P A VI. X M E
Le jour est encor long, et ce qui plus m’effraie,
La moitié de l’avis se trouve déjà vraie i I*ai cru Sévere mort , et je le vois ici.
POLYÏVCTE.
Je le sais ; mais enfin j’en prends peu de souci :
Je suis dans Mélitene, et quel que soit Sévere,
Votre pere y commande, et l’on m'y considéré ;
Et je ne pense pas qu’on puisse avec raison D’un coeur tel que le sien craindre une trahison.
li POLYEUCTE,
On m’avoic assuré qu*il vous faisoit visite ,
Et je venois lui rendre un honneur qu’il mérite.
Il vient de me quitter assez triste et confus ;
Mais j’ai gagné sur lui qu’il ne me verra plus.
POLYEUCTE
Quoi î vous me soupçonez déjà de quelque ombrage ?
Je ferois i tous trois un trop sensible outrage.
J’assure mon repos que troublent ses regards %
La vertu la plus ferme évite les hasards :
Qui s’expose au péril veut bien trouver sa perte i It pour vous en parler avec une ame ouverte ,
Depuis qu’un vrai mérite ^ pu nous enflammer ,
Sa présence toujours a droit de nous charmer.
Outre qu’on doit rougir de s’en hiisser surprendre ,
On souffre à résister , on souffre i s’en défendre ;
Et bien que la vertu triomphe de ses feux , ta victoire est pénible et le combat honteux.
POLYEUCTE
O vertu trop parfaite et devoir trop sincere !
Que vous devez coûter de regrets à Sévere 1
Qu’aux dépens d’un beau feu vous me rendez heureux»
Et que vous êtes doux à mon coeur amoureux!
Plus je vois mes défauts , et plus je vous contemple , Plus j’admire
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