‹ Horace, tragedie de P. CorneilleChapitre 54 sur 105 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

AUGUSTE, EUPHORBE, POLYCLETE,

Gardes.

T O U T ce que tu me dis , Euphorbe , est incroyable. Euphorbe.

Seigneur le récit meme en paroît effroyable i On ne conçoit qu’à peine une telle fureur,

Et la seule pensée en fait frémir d’horreur.

Auguste.

Quoi! mes plus chers amis ? quoi ! .Cin'na ? quoi, Ma> ximeî

Les deux que j’honorois d’une si haute estime ,

A qui j’ouvrois mon cœur, et dont j’avois fait choix. Pour les plus importans et plus nobles emplois! Après qu’entre leurs mains j’ai remis mon Empire, Pour m’arracher le jour l’un et l’autre conspire. Maxime a vu sa faute ; il m’en fait avertir ,

Et montre un cœur touché d’un juste repentir!

Mais Cinna !

Evphos.be.

Cinna seul dans sa rage s’obftine , Et contre vos bontés d’autant plus se mutine i Lui seul combat encor vos vertueux efforts Que sur les conjurés fait ce juste remords ;

Et, malgré les frayeurs à leurs regrets mêlées , 11 tâche à raffermir leurs âmes ébranlées.

Auguste.

Lui seul les encourage et lui seul les séduit !

O le plus déloyal que la terre ait produit î O trahison conçue au sein d’une furie !

O trop sensible coup d’une main si chérie! Cinna, tu me trahis.... Polyclete, écoutez.

{Il lui parle d l'oreille, )

Polyclete.

Tous vos ordres , Seigneur , seront exécutés.

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