‹ Horace, tragédie. Éd. nouv. à l'usage des classes, avec une introd., des éclaircissements et des notesChapitre 100 sur 159 · Y n'est pas clair ; suppléez : à me donner la mort · texte numérisé non relu

Y n'est pas clair ; suppléez : à me donner la mort

660. Que ne, sans que, quin, en latin. — Au milieu est un peu elliptique; on attendrait un participe : se jetant, se plaçant, !/i medio stans.

602. Ici, jusqu'à ma poitrine (que Sabine montre). Racine, dit M. GéruiOiparait avoir imité ces deux vers, lorsqu'il a dit dans Iphigénie (111, 5): Ou si je ne vous pais dérobe' à leurs coups. Ma fille, ils pourront bien m'immoler avant vous.

El encore (IV, 6):

Pour aller jusqu'au coeur que vous voulez percer, Voilà par quel chemin, vos coups doivent passer.

IDl HORACE

CAMILLE

Courage ! ils s'amoHissenl.

SABINE

Vous poussez des soupirs, vos visages pâlissent :

Quelle peur vous saisit? Sont-ce là ces grands cœurs, 66S

Ces héros qu'Albe et Rome ont pris pour défenseurs?

'Que t'ai-je fait, Sabine? et quelle est mon offense î

Qui t'oblige à chercher une telle vengeance?

■Que t'a fait mon honneur? et par quel droit viens-tu

Avec toute ta force attaquer ma vertu? 670

Du moins contente-toi^de l'avoir étonnée,

Et me laisse achever cette grande journée.

Tu me viens de réduire en un étrange point;

Aime assez ton mari pour n'en triompher point.

Va-t'en, et ne rends plus la victoire douteuse; 675

t.a dispute déjà m'en est assez honteuse.

663. S'amollir est ici pris pour s'attendrir. 605. Corneille aime ces tournures intcrrogatives.

Est-ce là ce beau feu ? Sont-ce là tes serments ? {Polyeucle, 1237.)

667. Var. Femme, que t'ai-je fait, et quelle est mon offense ?

« La naïveté qui régnait encore en ce temps-là dans les écrits permettait ce imot. La rudesse romaine y paraît tout entière. » (Voltaire.) On ne lira pas cette note aujourd'hui sans un s )urire. Ainsi, au xvm' siècle, « la rudesse romaine » paraissait tout entière dans un mot aussi naturel que celui-lM Nous dirons à notre tour que le faux goût de grandeur des époques raffinées se trahit tout entier dans la note étrange de Voltaire. 11 est vrai crue ces scrupules eiagérés -se faisaient jour bien avant Voltaire, puisque Corneille crut devoir leur sacrifier •son texte primitif.

669. Var. Que t'a fait mon honneur, femme, et pourquoi viens-tu... (16U-1648.)

Par quel droit; nous dirions plus volontiers : de quel droit.

670. Avec toute ta force, c'est-à-dire avec toute la force, toute l'influence que tu as sur moi. On a déjà vu vertu pris dans son sens latin de virtus, cou-

■rage.

671. Etonner (cf. v. 932), causer un ébranlement moral, a ici, — comme itonnement, au v. 06i, — le sens très fort du latin attonitus. « On le vit étonner de ses regards étincelants ceux qui échappaient à ses coups. » (Bossuet,

■Oraison funèbre de Condé.) « Mon Dieu, pourquoi vois-je devant moi ce visage dont vous étonnez les réprouvés ? » (Id., Premier sermonpour le vendredi saint.) ■Don Dièguc dit, en parlant des ennemis qu'a terrassés son fils:

N'excusez pont par là ceux que son bras étonne. (Cid, li33.J

673. Sur étrange, voyez, la note du v. 632. Point, degré. — Me réduire un étrange point ; me réduire à une étrange situation. — « Notre malheureuse ■ rime arrache quelquefois de ces mauvais vers; ils passent à la faveur des bons. » (Voltaire.)

676. En manque de netteté; la dispute de la victoire n'est pas beaucoup plut clair. 11 s'agit du triomphe qu'Horace veut remporter sur lui-mé.xe; il dit donc ■& Sabine: c'est déjà trop d'avoir hésité.

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