‹ Horace, tragédie. Éd. nouv. à l'usage des classes, avec une introd., des éclaircissements et des notesChapitre 126 sur 159 · ACTE m, SCENE V !2J · texte numérisé non relu

ACTE m, SCENE V !2J

L'affecter au dehors, c'est une lâcheté;

L'usage d'un tel art, nous le laissons aux hommes,

Et ne voulons passer que pour ce que nous sommes.

Nous ne demandons point qu^un courage si fort 945

S'abaisse, à notre exemple, à se plaindre du sort.

Recevez sans frémir ces mortelles alarmes;

Voyez couler nos pleurs sans y mêler vos larmes;

Enfin, pour toute grâce, en de tels déplaisirs.

Gardez votre constance, et soutirez nos soupirs. 930

LE VIEIL HORACE

Loin de blâmer les pleurs que je vous vois répandre,

Je crois faire beaucoup de m'en pouvoir défendre,

Et céderais peut-être à de si rudes coups.

Si je prenais ici même intérêt que vous.

Non qu'Albe par son choix m'ait fait haïr vos frères : 935

Tout trois me sont encor des personnes bien chères ;

Mais enfin l'amitié n'est pas du même rang,

Et n'a point les effets de l'amour ni du sang;

Je ne sens point pour eux la douleur qui tourmente

Sabine comme sœur, Camille comme amante : 960

Je puis les regarder comme nos ennemis.

Et donne sans regret mes souhaits à mes fils.

Ils sont, grâces aux dieux, dignes de leur patrie;

Aucun étonnement n'a leur gloire tlétrie,

Et j'ai vu leur honneur croître de la moitié 965

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