les étrangers, par an... dol. 48 à dol. 180 dans les domaines ruraux (praedlal),les ouvriers sont payés en nature.
Métiers {trades).
Travailleurs chinois, par an dol. 36 à dol. 72
Artisans exercés ordinaires (ordinary compétent mechanics) par jour.
Forgerons et ajusteurs 30 cts. ((M) en 1902) à dol. 1.50 cts.
Charpentiers et menuisiers 20 — (50 — 0.75
Maçons et brlquetiers 20 — (50 — 0.60
Travailleurs... 20 — (25 — à— 1. —
11 y a donc eu en 1902, relativement à 1900, augmentation sensible du salaire minimum des forgerons et ajusteurs, charpentiers et menuisiers, maçons et briquetiers, travailleurs ordinaires. Dans les autres catégories, le taux est resté sans changement de Fun à l'autre exercice.
Les charpentiers et menuisiers, ainsi que les maçons et briquetiers ont, outre la paye, le logement et la nourriture.
Le 3 décembre 1904, le dollar de Hong-Kong (billets de banque) était coté» au change sur Paris, 2fr. 32 1/2, au lieu de 2 fr. 34 1/2 en août.
Les serviteurs employés par les Chinois, les charpentiers et menuisiers, les maçons et briquetiers reçoivent, en sus des salaires indiqués, la nourriture et le logement.
(1) Directory and Chronicle for China, Japan, elc..., pp. 408-40^.
Sur le dévoloppeiiieiil poMniblc de Tindunilne méinllurgique et des cous^ IrucUons navaloH à Ilong-Koiig. X, Annales Coloniales, 1904, p. 190.
(2) Année 1902. London 1904.
Nouveau Territoire (1).
Depuis 1860, la (Trande-Bretagne possède, comme on le sait, sur la côte de la terre ferme, en face Hong Kong, une petite presqu'île, d'une superficie de 10 kilomètres carrés (v. plus liaut, p. 4), connue sous le nom chinois de Kaouloung, c'est-à-dire « des neuf dragons ».
Par la convention signée à Pékin lel) juin 181)8, ce territoires-est agrandi, sur le continent, d'un domainede 7*20 kilomètres carrés, cédé à bail par la Chine au Royaume-Uni pour une durée de 00 ans. La nouvelle limite est déterminée suivant une ligne droite allant de la « Baie des Mirs » à la « Baie Profonde » (v. la carte, p. 6). En vertu du même acte, un certain nombre d'îles voisines, notamment celles de Lantao et de Lamma, à FO. et au S. de Hong Kong, ont été remises, dans les mêmes conditions, à l'administration de la Grande-Bretagne. Elles représentent ensemble, 233 kilomètres carrés. L'accroissement total pour la colonie britannique — 050 km. q. — n'atteint pas la superficie moyenne d'un arrondissement de France : il correspond à peu près exactement à celle de l'arrondissement de Montfort, en llle-et- V'ilaine (693 km. q.).
Jusque dans ces derniers temps « British Kowloon», dansla presqu'île acquise en 1860, a été surloutun lieu de villégiature suburbaine Igarden suburb)pour les habitants de Victoria. De 1807 à 1001, sa population a augmenté de 16.534 personnes. A côté, mais en dehors des limites britanniques (i?), un groupement indigène, «Kowloon City » s'est constitué peu à peu. C'est là que beaucoup de marchands chinois de Hong Kong ont établi leurs magasins et entrepôts. En 1808, il avait été stipulé que ce centre resterait sous la juridiction chinoise. Mais cette exception a été supprimée, depuis, par TefTet d'une entente intervenue au cours des opérations de délimitation du territoire cédé à bail.
Au sujet de la situation agricole et commerciale du Nouveau Territoire, les rapports annuels publiés sur Hong Kong, par le Colonial Office, n'ont pas encore donné des renseignements très abondants. Les indications qui suivent sont extraites de celui deces documents officiels qui concerne l'exercice 1002.
Il a été planté plus de 31.500 nouveaux arbres, des pins pour la plupart. 11 a été reconnu que les camphriers poussent bien (successfuUy)
(1) V. Convention belween Ihe United Kingdom and Chine l'espectinjyr on extension of Hong Kong lernitory — signed al Peking .lune *.) 18y8, — Treaiies Séries, n" Id, 1898, avec une carte. — ^Colonial Reports — Miscellaneous — Hong Kong n" 18. Uapport sur les opérations dans le i^ouveau Territoire pendant 1900.
(2) Avant 1898.
dans ce territoire et il a été planté 3.000 deces arbres dans le voisinage du nouveau chemin deTaipo.
De bons travaux d'essais sont exécutés par un gentleman chinois qui a en culture des cannes à sucre, des mûriers, et divers arbres fruitiers, des fleurs et des légumes. Comme la culture est menée strictement d'après les méthodes occidentales, et avec Taide officielle, le Gouvernement de la Colonie espère que les Chinois du Nouveau Territoire tireront profit de cette excellente leçon de choses.
Dans un autre District du Nouveau Territoire, une surface considérable est cultivée par une petite compagnie soumise à un contrôle européen. Jusqu'ici la production des légumes a donné de bons résultats et le chanvre aussi bien que le tabac chinois promettent au moins de couvrir les frais de culture.
On se propose aussi de tenter la culture du coton, pour fournir aux filatures et aux tissages établis depuis quelques années à Hong Kong la matière première dont ils ont besoin.
Le levé du plan cadastral dans le Nouveau Territoire et la délimitation sur le terrain des lots de ferme a été une opération difficile et coûteuse en raison de la nature accidentée (m. à m. rugueuse, rugged) et montagneuse du terrain et de la petite dimension des tenures. Cette tâche est pratiquement terminée et le nouveau rôle foncier progresse rapidement.
A l'heure actuelle les dépenses du Nouveau Territoire, dues en grande partie à la Cour pour les questions foncières (Land Court) et aux Travaux Publics Extraordinaires, dépassent considérablement les recettes ; mais si l'on en juge d'après le taux actuel d'accroissement et les perspectives d'avenir, on peut s'attendre à ce que les recettes arri« vent à égaler les dépenses dans sept ou huit ans d'ici.
La population du Nouveau Territoire s'élevait en 1902 à environ 1 10.000 habitanU, dont 1.600 Européens.
On lit dans le Colonial Report « pour 1903 : « La seule partie de la Colonie où Ton puisse s'attendre à ce que les industries agricoles prennent quelque développement se compose du Nouveau Territoire avec les grandes îles de Lantao et de Lamma. Des vallées séparées par de longues rangées (ranges) de collines nues, sont utilisées jusqu'aux limites extrêmes du possible, pour des plantations de riz et d'autres récoltes. La surface des terrains cultivés dans le Nouveau Territoire (y compris les îles) peut être estimée, grosso modo, à 90.000 acres (36.450 hectares), mais une grande partie de cet espace contient un sol excessivement pauvre et consiste en toutes petites propriétés (Holdings appartenante la classe de paysans la plus pauvre. »
Rappelons, comme terme de comparaison, que le département de Seine-et-Oise, par exemple, comprend 395.035 hectares de terrains cultivés proprement dits, et 105.978 hectares de bois.
