ACTE III, SCENE II
Que pas un d'eux renonce aux honneurs d'un tel choix.
SABINE
Quoi! dans leur dureté ces cœurs d'acier s'obstinent!
JULIK.
Oui, mais d' autre côté les deux camps se mutinent,
Et leurs cris, des deux parts poussés en même temps,
Demandent la bataille, ou d'autres combattants. 810
La présence des chefs à peine est respectée,
Leur pouvoir est douteux, leur voix mal écoutée;
Le roi même s'étonne, et pour dernier effort :
« Puisque chacun, dit-il, s'échaulTe en ce discord,
Consultons des j^rands dieux la majesté sacrée, 815
Et voyons si ce change à leurs bontés agrée.
Quel impie osera se prendre à leur vouloir,
Lorsqu'en un sacrifice ils nous l'auront fait voir? »
il se tait, et ces mots semblent être des charmes;
Même aux six combattants ils arrachent les armes, 820
Et ce désir d'honneur qui leur ferme les yeux,
Tout aveugle qu'il est, respecte encor les dieux.
806. Tournure irrégulière, ou tout au moins douteuse : plutôt, d'où dépend que, est trop loin et devrait être répété.
807. Avant l'édition de 1663, il y avait : « ces cœurs de fer ». Acier est plus fort et s'emploie aussi figurément :
Cette roche de foi, cet acier de courage. (Malherbe, I, 3.)
« Mon cœur n'est pas fait de l'acier des blancs. » (Chateaubriand, les Natche:.)
808. Var. ils le font, mais d'ailleurs les deux camps se mutinent.
D'autre côté, pour : de l'autre côté, d'autre part. Corneille, qui supprime volontiers l'article, dit souvent d'un et d'autre côté, pour : des deux côtés, de part et d'autre :
D'un et d'autre cùté l'action est si noire
Qae, n'en pourant douter, je n'ose encor la croire. (Rodogune, 1679.)