‹ Hopitaux de Provence Leur Interne en MédecineChapitre 19 sur 23 · ACER · texte numérisé non relu

ACER

Pr

de faire connaître mieux les internats de province dans les Facultés et Ecoles de médecine. Nos maîtres, nous semble-t-il, ignorent trop qu'ilest de nombreux étudiants obligés d'assurer par eux-mêmes leur existence matérielle : leur énergie se dépense le plus souvent en des travaux qui n'ont aucun intérèt pour les études elles-mêmes, et il y aurait pour eux un débouché sérieux et beaucoup plus profitable dans les postes d'Internes créés ou dont la eréation s'impose.

Il faut d'ailleurs que les administrations se rendent compte que les avantages matériels qui nous sont accordés ne correspondent point aux services que nous pouvons rendre, et sans avoir l’absurdité d'en réclamer le prix, nous demandons qu’ils soient compensés par des égards et une considération morale qui, malheureusement, font encore trop souvent défaut.

L'indemnité allouée aux internes est différente selon les hôpitaux et varie de 30 à 50 francs par mois environ. Il nous semble désirable qu’il soit institué un traitement subissant une augmentation annuelle, la moyenne restant basée sur les ressources de l'établissement.

Pour la nourriture, qui est presque partout accordée par l’hôpital, une réclamation générale retient notre attention : il est rare que la cuisine soit préparée spécialement pour les internes, à proximité de la salle de garde, ce qui serait pourtant désirable, l'heure à laquelle sont préparés les aliments pour les malades précédant de trop longtemps celle où les exigences du service nous obligent à prendre nos repas. Nous voudrions en outre que le serviteur attaché au service de l’internat n'eut en aucun cas la charge d'un service quelccnque de malades : notre hygiène, déjà trop défectueuse, ne pourrait qu’y gagner.

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Dans la plupart des hôpitaux, les internes sont logés el nous ne pouvons qu'approuver celte mesure qui, réalisant une économie pour l'administration, offre également des avantages pour l’interne. Mais nous désirons que, ce qui existe d’ailleurs assez souvent, les bâtiments de l’internat constituent un pavillon isolé, situé au rez-de-chaussée, et aussi près que possible de l'entrée et de la salle d’admissions. C’est trop souvent encore que le logement des internes se trouve installé dans les pavillons mêmes des malades, ce qui est néfaste pour leur hygiène ; rélégué aux étages supérieurs ou très loin de l'entrée, ce qui constitue une gêne pour le service. Le logement isolé peut en outre permettre une communication propre avec l'extérieur, évitant ainsi une vérification vexatoire, et souvent grossière, de l’état civil des personnes qui désirent voir les internes, qu’une étroitesse d’esprit absurde prive, seuls parmi tout le personnel, de recevoir les visites qu'ils désirent. Aussi adoptons-nous, pour conclure, l’opinion formulée dans les Annales de la Jeunesse médicale (avril 1912) à propos d'un conflit survenu à Paris entre le Directeur et les internes d’un hôpital de Assistance Publique :

«Certes ,il ne faut pas queles salles de garde deviennent « des « succursales des brasseries de femmes », ainsi que « l'écrivait au directeur en question un de ses supérieurs. « I] convient de réprimer tout ce qui trouble le repos des « malades et ce qui peut choquer leurs sentiments. Mais il «semble qu'un directeur à assez de pouvoir pour empê- « cher que ne dégénère en licence une tolérance qui serait «une compensation aux obligations multiples de l’in- «terne.

« Il nous faut maintenant élever le débat et, nous pla. «çant au point de vue des malades, discuter leurs intérêts.

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