Navigation
Le bras de mer qui sépare Hong Kong de Kaouloung est large de deu\ kilomètres et demi environ; il offre des profondeursde 7, 1 2 et 1 5 brasses, Boit de 12 m. 80, 21 m. 94 et de 27 m. 43. La rade en face de Victoria est d'une manière générale, bien abritée. D'importants travaux dlngénieur ont complété ces grands avantages naturels, et ont permis d'en tirer parti. On a rendu d'un accès facile une côte encombrée de blocs éboulés (1).
La superficie du port de Hong Kong égale maintenant 25 kilomètres carréç. De nouvelles jetées, de nouveaux quais sont en projet. Comme il vient d'être dit, la rade est considérée comme sûre ; cependant en 1874 un typhon coula 6 gros navires et plusieurs centaines de jonques.
Dès le début, le Gouvernement britannique a décrété la franchise complète du port qu'il ouvrait en Extrême-Orient au commerce du monde.
A l'heure actuelle, les navires n'y sont soumis qu'à un simple droit de phare de 1 cent. (2 centimes par 1/2) tonneau de jauge (2).
Le mouvement de la navigation a suivi une progression constante •t rapide dont le tableau ci-dessous donnera une idée :
1857 entrées
Navires
Tonnes 517.408
Dont : Pavillon anfirlais
— — français
1876 entrées et sorties réunies.
1902 entrées et sorties réunies.
1903 entrées et sorties réunies.
La malle d'Europe est apportée toutes les semaines alternativement par les navires des Compagnies Péninsulaire et Orientale et des Messageries Maritimes. Le N. D. Lloyd, de Brème, effectue un service de quinzaine. Les Sociétés de navigation à vapeur « Pacific Mail », Occidental and Oriental « Tokyo Kisen Khaisha d assurent le service postal sur San Francisco. La Compagnie du chemin de fer Canadien Pacifique en accomplit un sur Vancouver. Les Sociétés « Northern Pacific
(1) Nal. RONDOT. —Article Victoria dans le Dict., ilu Commerce, 1873,
(2) V. A. Roux. — Op. cit., pp. 119-121.
SS. » et Portland and Asiatic S. N G"" » établissent les relations avec Tacoma, Oregon et Portland, ports de la côte occidentale des Etats- Unis. L'« Eastern and AustralianC®, >>la China Navigation C" «accomplissent, à des périodes assez régulières, le trajet entre Hong Kong et les Colonies australiennes. La « Nippon Vusen Kaisha » assure des services sur l'Europe, Tlnde, l'Australie et les Etats-Unis (Seattle).
En outre de toutes celles-ci, plusieurs grandes lignes de navires à marchandises sont établies entre les ports de la Grande-Bretagne et Hong Kong : parmi elles, la « (^hina Mutual S. S. C'», l'Océan S. S. C° et les lignes « Glen », « Warrack, « Mogul » « Ben » Union » et « Shell » sont les plus en vue. D'autre part, des vapeurs du Lloyd Autrichien partent de Trieste pour Hong Kong ; ceux de la ligne Hambourg-Amérique, de Hambourg, et les vapeurs de la Compagnie « Navigazione Générale Italiana » se mettent en route mensuellement à Gènes. La « Java China Line » a établi une communication régulière à vapeur entre Java et Hong Kong. Entre les ports de la côte orientale deChine, Formose et Hong Kong, les vapeurs de la « Douglas S. S. C« « circulent régulièrement deux fois par semaine, et ceux de la « Osaka Shosen Kaiska » une fois, et les communications par navires à vapeur sont assurées d'une façon constante avec Hoïhow (Haïnan), Manille, Saïgon, Haïphong, Tourane, Bangkok, Bornéo, etc. Avec Shanghaï, Tientsin et les ports du Japon des moyens de communication fréquente sont offerts par les vapeurs de la « Indo-Chma S. Navigation C« »., la «China Navigation C** » et d'autres lignes s'ajoutent aux paquebotsposte anglais, français et allemands d) qui partent toutes les semaines. Entre Hong Kong, Macao et Canton, il y a un service à vapeur quotidien et trois fois par semaine des vapeurs remontent de Canton jusqu'à Wou-tcheou sur le Fleuve de TOuest.
Le mouvement de la navigation à l'entrée et à la sortie s'est élevé en ly03 à 24.039.862 tonnes, soit une augmentation de deux millions et demi sur \\)0'2 et de près de cinq millions sur l'exercice antérieur.
A l'arrivée on a compté 53,991 navires jaugeant : 12.027.092 tonnes et 54.009 au départ, jaugeant ; 12.012.770 tonnes. La proportion du pavillon britannique a été de 46 S % (28.20 % pour les navires de mer, 18.60% pour les navires de rivière) . Celle des pavillons étrangers de 32.32 % (30,51 %) pour les navires de mer et 1.81 % pour les navires de rivière).
Le reste du trafic soit 20.88 % est attribué aux chaloupes à vapeur et aux jonques suivant les proportions suivantes :
(1) Sur left CoinpogniP8 de cabotage établios k Hong Kong v. dans 1p Moniteur Officiel du Commerce du 11 décembre 1905? un rapport de M. Réaii, gérant du Consulat de France dans cette ville.
Chaloupes employées dans le trafic étranger «,. . . 0.T7
Jonques employées dans le trafic étranger II. 2r4
Jonques employées dans le traflc local 8.89
Total 20.88
La liste ci-après indique la part des diverses marines dans le mouvement des entrées en 1902 et 1903 (navires de construction européenne).
Nombre de navires
Pavillons (entrées) Tonnage
Britannique 1.753 1.982 2.964.030 3.368.788
Allemand 939 937 1.360.525 1.345.567
Japonais 409 467 865.400 1.017.263
Norwéglen... 300 318 263.379 319.685
Français 228 262 219. lU 246.837
Chinois 135 172 163.396 222.164
Autrichien 50 42 125.929 106.944
Américain (Et. U.) 56 61 121.939 200.706
Russe 16 19 32.046 30.781
Hollandais 23 21 26.464 34.575
Italien 14 12 23.428 32.732
Danois 13 27 23.374 48.676
Suédois 15 31 14.325 26.093
Portugais 46 30 7.897 7.110
Belge 3 — 3.524 —
Totaux 4.000 4.3&i 6.801.541 7.009.181
En résumé, en ce qui concerne le mouvement de la navigation maritime (Océan going) proprement dite en 19G3, il y a eu sous le pavillon britannique ; 3.396.314 tonnes à l'entrée et 3.382.121 tonnes à la sortie — sous le pavillon étranger : 3.667 871 tonnes à l'entrée et 3.663 880 tonnes à la sortie.
Parlant du panorama que l'on aperçoit du .sommet du Pic, M. Weulersse décrit « ce port merveilleux où sont mouillés trente grands bateaux de commerce, « dix navires de guerre ; 011 circulent et station- « nent des dizaines declialoupes à vapeur et des centaines 4e barques (( semblables à des insectes sur une glace. »
Il ajoute : « Nul spectacle ne parle plus haut de la grandeur de TAngleterre ; « rien n'est mieux fait pour exalter l'orgueil britannique ! »
Conclusion.
Comme place maritime, comme escale ou port intermédiaire entre rExtrême-Orient et les autres régions du globe, Hong Kong continue de bénéficier des avantages qui tiennent à sa situation géographique, aux conditions naturelles, habilement aménagées, de sa rade.
