‹ Horace, tragedie de P. CorneilleChapitre 35 sur 105 · TRÉSORIER DE L’ÉPARGNE · texte numérisé non relu

TRÉSORIER DE L’ÉPARGNE

Monsieur,

Je vous présente un tableau d'une des plus belles actions d'Auguste. Ce Monarque étoît tout généreux ^ et sa générosité na jamais paru avec 'tant d'éclat que dans les effets de sa clémence et de sa libéialicé. Ces deux rares vertu s lui étaient si naturelles et si inséparables en lui > qu'il semble qu'en cette Histoire ^ que j'ai mise sur notre Théâtre , elles se soient tour-a-tour entre-produites dans son ame. H avait été si libéral envers Cinna^

que sa conjuration ayant fait voir une ingra-

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tztude extraordinaire , il eut besoin (tun ex* traordinaire effort de clémence pour lui par^ donner ; et le pardon quil lui donna , fut la source des nouveaux bienfaits dont il lui fut prodigue y pour vaincre tout-dfait cet esprit qui navoit pu être gagné, par les premiers ; de sorte quil est vrai de dire y quil eut été moins clément envers lui , s'il eût été moins libéral , et quil eût été moins libéral , s'il eût été moins clément. Cela étant ^ ne puis-je pas avec justice donner le portrait de l'une de ces héroïques vertus à celui qui possédé Contre en un si haut degré y puisque y dans cette action y ce grand Prince les a si bien attachées y et comme unies l'une a t autre y quelles ont été tout ensemble la cause et l'effet t une de l'autre ? Je le puis , certes y d'autant plus justement , que je vois votre générosité y comme voulant imiter ce grand Empereur y prendre plaisir a s'étendre sur les Gens de Lettres y en un tems oïi beaucoup pensent avoir trop récompensé leurs travauxy^ quand ils les ont honorés cC une louange sté-

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rilt. V^ous ave:j^ traité quelques-unes de nos Muses avec tant de magnanimité , qu'en elles vous ave:^ obligé toutes les autres ; de sorte qu'il nen est point qui ne vous en doive un remerciement. Trouve:^ bon y Monsieur^ que je m'acquitte, de celui que je reconnois vous en devoir , par le présent que je vous fais de ce Poème , que j'ai choisi comme le plus durable des miens , pour apprendre plus long-tems a ceux qui le liront y que le généreux Monsieur de Montauron y par une libéralité inouie en ce sied e y s'est rendu toutes les Muses redevables y et que je prends tjant départ aux bienfaits dont vous avei^ sur^ pris quelques-unes d'elles y que je m'en dirai toute ma vie y

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