HOK.ACE
» Rome aura le dernier de mes trois adversaires i C’est à ses intérêts que je vais l’immoler , »
Rit-il; et tout d’un tems on le voit y voler, la victoire entr’eux deux n’étoit pas incertaine : L’Albain, percé de coups , ne se traînoit qu’à peiueî It, ccMnmeune victime aux marches de l’autel,
11 scmbloit présenter sa gorge au coup mortel ;
Aussi le reçoit-il peu s’en faut sans défense , ït son trépas de Rome établit la puissance.
Le vieil Horace.
O mon fils! ô ma joie ! ô l’honneur de nos jours!
O d’un Etat penchant l’inespéré secours î Vertu digne de Rome, et sang digne d’Horace,
Appui de ton pays , et gloire de ta race 1 Quand pourrai-jc étouffer dans tes embrassemens L’erreur dont j’ai formé de si faux sentimens î Quand pourra mon amour baigner avec tendresse Ton front victorieux de larmes d’alégresseî
Vos caresses bientôt pourront se déployer ;
Le Roi, dans un moment , vous le va renvoyer.
Et remet à demain la pompe qu’il prépare
D’un sacrifice aux Dieux pour un bonheur si rare. .
Aujourd’hui seulement on s’acquitte vers eux
Par des chants de victoire et par de simples voeux »
C’est où le Roi le mené, et tandis il m’envoie
Faire office vers vous de douleur et de joie.
Mais cet office encor n’est pas assez pour lui ;
Il y viendra lui-même et peut-être aujourd’hui;
11 croit mal rcconnoître une vertu si pure ,
TRAGÉDIE. JJ
Si de sa propre bouche il ne vous en assure ;
S’il ne vous dit chez vous combien vous doit l’Etat.
Le vieil Horace.
t)e tels remercîmens ont pour moi trop d’éclat;
Et je me tiens déjà trop payé par les vôtres.
Du service d’un fils et du sang des deux autres.
le Roi ne sait que c’est d’honorcr à demi ;
Et son sceptre arraché des mains de l’ennemi,
Fait qu’il tient cet honneur, qvi’il lui plaît de vous faire. Au-dessous du mérite et du fils et du pere.
Je vais lui témoigner quels nobles sentimens La vertu vous inspire en tous vos mouvemens,
Et combien vous -montrez d’ardeur pour son service. Le vieil Horace.
Je vous devrai beaucoup pour un si bon office.
( Valcre sort, )