En même temps, sa prospérité comme entrepôt, comme centre d'échanges pour les contrées de TAsie Orientale entre elles et avec les pays d'Europe ou d'Amérique, ne cesse pas de grandir.
La baisse accentuée de l'argent a entraîné celle du dollar, monnaie de Hong Kong-, qui valait 2 fr. 50 il y a peu d'années et qui n'atteint plus maintenant que les cours de 2 fr. 20 à 2fr.35, au change sur l'Europe. Cependant on ne considère pas, quant à présent, la prospérité future de Hong Kong comme sérieusement menacée. Les maisons de commerce et de crédit établies dans la Colonie sont assez fortes et assez bien organisées pour pouvoir traverser cette crise sans avoir à subir de trop graves dommages. D'ailleurs, afin d'arriver à préserver autant que possible le commerce des fluctuations des cours du change, on a étudié la possibilité d'introduire dans la possession britannique le système de l'étalon d'or.
Toutefois la Chambre de Commerce de Hong Kong, ayant soumis la question à un examen approfondi il y a deux ans s'est finalement rangée à cet avis que l'application de la réforme proposée présenterait les plus graves dangers pour la situation financière de la Colonie tant que la Chine n'aurait pas elle-même établi sa circulation monétaire sur la base de l'or.
Comme nousl'avons vu, les raffineries de Hong Kong ont traversé en 1902 une période assez difficile. Leur situation a été certainement améliorée du fait delà suppression des primes aux raffineries européennes, par application de la Convention de Bruxelles entrée en vigueur le \" septembre 1902. — D'ailleurs, à d'autres égards, d'après le rapport pour 1902, les perspectives pour les entreprises industrielles à Hong Kong, sont, dans leur ensemble, pleines de promesses.
Au point de vue budgétaire « les statistiques », dit le Gouverneur Sir Henry A.Blake, dans le même document, montrent qu'en dépit du fort « drainage exercé sur les ressources de la Colonie directement ou indi- « rectementpar le retour annuel de la peste, la situation financière de
« la Colonie est saine et ne donne pas lien à des causes de malaise pour « Tavenir. »
Une des questions qui présentent le plus d'importance pour le futur développement de la Colonie est celle de son rattachement au réseau de chemins de fer actuellement en construction en Chine. Dès 1898, le Gouvernement du Royaume-l'ni a obtenu pour ses nationaux la concession d'une ligne entre Kaouloung et Canton (cnv. 190kilom.). Mais jusqu'à présent rien n'est arrêté quant à l'exécution. D'autre part il existe un projet qui consisterait à relier Canton à Macao.
D'après le South China Morning Post, un syndicat si no-américain a obtenu la concession de la construction d'un chemin de fer de Canton à Macao. Le promoteur de Tentreprise s'est rendu en Amérique (mai 1904) pour s'assurer les concours financiers nécessaires (1).
D'autre part, le chemin de fer de Canton à Uankeou, en construction depuis deux ans, est ouvert dès à présent jusqu'à Fatshan (25 kilomètres) et va atteindre incessamment Samchoui. On annonce que cette voie ferrée sera prolongée dans la directionsud,dans le Delta du Fleuve de l'Ouest, jusqu'à Whampoa (24 kilomètres), port accessible aux navires de mer et que l'on considère comme un sérieux concurrent de Hong Kong. Dans le monde des affaires à Hong Kong, on se préoccupe vivement de cet état de choses.
Dans son discours à la dernière Assemblée Générale de la Chambre de Commerce de Hong Kong, tenue à la fin d'avril 1904, M. Hewett, président, a consacré à ce sujet le passage que voici : « A travers la
Chine entière nous voyons de nouveaux chemins de fer en projet, et « en quelques cas dès à présent achevés principalement, j'ai le regret a de le dire, grâce à l'entreprise d'agents autres que des sujets britan- « niques. La course en est à son instant critique (to theswift) et nous <f ne pouvons récriminer contre les succès bien gagnés de nos rivaux « commerciaux qui, sous d'autres drapeaux, vont rapidement de Ta- « vant là où les capitalistes britanniques apparemment craignent de « s'aventurer. La prospérité de cette Colonie dépend du maintien « de sa position comme centre de distribution pour la Chine du Sud. « Les choses étant ainsi, il en résulte impérativement que la première « ligne de chemin de fer reliant Canton à la mer doit être la ligne de « Canton à Kaoloung. Si les fonds pour cette ligne, évalués à 1 million « 1/2 sterling GiT millions 1/2 de francs), ne peuvent pas être obtenus « par d'autres moyens, nos Ministères des Affaires Etrangères et des « Colonies devront intervenir. 11 faudra çiutoriser cette Colonie à gaie rantir, pour une série d'années, les intérêts du capital requis pour la « section de la ligne, comprise dans le nouveau territoire s'il estnéces- « saire, elle devra construire on posséder la ligne, tandis que le Gou-
(1; Annales Coloniales 1" juin 1904,
« vemement de la Métropole devra, pour une fois, dans Tintérêt du « commerce britannique en Chine rompre avec ses traditions et garan- « tir l'intérêt pour le coût de la section a établir en dehors de la Colonie « (Applaudissements). La distance est d'environ 120 milles (t93 kilom.) *i dont un cinquième sera compris dans le territoire de Hong Kong ; « le coût de cette section de la ligne sera d'environ un tiers du tout ».
Dans la conclusion d'un précédent essai, j'ai eu occasion de faire ressortir l'étroite connexité d'intérêts existant entre les Etablissements des détroits et notre grande possession d'Extrême-Orient. Une observation analogue peut s'appliquer avec plus de raison encore, semblet-il, aux relations entre l'Indo-Chine et Hong Kong. Cette place « a reçu plus du tiers des exportations totales de riz de Tlndo-Chine » dit M. Réau dans son rapport sur le commerce de Hong Kong en 1902 (1). Beaucoup d'autres produits de notre colonie, notamment les grèges, le coton non égrené, les huiles à laquer, les sucres bruns, les charbons, etc... trouvent dans le même centre leurs principaux ache* teurs. D'autre part, llndo-Chine se procure à Hong Kong, à des conditions avantageuses, d'importantes quantités d'articles répondant aux besoins des consommateurs indigènes.
Dans le total du commerce extérieur de l'Indo-Chine, la proportion des échanges avec Hong Kong a représenté, en 1902, 28,6 % , et 31,6 % en 1903.
Sans doute, certains conflits d'intérêts ont déjà pris naissance et pourront se produire encore. Sur quelques points les négociants de? deux colonies ont dès à présent et auront sans doute plus tard à sou^r tenir entre eux des luttes plus ou moins vives.
Par exemple, l'industrie tonkinoise de la filature du coton, dont les débuts sont tout récents, pourra et devra conquérir sur les produits importés de Hong Kong une part du marché du Yunnan . Il existe actuellement dans notre possession trois manufactures pour ce genre de production, une à Haïphong, une à Hanoï et une à Nam-Dinh. Elles comptent ensemble 80.000 broches. Il est à noter d'ailleurs que des intérêts britanniques assez considérables sont engagés dans deux de ces établissements, notamment dans celui de Nam-Dinh, fondé et dirigé par un technicien anglais originaire de Oldham.
