‹ Horace, tragédie. Éd. nouv. à l'usage des classes, avec une introd., des éclaircissements et des notesChapitre 68 sur 159 · Que si, quod si, latinisme fort usité au xvii* siècle · texte numérisé non relu

Que si, quod si, latinisme fort usité au xvii* siècle

Fait marcher aujourd'hui vos troupes et les nôtres,

Pourvu qu'à moins de sang nous vouUons l'apaiser, 305

Elle nous unira, loin de nous diviser.

Nommons des combattants pour la cause commune:

Que chaque peuple aux siens attache sa fortune;

Et, suivant ce que d'eux ordonnera le sort,

Que le parti plus i'aible obéisse au plus fort; 310

Mais sans indignité pour des guerriers si braves;

Qu'ils deviennent sujets sans devenir esclaves.

Sans honte, sans tribut, et sans autre rigueur

Que de suivre en tous lieux les drapeaux du vainqueur :

Ainsi nos deux États ne feront qu'un empire. » 315

Il semble qu'à ces mots notre discorde expire :

Chacun, jetant les yeux dans un rang ennemi,

Reconnaît un beau-frère, un cousin, un ami.

Ils s'étonnent comment leurs mains de sang avides

Volaient, sans y penser, à tant de parricides, 320

Et font paraître un front couvert tout à la fois

D'horreur pour la bataille, et d'ardeur pour ce choii.

Enfin l'offre s'accepte, et lacaix désirée

Page 1