Que si, quod si, latinisme fort usité au xvii* siècle
Fait marcher aujourd'hui vos troupes et les nôtres,
Pourvu qu'à moins de sang nous vouUons l'apaiser, 305
Elle nous unira, loin de nous diviser.
Nommons des combattants pour la cause commune:
Que chaque peuple aux siens attache sa fortune;
Et, suivant ce que d'eux ordonnera le sort,
Que le parti plus i'aible obéisse au plus fort; 310
Mais sans indignité pour des guerriers si braves;
Qu'ils deviennent sujets sans devenir esclaves.
Sans honte, sans tribut, et sans autre rigueur
Que de suivre en tous lieux les drapeaux du vainqueur :
Ainsi nos deux États ne feront qu'un empire. » 315
Il semble qu'à ces mots notre discorde expire :
Chacun, jetant les yeux dans un rang ennemi,
Reconnaît un beau-frère, un cousin, un ami.
Ils s'étonnent comment leurs mains de sang avides
Volaient, sans y penser, à tant de parricides, 320
Et font paraître un front couvert tout à la fois
D'horreur pour la bataille, et d'ardeur pour ce choii.
Enfin l'offre s'accepte, et lacaix désirée