SÉ V E R
Qu’à des pertsers si bas "mon amc se ravale !
Que je tienne Pauline à mon sort inégale !
Elle en a mieux usé : je la dois imiter ;
Je n’aime mon bonheur que pour la mériter. Voyons-la , Fabian , ton discours m’importune : Allons mettre à ses pieds cette haute fortune ;
Je l’ai dans les combats trouvée heureusement ,
En cherchant une mort digne de son amant.
Ainsi ce rang est sien , cette faveur est sienne.
Et je n’ai rien, enfin, que d’elle je ne tienne. Fabian.
Non ; mais , encore un coup , ne la revoyez point. •
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POLYEUCTE
Ah ! c’en est trop ; enfin > éclaircis-moi ce point. As-tu vu des froideurs quand tu l’en as priée ?
Je tremble à vous le dire : elle est...
Hk
Quoi ?
Mariée.
Soutiens-moi , Fabian , ce coup de foudre est grand » It frappe d’autant plus , que plus il me surprend.
Fabian.
Seigneur y qu’est devenu ce généreux courage ?
La constance est ici d’un difficile usage;-'
De pareils déplaisirs accablent un grand cccur ,
La vertu la plus mâle en perd toute vigueur ;
Et quand d’un feu si beau les âmes sont éprises ,
La mort les trouble moins que de telles surprises.
Je ne suis plus à moi quand j’entends ce discours. Pauline esc mariée !
Fabian.
Oui , depuis quinte jours , Polycucte, un Seigneur des premiers d’Arménie, Goûte de son hymen la douceur infinie.
Je ne la puis du moins blâmer d’un mauvais choix » Polyeucte a du nom , et sort du sang des Rois.
Foiblcs soulagcmcns d’un malheur sans rcmede 1 Pauline ! je verrai qu’un autre vous possédé!
O Ciel ! qui, malgré moi , me renvoyez au jour l O sort ! qui redonniez l’espoir à mon amour ! Heprenez la faveur que vous m’avez prêtée , ït rendez-moi la mort que vous m’avez ôtée!.., Voyons-U toutefois , et dans ce triste lieu Achevons de mourir en lui disant adieu.
Que mon cœur , chez les morts emportant son image. De son dernier soupir puisse lui faire hommage.
Seigneur , considérez...
Tout est considéré i
Quel désordre peut craindre un cœur désespéré }
N’y consent-elle pas i
Oui , Seigneur; mais...
N’impoitc.
Cette vive douleur en deviendra plus forte.
£h ! ce n’est pas un mal que je veuille guérir !
Je ne veux que la voir , soupirer et mourir !
Vous vous échapperez sans doute en sa présence :
Un amant qui perd tout , n’a plus de complaisance* Dans un tel entretien il suit sa passion ,
Et ne pousse qu’injure et qu’imprécation.
POLYEUCTE
Juge autrement de moi , mon respect dure encore { Tout violent qu’il est , mon désespoir l’adore.
Quels reproches aussi peuvent m’être permis ?
De quoi puis-je accuser qui ne m’a rien promis ? Elle n’est point parjure , elle n’est point légère : Son devoir m’a trahi , mon malheur et son pcrc ; Mais son devoir fut juste , et son perc eut raison» J’impute à mon malheur toute la trahison.
Un peu moins de fortune et plutôt arrivée »
* Eût gagné l’un par l’autre , et me l’eût conservée : Trop heureux , mais trop tard , je n’ai pu l’acquérir. Laisse-la-inoi donc voir , soupirer et mourir i F A B I A K.
Oui , je vais l’assurer qu’en ce malheur extrême. Vous êtes assez fort pour vous vaincre vous-même. Elle a craint comme moi ces premiers mouvemens , Qu’une perte imprévue arrache aux vrais amans ,
Et dont la violence excite assez de trouble ,
Sans que l’objet présent l’irrite et le redouble.
Fablan , je la vois.
Seigneur , souvenez- vous. . . • SÈVE RE.
Hélas ! elle aime un autre ! un autre est son époux !