‹ Horace, tragedie de P. CorneilleChapitre 81 sur 105 · SCENE II L · texte numérisé non relu

SCENE II L

PAULINE, STRATONICE

Stratonice.

Je vous ai plaint tous deux , et verse encor des larmes i Mais du moins votre esprit est hors de ses alarmes. Vous voyez clairement que votre songe est vain :

Sévere ne vient pas la vengeance à la main.

Pau line.

Laissc-mol respirer du moins si tu m’as plainte î Au fort de ma douleur tu rappelles ma crainte :

Souffre un peu de relâche à mes esprits troublés ,

Et ne m’accable point par des maux redoublés.

STRATONICE

Quoi ! vous craignez encor ?

Je tremble, Stratonice ;

Et bien que je m’effraie avec peu de justice.

Cette injuste frayeur sans cesse reproduit L’image des malheurs que j’ai vus cette nuit.

Stratonice.

Sévere est généreux.

Pauline.

Malgré sa retenue,

Polycucte sanglant frappe toujours ma vue.

Stratonice.

Vous voyez ce rival faire des voeux pour lui.

Je crois mSmeau besoin qu’il seroit son appui ;

Mais , soit cette croyance , ou fausse ou vériuble . Son séjour en ce lieu m’est toujours redoutable c A quoi que sa vertu puisse le disposer ,

Il est puissant, il m’aime , et vient pour m’épouser.

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