Dès le commencement de l'occupation française, des capitalistes de Hong Kong ont fourni des fonds pour diverses entreprises au Tonkin. 'C'est à Hong Kong par exemple qu'a été lancée la Compagnie de charbonnages du Tonkin (2) » Les mines de charbon de Hongai (Tonkin) possèdent à Hong Kong des établissements où se fabriquent des briquettes, forme sous laquelle se vendent le plus souvent les charbons
(1) Rapports consulaires français. N" 258, p. 21 .
(2) A. Roux. Op, cit., 153.
maigres et menus du Tonkin. » (1). A Iheure actuelle, deux grandes banques britanniques, la « Chartered Bankof India » etla« Hong Kong and Shanghai Bank » ont des x\gences ou des correspondants à Saigon, Pnompenh (Kandal) et Haïphong. D'autre part, on sait que la Banque de rindo-Chine possède à Hong Kong une de ses succursales les plus occupées. Le service des relations maritimes entre le port britannique et Haïphong est assuré par une des plus anciennes et des plus prospères entreprises que nos compatriotes aient fondées au Tonkin, la Marly.
Dans la colonie britannique, les autorités officielles et le monde des affaires ont suivi avec intérêt et sympathie les efforts accomplis dans ces dernières années et les résultats obtenus en ce qui concerne la mise en valeur de notre domaine indo-chinois et, en particulier, rétablissement du réseau de chemins de fer*
En résumé, on voit combien sont entremêlés et entrecroisés les intérêts des deux possessions voisines, d'ailleurs si différentes à tant d égards, par leurs dimensions, leur organisation, et notamment quant au rôle économique qu'elles sont Tune et l'autre appelées à jouer.
Le commerce est le véritable agent civilisateur, a-t-on dit ; les faits du passé, comme ceux que Ton observe de nos jours, serviraient au besoin à prouver la vérilé de cette assertion (2). Témoins Tyr, Carthage, Venise, Gênes, et les cités des Flandres, Bruges et Anvers.
Formons donc des vœux en faveur de la prospérité réciproque de Hong-Kong et de TlndoChine ; puissent les multiples relations — commerciales, financières, industrielles— dès à présent établies, durer et se développer. N'y a-t-il pas là, en fin de compte, une condition indispensable pour le succès de la haute mission de justice et de progrès que la France et l'Angleterre ont à poursuivre de concert en Extrême- Orient ?
(1) Uappoi-t «ur Hong Kong par M. Rubaud ; oe mémoire fait partie dos « Rapports commerciaux » composant la seconde section du volume de « La Mission Lyonnaise d'exploration commerciale en Chine, 1895-1897.
(2} V. Laurent. — Histoire du Droit des gens, T. I, pp. 64-65 ; T. II, pp. 338-339.
DéfeuBCH et ipariilsoii de Hodk Kongr.
Composition de l'escadre britannique d" Extrême-Orient,
Le « Directory and Ghronicle for GUina Japan, elc. » (édllion de 1904, fournit les renseignements suivants nu sujet des défenses de Hong Kong :
« Les approches du port sont solidement forliflées, les baltcrles consistant en ouvrages en terre bien construits. L'entrée ouest est protégée par trois batteries sur l'île du Stone Cutter » et deux forts situés aux lieux dits « Belcher » et <i Fly Points » d'où un terrible feu convergent peut être dirigé d'une façon continue, de manière à commander complètement le Canal du Soufre (Sniphur Channel).
Une autre petite batterie, sur la colline au-dessus et à l'Ouest de Riclimond Terrace,peut couvrir de son feu un large espace. La passe de Lyee Moun est défendue par deux forts sur la rive do Hong Kong et un autre à « Devil's Pealc » sur le continent, et les vaisseaux qui auraient échappé à ce feu rencontreraient les batteries établies à NorthPoint et à Hungham qui commandent complètement l'entrée est.
Une autre batterie sur la falaise (bluff) à Tslm tsa tsui (Kaouloung) commande tout le centre du port. Les batteries sont armées de pièces se chargeant par la culasse, du dernier modèle.
En outre des fortifications, la colonie possède une petite escadre pour la défense du port. Cette escadre se compose du cuirassé à tourelles, d'un type suranné Wlvern, (2759 tonnes), maintenant démantelé et servant seulement pour la distillation (distilling ship), et de six torpilleurs. Les équipages de ces bâtiments sont logés à bord du « receiving ship » Tamar, qui sert aussi de quartier général au Commandant (Commodore] et à son Etat-Major. Le Chantier Naval présente une suite étendue d'ateliers et de bureaux à l'est des quartiers d'Artillerie et les Autorités navales ont un autre vaste établissement du côté do Kaouloung, près de Yaumati ».
L'escadre britannique de Chine, à laquelle Hong Kong sert de base est la plus puissante de celles que le Hoyaume-Uni entretient en dehors des mers d'Europe. Voici sa composition à la date du 1" novembre 1904.
1* 5 cuirassés :
Albion
Centurion .
Glory
Océan
Vengeance.
Canons.
(grosse et moyenne
artillerie).
Tonnage.
Date du lancement.
VOcean et V Albion sont armés chacun de 4 canons de 12 pouces (304 mm. 8), de 12 de 6 pouces (152 mm. 4) à tir rapide et de 10 canons de 3 pouces (76 mm. 2) à tir rapide. La Glory et la Vengeance ont chacune 4 canons de 12 pouces, 12 de 5 pouces et Id de 3 pouces.
Le Centurion ie plus ancien de ces cinq navires a 4 canons dits de 29 tonnes et 10 de 4 pouces 7 (loi mm. 6), à tir rapide.
2* Neuf Croiseurs :
Date du
Canons Tonnage lancement
Amphllrite 16 11000 1889
Andromeda 16 11000 1897
Aslrœa 10 4 360 1883
Gressy 14 12 000 1899
Fearless 4 1580 18«e
Iphigenla 8 3 600 1891
Levlathan 18 14 100 1P02
Sirius 8 3600 1890
Thetis 8 3 400 1890
3* Cinq destroyers contre-torpilleurs.
Famé (vit. 30 nœuds) 6 6 300 1896
Hart (27 nœuds) 6 275 1805
Janus (27 nœuds 1/2) 6 280 1895
Otter (30 nœuds) 6 300 189e
Whiting (30 nœuds) 360 1896
Trois canonnières :
Bramble (30 nœuds) 6 700 1898
Britomart 6 700 1898
Tweed 3 363 1877
Sept corvettes (sloops) : Algerine ^6 canons, 1050 t., 13 nœuds. Espiègle (6 canons, 1070 t., 13 nœuds 3/4), Phœnix, Rinaldo, Rosario, Vestal.
Recelving shlp. Tamar4G50 tonnes (en permanence à Hong Kong.
Voici comment le « Standard d Dictidnary of the English Language (1) définit le terme receiving ship : navire en station dans un port pour recevoir et garder les recrues navales jusqu'à ce qu'elles soient versées au service, (transferred to service) (1). 11 s'agit, en somme, d'un stationnaire.
Aviso (despatch vessel) Alacrily (1700 tonnes vitesse : 17 nœuds).
Navire magasin : Uumber : 1640 tonnes.
Vapeurs pour le service des fleuves : Kinsha ( y^w^/^cu) Moorhen, Robin, Sandpiper. [Fleuve de l'Ouest) Snipe [Yatjgt^eu) Teal, VVoodlark.
