‹ Horace, tragédie. Éd. nouv. à l'usage des classes, avec une introd., des éclaircissements et des notesChapitre 131 sur 159 · Voyez une semblable construction de nous au vers · texte numérisé non relu

Voyez une semblable construction de nous au vers

995. Les deux, sans substantif, par opposition au troisième qui reste. Voyei le V. 410. Corneille emploie ainsi parfois 1 article devant un nom de nombre :

Les quatre contenaient quatre choeurs de musiqat. {Uenteur, 2GB.)

Mon sang, ma race, mon fils : voyez le v. 100.

1003. Tant qu'ont duré, tant qu ont vécu, ou plutôt tant que ses frères on continué de vivre; rfurer ne s'emploie gruère en parlant des personnes. Bossue^ pourtant, cité par M. Littré, écrit: « Son fils ne dura guère » {Histoire uni' verselle, I, 7), et Jodelle, dans sa Cléopatre :

Non, non. César, pontente-toi du ijfie, Laisse durer les eufacU et la méie.

Mais, comme il s'est vu seul contre trois adversaires,

Près d'être enfejmé d'eux, sa fuite l'a sauvé. 1005

LE VIEIL HORACE

lît nos soldats trahis ne l'ont point achevé !

Dans leurs rangs à ce lâche ils ont donné retraite!

JULIE

le n'ai rien voulu voir après cette défaite.

CAMILLE

0 mes frères!

LE VIEIL HOKACE.

Tout beau, ne les pleurez pas tous :

Deux jouissent d'un sort dont leur père est jaloux. 1010

Que des plus nobles fleurs leur tombe soil couverte; La gloire de leur mort m'a paj'é de leur perte : Ce bonheur a suivi leur courage invaincu, Qu'ils ont vu Rome libre autant qu'ils ont vécu,

1005. Prés d'être enfermé d'eux, près d'être entouré, cerné par eux :

De ses mille soldats une troupe choisie

Enferme la princesse, et sert sa jalnnsie. {Médée, 1014.)

Le reste, impatient, dans sa noble colère.

Enferme la victime. [Héraclius, V, 7.)

1009. Quoiqu'on dise Voltaire, cette expression familière peut être ennoblie par l'emploi qtii en est fait :

Tout beau, ma passion, deviens un peu moins forte. (Cinna, 126.) Toul beau, l'anline, il entcml vos paroles. (Polyeucte, 1215.) Tout beau, Flarainius, je n'y suis pas encore. (Nicomèdc. 1388.)

« Cette expression, fréquente dans Corneille, s'employait pour arrêter quelqu'un, le retenir, le faire taire: « Et voulant interrompre lorsque M. Jaliot vpinoit, Monsieur de Saint-Pol nie fit signe de la main et me dit : Tout beau, ce qui me fit taire. » (Montluc, Commentaires, livre II.) Par malheur, les chasseurs se servent de cette locution en parlant aux chiens fouchants, lorsqu'ils veulent les empêcher de pousser les perdrix qu'ils ont arrêtées ; cela a suffi pour la faire considérer comme triviale et déplacée dans le style élevé. » (Lexique de M. Marty-Laveaux.;

1011. M. Gidel rappelle ici les vers fameux de Virgile (Enéide, VI, 883):

Manibu» date lilia plenit.

Purjmreot $pargam flores.

1013. Dans les Commentaires sur le Cid, à propos du ver» :

Ton bras est invaincu, mais nen pas invincible (418)

Voltaire (qui lui-même s'est servi de ce mot dans Olywpie, I. 2) écr'.t : x Od dit que invaincu est un barbarisme; non, c'est un terme hasardé et nécessaire; » et «lans les Commentaires sur Horace : « Ce mot invaincu n'a été employé que par Corneille, et devr.iit l'èlre, je crois, par fous no» poètes. Une expression si bien mise à sa place dans le Cid et dans cette admirable scène ne doit jamais vieillir. » Il a tort pourtant de croire que ce mot ait été créé par Corneille : nos anciens poètes, et en particulier Ronsard, l'avaient employé déjà. C'est dans VlUusion comique (135) que Corneille en fait pour la première foit usage.

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