‹ Horace, tragedie de P. CorneilleChapitre 82 sur 105 · P A VI. X M E · texte numérisé non relu

P A VI. X M E

Le jour est encor long, et ce qui plus m’effraie,

La moitié de l’avis se trouve déjà vraie i I*ai cru Sévere mort , et je le vois ici.

POLYÏVCTE.

Je le sais ; mais enfin j’en prends peu de souci :

Je suis dans Mélitene, et quel que soit Sévere,

Votre pere y commande, et l’on m'y considéré ;

Et je ne pense pas qu’on puisse avec raison D’un coeur tel que le sien craindre une trahison.

li POLYEUCTE,

On m’avoic assuré qu*il vous faisoit visite ,

Et je venois lui rendre un honneur qu’il mérite.

Il vient de me quitter assez triste et confus ;

Mais j’ai gagné sur lui qu’il ne me verra plus.

POLYEUCTE

Quoi î vous me soupçonez déjà de quelque ombrage ?

Je ferois i tous trois un trop sensible outrage.

J’assure mon repos que troublent ses regards %

La vertu la plus ferme évite les hasards :

Qui s’expose au péril veut bien trouver sa perte i It pour vous en parler avec une ame ouverte ,

Depuis qu’un vrai mérite ^ pu nous enflammer ,

Sa présence toujours a droit de nous charmer.

Outre qu’on doit rougir de s’en hiisser surprendre ,

On souffre à résister , on souffre i s’en défendre ;

Et bien que la vertu triomphe de ses feux , ta victoire est pénible et le combat honteux.

POLYEUCTE

O vertu trop parfaite et devoir trop sincere !

Que vous devez coûter de regrets à Sévere 1

Qu’aux dépens d’un beau feu vous me rendez heureux»

Et que vous êtes doux à mon coeur amoureux!

Plus je vois mes défauts , et plus je vous contemple , Plus j’admire

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