On remarquera la grande homogénéité relative que' présentent entre elles dans leurs catégories respectives les diverses unités de la Torce navale britannique dans ies mers de Chine.
11 paraît intéressant de rappeler ici la composition de l'escadre française d'Ëxtrôme-Orient. Elle comprenait, au premier janvier de cette année, (1905), les unités suivantes :
Un cuirassé d'escadre, le Redoutable (14.000 chevaux, 14 canons.)
Trois croiseurs cuirassés, le Montcalm^ le Gi/ey^f on (ayant l'un et l'autre des machines de 10.000 chevaux et portant 14 canons) et le Sully (10.000 chevaux, 16 canons.)
(1) Funk and Wagnalls C° 1904.
tin cuirassé Je croisière, le Vauban (3000 chevaux, 11 canons.)
Deux croiseurs de 1" clsisse, le Chateaurenault (13.800 chevaux, 6 canons) et le Guichen (15.000 chevaux, 8 canons.)
Trois croiseurs de 2* classe, le A'Assas (6.300 chevaux, 10 canoDs\le Descartes (6000 chevaux, 14 canons) et le Pascal (6.000 chevaux, 14 canons.)
Sept contre-torpilleurs d'escadre, la Francisque (303 tonnes, 6300 chevaux, 1 bouches à feu d*«irtil!erlc légère), le Sabre (mêmes caractéristiques que la Francisque), la Javeline, le Mousquet et le Pistolet (3150 chevaux), le Takou (6.000 chevaux.)
Trois canonnières cuirassées : VAchéron (800 chevaux), V Aspic (330 chevaux) et le Styx (1.600 chevaux).
Deux chaloupes canonnières : la Comète (495 tonnes, 300 chevaux, 4 canons) et la Vipè/e (330 chevaux).
Cinq canonnières : V Argus (1.150 chevaux, sur le fleuve de l'Ouest), la Décidée (500 chevaux), VOhy (332 chevaux), \dL Surprise (500 chevaux, sur le Yang-Tzeu), la Vigilante (1150 chevaux).
Onze torpilleurs coloniaux.
Deux sous-mnrins : le Lynx et leProf^V.
En outre, la station navale de Gochinchine se compose de chaloupes canonnières : la Baïonnette, le Bouclier, la CaronadCf le Cimeterre.
La station navale du Tonkin est formée d'un aviso de l**** classe : le Ker- 5<z{>i/ (1.900 chevaux. 6 canons) et de trois chaloupes canonnières : i/emy- Rivière, Estoc, Jacquin. Elle compte encore VAdour, ponton centre-administratif.
L'organisation de l'arsenal de Satgon et les ressources des autres ports de l'Indo-Ghine paraissent jusqu'à présent Insufnsantes, malheureusement, pour l'entretien normal d'une force navale telle que celle que la France possède actuellement en Extrême-Orient. Il manque notamment « un bassin de radoub de 200 mètres pour recevoir les grand navires ». (Le Temps du 22 février 190.'). — Cf. Journal des Débats, du 23 décembre 1904), (1).
En ce qui concerne l'armée de terre, la garnison de Hong-Kong,d'aprè8 le dernier Colonial Report (n* 421) se composait en 1903des éléments ci-après:
Européens.
Offlciers 148
Adjudants principaux (warrant offlcers) 15
Sous-ofiiciers et soldats :
Artillerie royale de garnison (à pied) 534
Artillerie bataillon de Hong Kong-Singapour (16 oftl-
ciers) 10
Génie 172
I"' « Sherwood Foresters » 744
Army service corps 7
Infirmiers 42
Service des approvisionnements ou de l'intendance de
l'armée (Army Ordnance Department and Corps .. 51
Corps et département de la Trésorerie 8
Département « ^ub médical » indien 8
« Educational Department » 1
Total : Sous-offlciers et soldats 1576
(l) Sur l'échoungo du Sully survenu le 7 février dans la baie d'Along. v. le Temps des 11, 14, 15, 16,2^ fôvripr et 3 mars lUO.")). — Lt^ Pascal est rentré à Toulon au rommenoemcnt de février 1905. — Le Chateaurenault est actuellement (février 1905) en route pour ce port, (»ù d'importantes réparations doi. vent lui être faites.
Hindous
Omclers 55
Sous-offlciers et soldats. — Artillerie royale de garnison :
Bataillon do Hong Kong-Singapour 480
ll(y Mahralles (infanterie légère) 703
93* Infanterie birmane 731
114« Mahrattes 724
Total : sous-ofQciers et soldais 2638
Chinois
Sous-oiflciers et soldats, — Génie :
Compagnie de mines sous-marines 70
L'effectif total, pour les forces régulières s'élève à 4.495 tiommes dont 211 officiers parmi lesquels 56 indiens. Il était en 1901 de 5.564 hommes (163 offlciers^et en 1902, de 7.365, dont 186 offlciersou assimilés.
La Colonie a contribué pour D. 961.403.50 (2.403.521 fr.), ce qui représente la contribution statutaire de 20 % des recettes, aux frais d'entretien des troupes régulières dans la Colonie et aux dépenses relatives aux casernes et quartiers (Barrais services).
L'effectif total du Corps des Volontaires est de 4C0 tiommes de tous rangs. L'effectif présent (ihe strengtti) en 1903 a été de 239, réparti comme suit : état-major, 7 : deux compagnies d'artillerie de garnison, 203 ; une compagnie du génie 26 et une musique (Band) 3.
La dépense pour les Volontaires, entièrement supportée par la Colonie a été de doll. 37.965. 58 (francs : 94.914.)
D'après le projet de budget britannique (Estimâtes) pour 1904-05 le total des dépenses militaires pour Hong Kong etie Nord de la Ctilne monte à 1. st. 400.292 (12.257.300 fr.
Voici quelques données concernant les soldes payées aux ofAciers et adjudants principaux (warrant offlcers).
Etat-major général : Major gcnéral,7.'> francs par jour. Colonel du Génie, 62 fr. 50 par jour. Dcputy assistant-adjudant général, 26 fr. 50 par jour, Aide de camp 18 fr. 75.
Régiment chinois (à Wel liai wei). Commandant 29.000 fr. ; cinq capitaines 10.000 francs chacun ; huit lieutenants 7.500 chacun.
Chapelain à Hong-Kong et à Wei hal wel : 10.275 fr. Payeur en chef, 15.975 fr. Payeur d'Elat-Major, 11.400 fr. Payeur : 6.525 fr.
Service médical. Chirurgien ayant rang de colonel, 18.250 fr. ; douze lieutenants-colonels, 110.900 fr. ; 'leux quartiers-maîtres, 10.000 fr. (1)
Services du génie. Trois alde-surveiliants 35.875 fr. ; onze secrétaires et dessinateurs militaires 32.050 fr., etc. (V. L. and G. Telegraph Aprll 5, 1904.)
N.B.— La question de la défense navale de notre colonie et de Torganisation do l'escadre française d'Extrême-Orient a été ^traitée par M. Fr. Deloncle, député del'lndo-Chine, dans un remarquable discours prononcé à la Chambre, le 21 février 1905. Il convient également de signaler la réponse de M. Gaston Tiiomson, ministre de la marine, à la séance du 22 février.
(1) On appelle ainsi dans rannêe anglaise, les officiers chargés des quartiers, casernes et tentes, etc., d'un régiment ainsi que de l'enlrelien des ma» gasins régimentaux.
