‹ Horace, tragédie. Éd. nouv. à l'usage des classes, avec une introd., des éclaircissements et des notesChapitre 67 sur 159 · Sur le sens do succi:s, voir la note du vers · texte numérisé non relu

Sur le sens do succi:s, voir la note du vers

i79. Var. Dieux I qui l'eût jamais cru ? déjà les deux armées. (1611-1648.)

282. Donner, pris ncutralement pour chargi-r dans un combat. On on trouT d'innombrables exemples chez Rotrou et les tragiques contemporains :

Enfin, Horace seul est partout où l'on donne. (Du Ryer, Sciuole, 1,8.)

285. Voyez plus haut le passage de Tito-Live dont Corneille a imité ce discours • « J'ose dire que l'autour français est au-dessus du Romain, plus nerveux, plus louchant ; et quand on songe qu'il était gêné par lu rime et par une langue embarrassée d'articles et qui s, uiVre si pou d'inversions, qu'il a surmonté toutes Ces difficultés, qu'il n'a employé le secours d'aucune épilhète, que rien n'arrête

\CTE I, SCÈNE m 83

Dit-il, 'jt quel démon nous fait venir aux mains ?

Soufirons que la raison éclaire enlin nos âmes.

Nous sommes vos voisins, nos lilics sont vos l'eniines,

Et l'hymen nous a joints par tant et tant de nœuds,

Qu'il est peu de nos fils qui ne soient vos neveux. 290

Nous ne sommes qu'un sang et qu'un peuple en deux villes;

Pourquoi nous déchirer par des guerres civiles.

Où la mort des vaincus alfaihlit les vainqueurs,

Ft le plus beau triomphe est arrosé de pleurs?

Nos ennemis communs attendent avec joie 295

Qu'un des partis défaits leur donne l'autre en proie.

Lassé, demi-rompu, vainqueur, mais, pour tout fruit,

Dénué d'un secours par lui-même détruit.

Ils ont assez longtemps joui de nos divorces;

Cont?e eux dorénavant joignons toutes nos forces, 300

El noyons dans l'oubli ces petits difi'érends

Qui de si bons guerriers font de mauvais parents.

Que si l'ambition de commander aux autres

l'éloquente rapidité de son discours, c'est là qu'on reconnaît le grand Corneille. Il n'y a que tant et tant de nœuds à reprendre. » (Volluire.)

286. M. Littré cite un grand niimbre de passages des meilleurs auteurs où démon est pris pour : la cause de l'inspiratiun, des impulsions bonnes ou mauvaises :

Quel démon vous iriito et voa? porte à miidiie ? (Boileau, Satire IX.)

Celui qu'un vrai (iemon |>ous?e, enflamme, domine.

Ignore un tel supplice: il pense, il imagine. (André Cbénier.)

On disait, et l'on peut dire encore : le démon des combats, du jeu, etc. Dans l'ode qui précède Hercule mourant, Rotrou appelle Richelieu « grand démon de la France ».

290. Neveux, sens très usité au ivn" siècle, du latin nepotes.

202. Sur cette fraternité des cités latines, voir l'Introduction.

297. Rompu a ici le sens de défait, mis en déroute. « Un soldat romain devait ou vaincre ou mourir : par cette maxime, les armées romaines, quoique déf.iites ou rompues, combaUaient et se ralliaient jusqu'à la dernière extrémité. » (Bossuet, Discours sur l'histoire uniucrscllc. III.)

209. « Ce mot de divorces, s'il ne signifiait que des querelles, serait impropre ; mais ici il dcnole les querelles de deux peuples unis, et par là, il est juste, nouveau et excellent. » (Voltaire.) Divorce fdioortium, divertere) se dit en effet proprement des dissensi 'ns entre parents, et, par extension, entre amis :

Je sais quelle amertume aigrit ilu tel* divorces. (Béracliu», 826.)

L'iiymen où je prétends ne peut trouver d'amoices

Au milieu d'une ville ou régnent les divorces. {Serlorius, IV, 9.)

Corneille emploie même ce mot dans le sens de trouble moral :

Tu mets dans tous mes sens le troable et le divorce. [Toison d'or. 11, 2.)

301. 11 Différcns, telle est la forme du mot (ens- pour ents) dans les clitions originales. L'orthographe différend paraît en 1680 dans le dictionnaire de Ricnelet ; mais Furetière en 1600 et l'Académie jusqu'en 1762 écrivaient un différent, des différents. » (M. Marly-Lavcaux.)

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