‹ Horace, tragédie. Éd. nouv. à l'usage des classes, avec une introd., des éclaircissements et des notesChapitre 145 sur 159 · SABINE, HORACE, PROCULE · texte numérisé non relu

SABINE, HORACE, PROCULE

SABINE

A quoi s'arrête ici ton illustre colère? 133S

Viens voir mourir ta sœur dans les bras de ton père. Viens repaître tes yeux d'un spectacle si doux, Ou, si tu n'es point las de ces généreux coups,

1326. Afon sang. Voyez la note du vers 100. iZTi . L'avouer, la reconoaitre pour sa fille:

J'irai par mon suffrage affermir celte erreur.

L'avouer pour mon frère et poar mon empereur. {Béraclius, Wl.)

1333. Encore que, tournure moins usitée aujourd'hui, pour bien ques

Voue en êtes !a cause, e»iCor çu'innocemment. [Pohicucte. 1338.) Eiicor qu'il soit sans crime, il n'uit pas innocent. (Nicomède, 434.)

1335. Ton illustre colère. Ce ton ironique est-il bien naturel en une situation si terrible?

1338. a L'ilbisire colère elles généreux coups sont une déclamation ironique, » dit Voltaire. Racine a pourtant imité ce vers dans Andi'omaque :

Que peut-on réfuter à cet généreux coupil (IV, B.)

Immole au cher pays des vertueux Horaces

Ce reste malheureux du sang des Curiaces. 134C

Si prodigue du tien, n'épargne pas le leur ;

Joins Sabine à Camille, et ta femme à ta sœur.

Nos crimes sont pareils, ainsi que nos misères ;

Je soupire comme elle et déplore mes frères :

Plus coupable en ce point contre tes dures lois 1345

Qu'elle n'en pleurait qu'un, et que j'en pleure trois,

Qu'après son châtiment ma faute continue.

Sèche tes pleurs, Sabine, ou les cache à ma vue Rends-toi digne du nom de ma chaste moitié, Et ne m'accable point d'une indigne pitié. 1350

Si l'absolu pouvoir d'une pudique flamme Ne nous laisse à tous deux qu'un penser et qu'une âme, C'est à toi d'élever tes sentiments aux miens. Non à moi de descendre à la honte des tiens. Je t'aime, et je connais la douleur qui te presse : 1353

•Embrasse ma vertu pour vaincre ta faiblesse; Participe à ma gloire au lieu de la souiller. Tâche à t'en revêtir, non à m'en dépouiller.

C'est Hermionequi le dit à Pyrrhus, avec la même et cruelle ironie. 1344. Sur cette acception de déplorer, voyez la note du vers SOI.

1348. Comparez, pour cette construction du pronom, les vers 1002, 1150,

1349. Moitié se disait pour femme, même dans le style tragique :

Restes du grand Pompée ; écoutez sa moitié. {Pompée, V,l.)

Puisse-t-elle être un gage, envers votre moitié.

De votre amour ensemble et de mon amitié 1 (Rodogune, 1593.)

Voltaire approuve cet emploi ; aujourd'hui, moitié n'est plus guère usité que dans le style familier.

1352. Sur Denier, voyez les vers 214 et 708.

1354. De descendre à, de t'abaisser à :

Quoi ! je pourrais descendre à ce liclie artiBce. (Aoiojune, 843.)

1355. Presser, oberve M . Littré, se dit des sentiments, des passions qui se font sentir impérieusement. Corneille emploie ce verbe en le joignant aux mots fureur, frayeur, ambition, elc.

1356. « Est-ce li le langage qu'il doit tenir à sa femme, quand il vient d'assassiner sa sœur dans un moment de colère? » (Voltaire.) Vertu n'a pas ici le sens que lui attribue Voltaire. Montesquieu définit ainsi ce que les Romains entendaient par virtus: "C'était un amourdominant pour la patrie, qui, sortant des règles ordinaires des crimes et des vertus, n'écoutait que lui seul, et ne voyait ni citoyen, ni ami, ni bienfaiteur, ni père; la vertu semblait s'oublier pour se surpasser elle-même, et l'action qu'on ne pouvait d'abord approuver, parce qu'elle était atroce, d'après les idées romaines, elle la faisait admirer comme divme. » {Grandeur et nécadcncc des Itomains.xi.)

1358. Au xvici* siècle aussi bien qu'au xvii', tâcher à s'employait fréquemment pour tâcher de. <l Oa a essayé de distinguer entre tâcher de, et tâcher d, disant

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