‹ Horace, tragédie. Éd. nouv. à l'usage des classes, avec une introd., des éclaircissements et des notesChapitre 15 sur 159 · M. Hesrhanel, Physioloyie des écrivains · texte numérisé non relu

M. Hesrhanel, Physioloyie des écrivains

3. L'ii'lievé d'iin|iiiiiicp est du 15 janvier 1641. Du vivant de Corneille, il y eut cinq éditions distinctes de Cinna.

4. Despois, te Thi-àtre-François sous Louis XIV. Des registres de la Comédic- Françaisi!, il résulte que, de IGSÛ fi notre époque, 'e Cid a été joué Sbi fois; Cinna, C"i2 ; Horace. 5GI ; Pnlyeucte, 3('i5 seule nent. C'est l'i l;i fin de la llévotion et sous le premier Empire qu'on a joué le plus souvent Horace.

INTRODUCTIOiN rô

écrire à l 'un de ses amis ces mois si fiers et si célèbres : « Horace fut condamné par les duumvirs, mais il fut absous par le peuple. »

Quels étaient ces duumvirs? Le nom de l'un des deux semble devoir rester à tout jamais inconnu; car les recherches ' des érudits sur ce point ont été vaines. Dans sa Lettre apologétique, vive réponse aux Observations sur le Ciel de Scudéry, Corneille s'était déjà défendu de vouloir offenser « une personne de haute condition » dont il n'avait pas, ajoutait-il, l'honneur d'être connu. Il ne saurait donc être question de Richelieu, que connaissait trop bien Corneille, et que Pellisson, aussi discret, distingue expressément d'avec « une autre personne de grande qualité' », à qui Corneille attribuait, aussi bien qu'au cardinal, les persécutions dirigées contre le Cid. Mais le cardinal lui-même, comment accueillit-il Horace? Pellisson écrit ailleurs : « 11 courut un bruit qu'on ferait encore des observations et un nouveau jugement sur cette pièce. » Est-ce la fière attitude de Corneille qui découragea les critiques? ou plutôt n'est-ce pas pour les contraindre au silence qu'il dédia sa pièce au cardinal de Richelieu, dont il oublie les injustes tracasseries pour ne se rappeler que les « bienfaits? » Assurément il exagère la reconnaissance quand il reconnaît devoir à son redoutable protecteur tout ce qu'il est, et la modestie, quand il lui présente timidement sa Muse comme une « Muse de province ». Mais cette dédicace, moins gauchement tlatteuse que celle de Cinna au financier Montoron^, — car le nom de Richelieu soutient les plus fastueux éloges, — peut sembler autre chose qu'une manœuvre habile, et Corneille a pu être à demi sincère dans l'expression de sa gratitude. C'est à tort, en effet, que souvent l'on se représente comme l'implacable ennemi du poète le cardinal qui lui faisait une pension de cinq cents écus ^. La vérité sur le rôle de Richelieu, tour à tour persécuteur et protecteur de Corneille, on la trouve, un peu sèchement exprimée, il est vrai, dans les vers écrits par Corneille après la mort de ce grand politique qui fut un médiocre littérateur :

Il ai a fait trop de bien pour en dire du mal ; Il m'a fait trop de mal pour en dire du bien.

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