SCENE PREMIERE
POLYEUCTE, CLÉON, Trois autres Gardes.
POLYEUCTÏ.
^7 A R O Z S , que me veut-on !
C LÉ O s,
Pauline vous demande.
POLYEUCTÏ.
O présence 1 6 combat que sur tout j'appréhende! . . . Félix , dans la prison j’ai triomphé de toi ,
J’ai ri de ta menace et t’ai vu sans effroi i Tu prends pour t’en venger de plus puissantes armK s Je craignois beaucoup moins tes bourreaux que tes larmes. . . .
Seigneur , qui vois ici les périls que je cours ,
En ce pressant besoin redouble ton secours. . . .
Et toi qui tout sortant encor de la v ivoire ,
Regardes mes travaux du séjour de la gloire*
Cher Ncarque , pour vaincre un si fort enRcini ,
Prête du haut du Ciel la main à ton ami. . . .
Gardes , oseriez-vous me rendre un bon officet l«on pour me dérober aux rigueurs du supplice :
5» POLYEUCTE
Ce n’est pas mon dessein qu’on me fasse dvader:
Mais comme il suffira de trois pour me garder.
L’autre m’obligeroit d’aller quérir Sévcrc.
Je crois que sans péril on peut me satisfaire.
51 j’avois pu lui dire un secret important.
Il vivroit plus heureux , et je mourrois content.
Si VOUS me l’ordonnez > j’y cours en diligence.
POLYEUCTE
sévère à mon défaut fera ta récompense.
Va , ne perds point de tems , et reviens promptement.
Je serai de retour , Seigneur , dans un moment.
( Cleon fort, C- les trois Gardes fe retirent au fond du
Theatre. )