‹ Horace, tragédie. Éd. nouv. à l'usage des classes, avec une introd., des éclaircissements et des notesChapitre 97 sur 159 · HORACE, SABINE, CURIAGE, CAMILLE · texte numérisé non relu

HORACE, SABINE, CURIAGE, CAMILLE

CURIACE

Dieux! Sabine le suit! Pour ébranler mon cœur, Est-ce peu de Camille? y joignez-vous ma sœur? 610

Et, laissant à ses pleurs vaincre ce grand courage, L'amenez-vous ici chercher même avantage?

SABINE

Non, non, mon frère, non; je ne viens en ce lieu

Que pour vous embrasser, et pour vous dire adieu.

Votre sang est trop bon, n'en craignez rien de lâche, 615

Rien dont la fermeté de ces grands cœurs se fâche:

Si ce malheur illustre ébranlait l'un devons,

Je le désavouerais pour frère et pour époux.

Pourrai-je toutefois vous faire une prière

Digne d'un tel époux, et digne d'un tel frère? 620

îe veux d'un coup si noble ôter l'impiété,

A l'honneur qui l'attend rendre sa pureté,

La mettre en son éclat sans mélange de crimes;

Enfin, je vous veux faire ennemis légitimes.

Du saint nœud qui vous joint je suis le seul lien ; 625

Quand je ne serai plus, vous ne vous serez rien. Brisez votre alliance, et rompez-en la chaîne; Et, puisque votre honneur veut des effets de haine, Achetez par ma mort le droit de vous haïr.

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