‹ Horace, tragedie de P. CorneilleChapitre 27 sur 105 · HOK.ACE · texte numérisé non relu

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» Rome aura le dernier de mes trois adversaires i C’est à ses intérêts que je vais l’immoler , »

Rit-il; et tout d’un tems on le voit y voler, la victoire entr’eux deux n’étoit pas incertaine : L’Albain, percé de coups , ne se traînoit qu’à peiueî It, ccMnmeune victime aux marches de l’autel,

11 scmbloit présenter sa gorge au coup mortel ;

Aussi le reçoit-il peu s’en faut sans défense , ït son trépas de Rome établit la puissance.

Le vieil Horace.

O mon fils! ô ma joie ! ô l’honneur de nos jours!

O d’un Etat penchant l’inespéré secours î Vertu digne de Rome, et sang digne d’Horace,

Appui de ton pays , et gloire de ta race 1 Quand pourrai-jc étouffer dans tes embrassemens L’erreur dont j’ai formé de si faux sentimens î Quand pourra mon amour baigner avec tendresse Ton front victorieux de larmes d’alégresseî

Vos caresses bientôt pourront se déployer ;

Le Roi, dans un moment , vous le va renvoyer.

Et remet à demain la pompe qu’il prépare

D’un sacrifice aux Dieux pour un bonheur si rare. .

Aujourd’hui seulement on s’acquitte vers eux

Par des chants de victoire et par de simples voeux »

C’est où le Roi le mené, et tandis il m’envoie

Faire office vers vous de douleur et de joie.

Mais cet office encor n’est pas assez pour lui ;

Il y viendra lui-même et peut-être aujourd’hui;

11 croit mal rcconnoître une vertu si pure ,

TRAGÉDIE. JJ

Si de sa propre bouche il ne vous en assure ;

S’il ne vous dit chez vous combien vous doit l’Etat.

Le vieil Horace.

t)e tels remercîmens ont pour moi trop d’éclat;

Et je me tiens déjà trop payé par les vôtres.

Du service d’un fils et du sang des deux autres.

le Roi ne sait que c’est d’honorcr à demi ;

Et son sceptre arraché des mains de l’ennemi,

Fait qu’il tient cet honneur, qvi’il lui plaît de vous faire. Au-dessous du mérite et du fils et du pere.

Je vais lui témoigner quels nobles sentimens La vertu vous inspire en tous vos mouvemens,

Et combien vous -montrez d’ardeur pour son service. Le vieil Horace.

Je vous devrai beaucoup pour un si bon office.

( Valcre sort, )

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