‹ Horace, tragedie de P. CorneilleChapitre 78 sur 105 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

SÉVERE, EABIAN.

Cependant que Félix donne ordre au sacrifice , Pourrai-jc prendre un tems à mes voeux si propice ? Pourrai-je voir Pauline , et rendre à ses beaux yeux L’hommage souverain que l’on va rendre aux Dieux ? Je ne t’ai point célé que c’est ce qui m’amene *>

Le reste est un prétexte à soulager ma peine.

Je viens sacrifier , mais c’est à scs beautés Que je viens immoler toutes mes volontés.

Vous la verrez, Seigneur.

SÉVERE.

Ah I quel comble de joie! Cette chere beauté consent que je la voie!

Mais ai-je sur son amc encor quelque pouvoir ? Quelque reste d’amour s’y fait-il encor voir ?

Quel trouble , quel transport lui cause ma venue i Puis-je tout espérer de cette heureuse vue ?

Car je voudrois mourir plutôt que d’abuseï

r>es Lettres de faveur que j’ai pour l’cpouser ;

Elles sont pour Félix , non pour triompher d’elle : Jamais à scs désirs mon cœur ne fut rebelle ;

Et si mon mauvais sort avoit changé le sien ,

Je me vaincrois moi-même et ne prérendrois rien.

Vous la verrez , c’est tout ce que je vous puis dire.

D’où vient que tu frémis et que ton cœur soupire ? Ne m’aimc-t-clle plus ? Eclaircis moi ce point.

M’cn croirex-vous. Seigneur? ne la revoyez point ; Portez en lieu plus haut l’honneur de vos caresses : Vous tiouvercx à Rome assez d’autres maîtresses; Et, dans ce haut degré de puissance et d’honneur , Les plus Grands y tiendront votre amour à bonheur.

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