I. — Communiqué par M. le marquis de Biencoui t
SA VIE ET SON OEUVRE
famille qu'il élève fort bien et à laquelle, quoique veuf depuis longtemps, il est fort attaché ».
Bergeret s'était fait nommer membre honoraire amateur de l1 Académie royale de Peinture et Sculpture. Il dessinait dans sa jeunesse et avait toujours conservé un goût très vif pour les tableaux. Entouré des productions les plus gracieuses de ses contemporains, c'était le vrai type du financier amateur d'art, aimant les artistes, les encourageant, les guidant même au besoin; goûtant leur esprit, le brio de leurs esquisses, le ragoût de la facture, et point bourgeois, bien qu'un peu infatué de sa grande fortune. Bergeret, dans ses salons de la rue du Temple, — car s'il acheta la Folie- Beaujon, il n'y demeurait guère, la considérant plutôt comme une maison d'été, — avait entassé des colonnes, des vases précieux, des tables de porphyre, des bronzes anciens rapportés de ses voyages. Au milieu de ces richesses se voyait la plus étonnante réunion de terres cuites de Clodion dont il prisait fort le talent.
Également passionné pour François Boucher, très épris de l'homme qu'il avait emmené avec lui en Hollande et très enthousiaste de ses œuvres, il n'avait pas réuni moins de quarante-sept morceaux peints de cet artiste et un nombre très considérable de ses plus jolis dessins. M. de Sireul seul, aurait pu rivaliser avec lui.
C'est bien probablement sous les auspices de Boucher et sur sa recommandation que Fragonard dut de connaître le fermier général amateur. Dès 1765, nous le voyons en relation avec lui puisqu'il exposait en même temps que sa Gallirhoé, un paysage représentant un Pâtre jouant de la flûte sur une butte, que le livret du Salon mentionne comme appartenant à M. Bergeret de Grandcour.