Aipents allemands dans le commerce anglais en Extrême-Orient.
On a souvent signalé la rivalité économique engagée depuis longtemps entre les Anglais et les Allemands, un peu partout dans le monde et spécialement dans ces régions de l'Asie Orientale.
Divers incidents, dans ces derniers temps, ont particulièrement attiré l'attention du public en Angleterre, sur le rôle Joué par les Agents allemands employés par des maisons de commerce britanniques à l'étranger, et notamment en Extrême-Orient. Dans son plus récent numéro (octobre) l'important organe du monde des affaires « The Mercliant and Shipper » a publié sur ce sujet une note donnante cet égard quelques indications assez caractéristiques, et dont voici la traduction :
« Nous avons souvent appelé l'attention sur la «politique de suicide » suivie par des industriels britanniques qui nomment, comme leurs Agents dans les marchés étrangers et coloniaux, des étrangers au lieu d*anglais. Leur ayant demandé pourquoi ils adoptent un système aussi peu raisonnable, nous avons fréquemment reçu cette réponse qu'ils (ces Industriels) estiment l'étranger mieux apte à se dévouer plus complètement à ses occupations (to his business) que ne le serait un agent anglais. En supposant, cependant, que cela soit exact, est -il vraisemblable qu'un Allemand, par exemple, montrera le même intérêt en ce qui concerne les produits anglais qu'en ce qui concerne «eux de son propre pays ? Certainement non. Nous en avons eu des preuves manifestes au cours des années que nous avons passées à l'étranger. L'Allemand se montre tout prêt à se charger d'agences anglaises en vue de fournir d'utiles indications aux industriels de son propre pays. Un exemple (instance) de l'intérêt qu'un agent allemand prend aux affaires des maisons britanniques qu'il représente nous est fourni par ce qui s'est passé récemment à Hong Kong. IL s'agit ici d'une possession britannique et d'un marché où l'on supposerait que l'influence commerciale britannique doit prévaloir. Les négociants allemands établis dans ce port pensent évidemment d'une autre façon ; tout au moins c^est ce que semble montrer le fait du boycottage d'un Journal anglais d'ici, qui avait osé dire ouvertement sa pensée (speak Us mind). Il s'agit du China Mail, l'organe dirigeant de l'opinion britannique à Hong Kong, et l'un des journaux ayant le plus d'influence en Extrême-Orient. Ce Journal, sous une de ses rubriques, avait énergiquement recommandé l'adoption de mesures destinées à la protection et au développement du commerce anglais. Il a quelquefois été un peu loin dans ses critiques du Kaiser et du Gouvernement allemand, maisiln^a enaucuuo façon dépassé les limites des commentaires légitimes (legitimate comment). Il a toutefois exposé d'une manière forte et pressante qu'il fallait, pour assurer la sauvegarde du commerce britannique, établir à Hong Kong une Chambre de Commerce britannique. La Chambre actuellement existante est une Chambra internationale ; or c'est là une forme suffisamment bonne pour un port à traité, mais qu'il est difflcile de considérer comme répondant aux besoins d'une colonie britannique comme Hong
Kong. Ce Journal a été aussi au premier rang de ceux qui ont appelé l'attention sur cette anomalie qui consiste à avoir uu allemand comme président de la Hong-Kong and Wiiampoa Dock Company » la corporation qui possède les bassins où vient se ranger la flotte britannique. Gomme conséquence ^e ces commentaires et articles il y eut une réunion des marchands allemands, réunion au cours de laquelle il fut décidé que tous les négociants allemands d'ici, — un bon nombre d'entre eux étant des agents de maisons britanniques — devaient immédiatement retirer toutes leurs annonces de la China Mail. C'est ce qui fut exécuté en effet, et, par suite, ce journal a subi une gourde pénalité pour s'être fait l'avocat des intérêts anglais. Il y a lieu d'espérer sincèrement que toutes les maisons britanniques ayant des agents allemands à Hong Kong remplaceront ceux-ci par des sujets anglais, où, à défaut de ceci, insisteront tout au moins pour que leurs annonces continuent d'être insérées dans un journal qui a le courage de soutenir leurs intérêls dans un port britannique. »
M. Henri Brenier, dans le volume de « La Mission Lyonnaise d'exploration commerciale en Chine (1895-1897) » a signalé le rôle de plus en plus grand joué par l'élément allemand dans le commerce d'Extrême-Orient (v. notamment 2* partie, p. 25}.
Dans son rapport sur Hong Kong, (deuxième partie du volume de la Mission Lyonnaise), M. Louis Habaud parle aussi de la concurrence que les anglais rencontrent en Extrême-Orient, de la part des allemands. Voici ce qu'il dit à ce sujet :
Les concurrents « les plus acharnés ici, comme sur tant d'autres points, et les plus adroits, il faut le reconnattre, sont les allemands. Depuis une dizaine d'années le nombre de leurs établissements, le chiffre de leurs na* tlonaux venant s'établir en Chine et particulièrement à Hong Kong augmentent sans cesse ; l'étendue de leur commerce s'accroît. Les anglais ne sont pas sans quelque inquiétude, leur domination ou leur supériorité commerciale ne se trouve pas encore menacée, grâce au commerce des cotons ou des cotonnades dans lequel les allemands ne peuvent pas rivaliser avec eux, mais une partie leur en échappe ; la tache d'huile, insignifiante d'abord, prend des proportions assez grandes pour leur causer un certain malaise ». (La Mission Lyonnaise d'exploration commerciale en Chine. Il* partie, p. 189.)
La piraterie dans le delta da Slklan^.
Depuis des siècles, comme on sait, la piraterie sévit, à l'état ctironique, dans le Sud de la Chine, particulièrement dans le golfe du Tonkin et dans les parages du Si-Kiang. Les côtes de Haïnan, comme celles de Tarcliipel baptisé du nom signiûcatif de LadroneSy ont de tout temps, servi de refuge à ces brigands de la mer.
Le « Temps » dans son numéro du 20 octobre 1904, a publié la dépêche suivante, datée de Hong Kong le 18 du même mois : « La piraterie augmente sur le Si-Kiang (rivière de l'Ouest).
Des pirates ont fait feu hier sur trois vapeurs anglais ».
Dans son« Rapport sur le commerce de Samshui en 1902 (1)» rédigé par M. J. A. Yan Aalst, le Commissaire des Douanes chinoises donne sur la façon dont est pratiquée, à l'heure actuelle, cette condamnable industrie des informations particulières, qui paraissent mériter d'être rapportées ici.
