AU GÉNIE DE F R A N KLIN
D'après un dessin à la sépia.
HONORÉ FRATiONARD.
la tradition qui les lui donne, mais où Ton ne retrouve aucune de ses qualités habituelles. Le graveur Miger, dans les reproductions qu'il a exécutées pour le livre de Desormeaux, Y Histoire des Princes de la Maison de Bourbon, a tiré tout le parti possible de ces faibles peintures.
Enfin dans les portraits dessinés, il faut en venir h ceux de sa famille qui, dispersés, ont été collectionnés avec un soin passionné chez un de ses grands admirateurs1. Là on peut la voir toute réunie, Mme Fragonard avec ses gros traits communs, sa sœur Marguerite Gérard, plus fine et plus jolie, Rosalie Fragonard, physionomie intéressante et triste, Alexandre-Evariste son frère, et dans cet ensemble unique, plusieurs portraits de Fragonard par lui-même au crayon, mais pas un Fragonard jeune. Le portrait du Louvre, qu'il faut mentionner, est bien lourd avec sa tête énorme. Aussi la représentation la plus intime se voit dans le portrait de Fragonard que possède Mme Kestner. L'artiste est assis près d'une table, vêtu de noir, bas de soie, jabot blanc, des cartons à dessin à ses pieds. La tête coiffée de cheveux blancs se détache colorée, animée par les yeux noirs observateurs. Avec son air de bonté et de finesse, cette peinture soignée rappellerait le faire de Mlle Gérard. C'est la même expression que dans la miniature d'elle qui a servi à Le Garpentier pour graver son portrait à feau-forte; aussi la croyons-nous l'auteur de cette jolie toile.
La jeune artiste connaissait bien son modèle. Elle était venue de bonne heure s'installer au Louvre pour amuser et bercer la petite Rosalie. Elle avait quatorze ans; l'atmosphère parisienne la forma rapidement. D'abord rude et noire