‹ Horace, tragédie. Éd. nouv. à l'usage des classes, avec une introd., des éclaircissements et des notesChapitre 1 sur 159 · Horace, tragédie. Éd. nouv. à l'usage des classes, avec une introd., des éclaircissements et des notes · texte numérisé non relu

Horace, tragédie. Éd. nouv. à l'usage des classes, avec une introd., des éclaircissements et des notes

S'il est une tragédie qui appartienne en propre à Corneille, c'est assurément Horace. Aucune n'est mieux faite pour montrer à quel point, au xyii^ siècle, l'imitation n'était pas un esclavage. Nous ne savons s'il est vrai que Corneille ait voulu répondre aux détracteurs du Cid, en prouvant qu'il était capable d'inventer ; mais il est certain qu'ici, en suivant Tite- Live, il a eu beaucoup à tirer de son propre fonds. Dans le Cid, inimitable sans doute à celui dont il est imité, il n'y a guère qu'une situation qui soit tout à fait originale, celle de la seconde entrevue des deux amants ; pour Horace, au contraire, l'histoire ne lui donnait qu'une, situation, fort simple, et, en apparence, fort insuffisante au développement d'un drame, celle d'un combat, dont il était difficile de renouvelei' le récit, suivi dun assassinat, dont il était plus difficile encore de pallier l'odieux.

Est-ce par une sorte de coquetterie légitime, et pour mieux faire sentir l'étendue de sa victoire, que Corneille, — toujours prêt d'ailleurs à montrer du doigt les sources où il a puisé, — fait précéder les éditions de 1648-1656 des extraits du premier livre de Tite-Live? On trouvera plus loin ces extraits, dont on se contentera d'emprunter ici la traduction à l'excellent Tite- Live de M. Gaucher^ :

« Des deux côtés, on se préparait avec la plus grande activité à cette guerre. C'était presque une guerre civile ; car les enfanis, en quelque sorte, allaient combattre contre leurs pères. En effet, le sang troyen coulait dans les veines des deux peuples. Lavinium était sorti de Troie, Albe de Laviniura, et les Romains de la race des rois d'Albe. Cependant, l'événemenl rendit cette lutte moins déplorable : il n'y eut pas de bataille rangée ; il n'y eut de détruit que les maisons de l'une

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