« Plusieurs cas de brig[andage (highway robberies) ont été signalés au cours de Tannée. Chaque nouvel an chinois est en général précédé d'une demi-douzaine de rapports relatifs à des exploits de pirates ; ces faits n'ont pas toute l'importance que des personnes non initiées leur attribuent. Les Jonques etles radeaux qui payent le Hang-choui ou rançon noire (black mail) à certains endroits, à certains individus déterminés, ne sont pas inquiétés et reçoivent un pavillon de protection. Aux moments où de mauvaises récoltes viennent accroître la misère et où le besoin d'argent pour traverser le Nouvel An se fait sentir, le pillage (plundering) d'un vapeur ou d'une riche jonque est décidé; et alors les compagnons se dirigent vers les divers ports pour prendre passage à bord du vapeur comme passagers inoffensifs, retiennent de bonnes cabines, prennent leurs informations et lorsque le bateau arrive à un endroit déterminé d'avance, ils sortent leurs revolvers non pas pour tuer, mais simplement pour effrayer leurs co-passagers et leur faire plus aisément comprendre leurs déclarations, qui ont pour objet de leur faire savoir que les anciens ont besoin d'argent, que la société est pauvre, et que ses membres se trouvent contraints « d'emprunter» ceci ou cela à leurs frères (les passagers}. L'affaire est conduite poliment» et ce n'est que pour sa propre défense ou pour punir une agression que Ton en arrive au tir effectif. De telles attaques sont fort rares et elles ne peuvent avoir lieu lorsque les capitaines examinent (search) avec soin les passagers. Le Sud de la Chine offre plus de sécurité que bien des pays d'Occident ; il se produit bien des attentats (outrages), mais proportionnellement en moins grand nombre qu'en Europe. Les fonctionnaires avec leur poignée de soldats accomplissent des merveilles en fait de protection, et ils méritent l'éloge, non le blâme. En outre, l'indigène n'est pas anti-étranger, et pourvu que l'on ne manifeste aucun dessein d'annexer son territoire ou de confisquer ses biens, il se montre en général animé de sentiments amicaux et disposé au progrès ».
(1) Trade Reports and Returns, 1902, pp. 719-722.
Le mémoire de M. E. Y. Brenan en date du 4 mars 1904 (1) fait coanaître que (( le dernier cas de cette espèce qui se soit produit dans la rég:ion de « Samshui remonte au 23 janvier 1903 ». Les projets des pirates visaient cette fois le navire Onfat de la lifçne Ganton-Outchéou exploitée par une Compagnie chinoise. La tentative éclioua par suite de l'imprudence d'un des membres de la bande, nouvelle recrue, qui, se promenant sur le pont, sortit par mégarde son revolver, avant le moment convenu.
D'après les Canton trade Reports, le nombre des cas de piraterie relevés dans la région a été de 22 en 1899 et de 30 en 1900.
Voici enfin ce que dit sur le même sujet, M. Jas. R. Brasier, Commissaire des Douanes, à Kaoloung, dans son rapport pour l'année 1903 :
« Comme l'argent a été assez resserré et le taux de l'intérêt
élevé, les banquiers indigènes ont eu une année avantageuse. Malheureusement la propriété sur terre et sur mer n'a pas été aussi exempte de vexations qu'il se pourrait. Les pirates et les voleurs, bien que leurs déprédations n'aient été ni aussi fréquentes, ni aussi hardies que pendant les années précédentes, continuentcependant leurs détestables opérations (nefarious trade). Six cas de piraterie ont été signalés dans le voisinage de Taishan, dans l'estuaire de la rivière de Canton et 18 dans le District de la f( Bias Bay » sur la côte orientale, pendant les derniers six mois. Les vols à main armée dans les villages à peu de distance de la frontière ne sont pas rares (unfrequent) et une fois sur deux sont accompagnés de meurtres. ))
M. de Luca,<i acting Commissioner » à Canton, écrit, à la fin de son mémoire pour la même année :
« Son Excellence lo Vice-Roi faisant fonctions, Tsen-tchoun-chouan (arrivé à Canton le 17 juillet 190.'{) a porté son attention sur la question de la piraterie, et Ton espère que les efïorts entrepris pour maintenir l'ordre et pour permettre aux petites embarcations de circuler en sécurité dans le delta finiront par aboutir. »
Dans le chapitre consacré à l'histoire de Hong Kong, le Manuel de Kelly and Walsh,déjà cité plusieurs fois au cours de ces pages, donne des détails sur les attaques dont furent l'objet, de la part des pirates, le vapeur Spark en 1874 et le vapeur Greyhound en 1884. Le plan d'opération était alors le même que maintenant. Seulement les choses ne se passèrent pas. Il y a vingt ou trente ans, delà façon relativement calme et anodine que M. van Aalst décrit dans son rapport récent. Le sac des deux vapeurs en question n'alla pas sans violences ni sans de nombreux meurtres. En ce qui concerne TafTaire diWSpark^ l'auteur du ^/ani/e/ ajoute : « Il est satisfaisant d'avoir à constater qu'après de longues recherches, les pirates furent finalement capturés et exécutés à Canton. »
En 1891, une attaque semblable fut dirigée contre le vapeur Samoa, de la ligne Douglas ; le bAtiment se trouvait à 50 milles de Hong Kong, lorsque les pirates se démasquèrent et furent rejoints par des complices montés sur des jonques. Le capitaine du Samoa fut mortellement blessé, et les passagers, faits prisonniers, furent enlevés sur les jonques. Quelque temps après, plusieurs des auteurs de l'attentat furent pris et décapités à Kowloon City.
(1) Trade Reports and Returns, 1904, p. 777.
La sappression des priincH sucrières et le commerce de Hon^r Koiiflr
Le Correspondant du Times à Hong Kong signale qu'à l'occasion de l'adoption (passiug)par le Conseil Législatif d'une ordonnance donnant effets dans cette Colonie, à l'article VIII de la Convention de Bruxelles sur les sucres, l'attention a été attirée sur les conditions particulières dans lesquelles se trouve Hong Kong en ce qui regarde l'ensemble (Bulk) de son commerce. L'ordonnance prohibe l'importation dans la Colonie de sucres ayant reçu une prime, mais lorsqu'on se rend compte de ce fait que la consommation eiîective dans la Colonie est vraiment très réduite si on la compare aux importations, on voit que le véritable résultat de cette mesure sera de détourner le commerce du sucre de Hong Kong sur les ports ouverts du pays chinois le véritable consommateur. Suivant des informations ayant cours actuellement, des maisons allemandes et autres, à Canton, ont dès à présent pris leurs dispositions en vue de se faire livrer leur sucre sans qu'il passe, d'aucune façon, par Hong Kong. Hong Kong fonctionne uniquement comme magasin (go-down) ou entrepôt libre de droits pour toutes les marcliandises pénétrant dans la Colonie, ou comme centre commode de distribution et ceux qui sont au pouvoir devraient avec un soin jaloux éviter tout ce qui peut tendre à éloigner (alienate) le commerce dont Hong Kong dépend si complètement. Evidemment, les fabriques locales de sucre recueillent un bénéfice do l'Ordonnance, mais les fabricants de Hong Kong sont et vraisemblablement seront toujours d'Importance si petite, par comparaison avec la vaste tâche de la navigation et du service de distribution, que ces derniers intérêts devront, en toute occasion, recevoir le plus d'encouragements et de considération, de la part des autorités. Le cas particulier qui se présente, cette fois, n'est pas d'une importance capitale, mais il révèle le principe qui doit se trouver à la base de toute action législative ayant trait au commerce de la Colonie, et, quel que puisse être le résultat de la campagne de M. Chamberlain en ce qui concerne la politique fiscale des autres Colonies, il faut espérer que Hong Kong recevra tel régime indépendant qui conviendra aux conditions particulières qui sont les siennes. {London and China Telegraph. 13 février 1905, p. 125.)
Liste des • Ports Ouverts •• de la Chine Méridionale.
