‹ Horace, tragédie. Éd. nouv. à l'usage des classes, avec une introd., des éclaircissements et des notesChapitre 84 sur 159 · Yar. Je sais que votre honneur git à verser mon sang · texte numérisé non relu

Yar. Je sais que votre honneur git à verser mon sang

470. Flanc, sein, très usité au xvii" siècle. L'expression percer le flanc, dit M. Marty-Laveaux, pour avoir été employée dans une chanson burlesque, est devenue comique, et l'on hésiterait maintenant â l'employer dans le style élevé.

471. Prêt de, pourprés de, avec lequel il se confond, comme a.\ec prêt à ;

Peut-être que l'onzième est prête d'éclater. {Cinna, 491.) Voyez le vers i486.

472. C'est-à-dire : forcé de combattre pour mon pays, j'ai le malheur de le défendre contre vous.

473. Encor que et encor, sans e, condamnés par Vaugelas, dans ses Remarques, ont survécu ; mais la tournure encore que a un peu vieilli.

474. Je crains qu'en l'appienant son cœur ne s'effarouche. {Nicomcde, I, 6.) 476. Var. Sur ceux dont notre guerre a consommé la vie.

M. Qéruzez rappelle ici ces vers de Virgile :

0 ter qnaterque beati

Quels antè oia patium. Trojœ sub mœnibas aiti*

Conligit oppeteie !... (Enéide ; I, ai.)

479, Je plains, c'est-à-dire je regrette.

94 HOHACE

Pour conserver encor quelque chose d'humain.

Si vous n'êtes Romain, soyez digne de l'être;

El si vous m'égalez, l'ailes-le mieux paraître.

Li solide vertu dont je fais vanité 483

N'admet point de faiblesse avec sa fermeté;

Et c'est mal de l'honneur entrer dans la carrière

Que, dès le premier pas, regarder en arrière.

Notre malheur est grand, il est au plus haut point:

le l'envisage entier; mais je n'en frémis point. 490

Contre qui que ce soit que mon pays m'enploie,

J'accepte aveuglément celte gloire avec joie:

Celle de recevoir de tels commandements

Doit étouffer en nous tous autres sentiments.

Qui, près de le servir, considère autre chose, 49o

A faire ce qu'il doit lâchement se dispose.

Ce droit saint et sacré rompt tout autre lien.

Rome a choisi mon bras, je n'examine rien.

Avec une allégresse aussi pleine et sincère

Que j'épousai la sœur, je combattrai le frère, 500

Et pour trancher enfin ces discours superflus,

Albe vous a nommé, je ne vous connais plus.

CURIACE

Je vous connais encore, et c'est ce qui me tue;

Mais cette âpre vertu ne m'était pas connue ;

Comme notre malheur, elle est au plus haut point, 505

Souffrez que je l'admire et ne l'imite point.

Non, non, n'embrassez pas de vertu par contrainte ;

482. <( Cette tirade fit un effet surprenant sur tout le public, et les dcui derniers Tors sont devenus un proverbe, ou plutôt une niasime admirable.» (Voltaire.)

485. « Sorte do contradiction, dit la Harpe. On ne peut l'aire vanité de ce qui est solide. Il fallait: dont je fais gloire. » Mais nous avons vu au vers 72 faire vanité, pris exactement dans le sens de se faire qloire.

407 Saint et sacré semblent de purs synciiiyniL's et le sont en effet aujourdliui;les Latins les réunissaient dans un seul mot, sacrosanctus.

400. Allégresse aero-H forcé, presque odieux, si ce mot p >iivuit être traduit par joie vive, comme de nos jouis; au xvn» siècle, ce mot se rapprocliait davantage de sou étymologie latine, alacritas, rapidité, vigueur, par suite, décision hardie et promiUe.

502. Sur ce vers et sur la manière dont l'acteur B.iron le disait, voyez l'In trodaction.

50iJ. " A ces mots, on se récria d'admiration : on n'avait jamais rien vu de si sublime ; il n'y a pas dans Longin un seul exemple d'une pareille grandeur. Ce sont ces traits qui ont mérité à Corneille le nom de grand, non seulement pour le distinfrucr de son frère, mais du reste des hommes. » (Voltaire.)

507. Embrasser, a.11 rt^mà, adopter, suivre, aura, au vers 1702, un sens un peu dilTérent. — Voltaire s'approprie, en l'aggravant, l'opinion de Vauvenargue»

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