Cours de littérature dramatique
♦. Voyez la note du vers 502
Iras-tu, ma chère Ame, et ce fuueste honneur Tfi plaît-il aux dépens de tout notre bonheur? Hélas ! je vois trop bien, etc. *.
Ils la disent « le plus naturellement » qu'ils peuvent. El le poète aussitôt: « Vous vous moquez, vous ne faites rien qui vaille, et voici comme il faut réciter cela. (Imitant M"* de Beauchâteau, comédienne de l'hôtel de Bourgogne ^.)
Iras-tu ma chère âme, etc.
— Non, je le connais mieux, etc.
«Voyez-vous comme cela est naturel et passionné? Admirez ce visage riant qu'elle conserve dans les plus ;jrandes afflictions ^. »
Qu'aurait dit Molière s'il avait pu assister plus tard, en 1708, à ces « ballets d'action» que le théâtre de société de la duchesse du Maine revendique l'honneur d'avoir inventés? s'il avait vu représenter par une danse caractérisée et mimée le IV« acte d'Horace'''? s'il avait été témoin de l'émotion des spectateurs h la vue de Camille exprimant son désespoir par un pas de danse, et du jeune Horace tuant sa sœur en mesure?
Etrange destinée que celle de cette tragédie terrible, trop terrible même, aux yeux de certains critiques! La duchesse du Maine et Noverre l'avaient mise en ballets '^; Salieri, l'auteur des Danaîdes, la mit en opéra. Le 2 novembre 1786 'Grimm écrit qu'on a répété devant la reine les Horaces, tragédie lyri([ue en trois actes, mêlée d'intermèdes, paroles de M. Guiilard, musique de Salieri. Mais l'ouvrage parut triste et insigfiitiant, si bien que, pour éviter une chute certaine, on pria l'un des acteurs de feindre une indisposition. Et pourtant, un an après, on donnait à l'Opéra la première représentation des Horaces, sans plus de succès, d'ailleurs, et Grimm écrivait encore'' : « Dans un avertissement qu'on lit à la tête du poème, l'on examine si, comme l'ont prétendu quelques journalistes, on ne doit pas transporter sur la scène