‹ Horace, tragedie de P. CorneilleChapitre 36 sur 105 · MONSIEUR CORNEILLE · texte numérisé non relu

MONSIEUR CORNEILLE

Monsieur,

J’ai senti un notable soulagement depuis l*arrivce de votre paquet , et je crie miracle ! dès le commencement de ma Lettre. Votre Cinna guérit les malades : il fait que les paralytiques battent des mains , il rend la parole à un muet , ce seroit trop peu de dire à un enrhumé. En effet , i’avois perdu la parole avec la voix j et puisque ;c les recouvre Tune et l'autre par votre

LETTRE DE M. BE BALZAC , &c. v

moyen , il est bien juste que je les emploie toutes deux à votre gloire , et à dire sans cesse , la belle chose ! Vous avez peur néanmoins d’étre de ceux qui sont accablés par la majesté des su* jets qu’ils traitent , et ne pensez pas avoir ap* porté assez de force , pour soutenir la grandeur Romaine. Quoique cette modestie me plaise» elle ne me persuade pas , et je m’y oppose pour l’intérét de la vérité. Vous êtes trop subtil examinateur d’une composition universellement approuvée ; et s’il étoit vrai qu’en quelqu’uiie de ses parties vous eussiez senti quelque foiblesse » ce seroit un secret entre vos Muses et vous , car je vous assure que personne ne l’a reconnue. La foiblesse seroit de notre expression » et non pas de votre pensée j elle viendroit du défaut des Jnstrumens , et non pas de la faute de l’ouvrier : il faudtoit en accuser l’incapacité de notre langue.

Vous nous faîtes voir Rome tout ce qu’elle peut être à Paris , et ne l’avez point brisée en la remuant. Ce n’est point une Rome de Cassiodote , et aussi déchirée qu'elle étoit au siecle des Théodorics ; c’est une Rome de Tite-Live , et

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