La carte ci-contre porte l'iodlcation des « Ports Ouverts » de la Chine Méridionale.Tous, à l'exception de ceux de Long-Tchéou et de Nanning (Kouang- Si), sont en relations directes avec la colonie britannique de Victoria, ainsi qu'il résulte du passage suivant du rapport de M. Jamieson, Consul général, attaché commercial à la légation britannique à Pékin, sur le commerce de la Chine en 1903.
« Le grand trafic étranger de Canton, du delta de Kouang Toung (Kaoloung à Lappa) et du Fleuve de l'Ouest, a lieu, naturellement, avec Hong Kong, port avec lequel Kioung tcheou, PakhoT, Swateou, Amoy et Foutcheou ont aussi des relations directes. » (Annual séries, n*3280, p. 60).
Voici les ports en question qui ont été ouverts parla Chine au commerce étranger :
Annëes Ports Traité en vertu duquel l'ouverture a été prondncëe.
1702 Canton
1862 Amoy Traité de Nankin, 1842.
1861 Foutcheou... id. id.
1860 Swatéou Traité de Tientsin 1858.
1876 Kloung-Tchôou id. id.
1877 Pakhor-Tchéou Arrangement de Tchefou, 1876. 1889 Long-Tchéou.. Convention française de Tientsin.
1887 Kaolounff • ( ^®* stations douanières ont été remises à cette
— Laona î clate, 1887, à la section étrangère (Foreign
( Branch) des douanes chinoises.
1897 Koum tchouk.. Id. id. id.
18^ Samchoui 1 Convention anglo-chinoise relative à la frontière
— Outchéou 1 birmane, 4 février 1897, Article spécial — V.
" " ( Treaty séries, n* 7, 1897.
Décret impérial de février 1890, il n'avait pas encore été ouvert de Bureau de douane dans cette i»ûn "K \ t J localité. Le premier navire étranger qui parvint 18W JNanning rou.. < ^ Nanning fou, fut la canonnière anglaise Sand-
piper ; elle arriva le 17 Juin 1901. Elle partit d'ailleurs le lendemain.
1904 Konff Moun i Traité de commerce anglo-chinois du 5 septembre ^ i 1902. V. Mon. OIT. du Commerce du 14 avril 1904. 1904 Oui-tchéou Juillet 1904. (Traité du 5 sept. 1902.)
Ces quinze places sont les principaux centres d'échanges desservant les populations des trois provinces du Kouang-Toung, du Kouang-Si et du Fou-Kien, soit iin total de 55 millions et demi d'habitants, environ.
Renseisrnements historiqucN complémenCairec». — Notes.
Dans un intéressant article intitulé les Bases Navales en Kxtrême- Ôrient, publié par la Revue Politique et Parlementaire (N* de juin 1899), M. A. A. Fauvel, consacre une dizaine de pages à la colonie de Hong Kong, considérée au point de vue de son rôle économique, aussi bien que comme base pour la marine de guerre. La compétence de Tauteur, ancien officier des douanes chinoises est bien connue, pour ce qui touclie aux choses d'Extrême-Orient. Son exposé, plein d'indications caractéristiques et précises aurait notablement facilité mes recherches, mais je n'en ai eu connaissance qu'au moment de la correction des épreuves de mon propre travail. L'extrait suivant apportera un complément utile aux renseignements donnés, dans le corps de la présente étude concernant l'historique de l'important établissement organisé par la Grande-Bretagne à l'embouchure de la Rivière de Canton.
« Le 1" mai 1841 paraissait le premier numéro de la Hong Kong Galette. L*année suivante, Sir Henry Pottinger, successeur du capitaine EUiott comme ministre plénipotentiaire, déclarait formellement, le 6 février, que Hong Kong serait à l'avenir un port franc. C'est à cette mesure, aussi intelligente que libérale, que l'on doit la rapide croissance de la colonie, créée officiellement Crown Colony par Charte Royale en date du 5 avril
Les commencements furent pénibles. En effet, les travaux de défense et de construction amenèrent, en 1844, une telle épidémie de malaria qu'en 21 mois le 58° régiment avait perdu 257 hommes. L'île menaçait de devenir, comme on l'appelait alors, le tombeau des Anglais...
... 11 serait trop long, pour le cadre de cette étude, de suivre pas à pas l'histoire de la colonie. Disons seulement qu'en 1862 on inaugura laTour de l'Horloge etla Monnaie, que l'on dut fermer en 1894, les dollars qu'on y frappait n'ayant pas eu de succès auprès des Célestes. En 1887, on commença les travaux de captation des eaux dans la vallée du Thytam (1), convertie en réservoir au moyen d'un immense barrage ; il fallut creuser un tunnel de 2.469 mètres dans le granit des montagnes pour y faire passer l'aqueduc destiné à compléter l'approvisionnement insuffisant des réservoirs de Poclcfunlun établi en 1875. Grâce à tous ces travaux, Houk Kong, était devenue une des colonies les plus saines du Royaume-Uni, quand la peste bubonique, apportée du Yunnan par Canton, y fit une apparition en 1894, et amena une mortalité effrayante dans les quartiers chinois. Le 7 Juin on y comptait 107 morts par jour. La colonie déclarée infectée fut mise en quarantaine et 80.000 de ses habitants Tabandonnèrent,
On prit des mesures sérieuses de désinfection, etla maladie disparut peu à peu. Elle reparut cependant, mais avec moin? de gravité eu 1806. »
(1) A8 kil. .500 dv la ville.
• Fréquemment, les navires de la Compagnie des Indes et les Ans voiliers employés au transport de l'opium (opium clippers) Jetaient l'ancre dans les eaux de l'île de Hong Kong, avant de remonter le fleuve jusqu'à Whampoa et Canton, mais ce ne fut pas avant 1837 que tous les bâtiments venus pour la campagne annuelle (the whole season's shipping] flrent relâche à Hong Kong et que la position de l'île ainsi que la sécurité du mouillage qui l'entoure Turent mises en évidence.
A Hand-Book to Hong Kong, p. 10.
H. K. — Kelly and Walsh. Limited 1903.
Lors de l'épidémie de 1894, notre éminent compatriote, le D' Yersin s*étant rendu à Hong Kong pour étudier le fléau sur place, parvint à isoler le bacille de la peste bubonique. Cette découverte fut faite en même temps par un japonais, le DMvitasato. Un an après, les D" GalmetteetBorrel, en collaboration avec le D' Yersin réussirent à obtenir à l'Institut Pasteur de Paris, un sérum propre à être inoculé aux personnes atteintes par la maladie, et qui fut employé avec succès au cours de diverses épidémies dans l'Inde, à Amoy et à Canton, et à Oporto (Portugal) en 189?. (V. la Dépêche Coloniale^ du 22 février 11)05.)
Notes relatives à la section V [Navigation],
8^^.384 émigrants ont quitté Hong-Kong pour diverses destinations, au cours de Tannée 1903 ; 55.681 d'entre eux ont été transportés par des navires anglais et 27,703 par des navires étrangers ; on a enregistré le retour de 140.551 personnes, revenant des régions où elles avaient émigré ; 107.166 d*entre elles furent transportées sur des navires britanniques et 33.385 sur des navires étrangers.
Les recettes totales perçues par le « Harbour Department » (Administration du Port) pendant 1903 ont été de dollars 285.288.42 (723.210 fr.) en augmentation de dollars 18.522.43 (46.306 fr.) sur l'année précédente :
Dollars