‹ Horace, tragedie de P. CorneilleChapitre 76 sur 105 · FÉLIX · texte numérisé non relu

FÉLIX

Tu veux flatter en vain un pcrc malheureux ;

Il nous perdra , ma fille.... Ah! regret qui me tue , De n’avoir pas aime la vertu toute nue!...

Ah ! Pauline , en effet tu m’as trop obc'i î Ton courage étoit bon , ton devoir l’a trahi :

Que ta rébellion m*eût été favorable !

Qu’elle m’eût garanti d’un état déplorable !

Si quelque espoir me reste . il n’est plus aujourd’hui Qu’en l’absolu pouvoir qu’il te donnoit sur lui ; Ménage en ma faveur l’amour qui le possédé ,

It d’où provient mon mal , fais sortir le remede.

Pauline.

Moi! moi , que je revoie un si puissant vainqueur , Et m’expose à des yeux qui me percent le coeur !

Mon pcrc , je suis femme , et je sais ma foiblessc :

Je sens déjà mon coeur qui pour lui s’intéresse »

Et poussera sans doute , en dépit de ma foi ,

Quelque soupir indigne et de vous et de moi :

Je ne le verrai point.

Félix.

Bassure un peu ton ame.

Pauline.

11 est toujours aimable , et je suis toujours femme; Dans le pouvoir sur moi que scs regards ont <u > Je n’ose m’assurer de toute ma vertu :

Je ne le verrai point.

tragédie. I,

Félix.

Il faut le voir , ma fille ,

Ou tu trahis ton pere et toute ta famille.

Pau line.

C’est à moi d’ob(5ir , puisque vous commandez ;

Mais voyez les périls où vous me hasardez.

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