‹ Horace tragedie en cinq actesChapitre 14 sur 48 · CURIACE, CAMILLE · texte numérisé non relu

CURIACE, CAMILLE

CAMILLE

îras-tu , Curiace? et ce funeste honneur Te plaît-il aux dépens de tout notre bonheur?

HORACE

CURIACB.

Hèlas! je vois trop bien qu’il faut, quoi que je fasse , Mourir, ou de douleur^ ou de la main d’Horace.

Je vais comme au supplice h cet illustre emploi ;

Je maudis mille fois l’état qu’on fait de moi-,

Je hais cette valeur qui fait qu’Albe m’estime;

Ma flamme au désespoir passe jusques au crime , Elle se prend au ciel , et l’ose quereller.

Je vous plains , je me plains , mais il y faut aller.

CAMILLE

Non , je te connois mieux , tu veux que je te prie. Et qu’ainsi mon pouvoir t’excuse à ta patrie.

Tu n’es que trop fameux par tes autres exploits ; Albe a reçu par eux tout ce que tu lui dois.

Autre n’a mieux que toi soutenu celte guerre ; Autre de plus de morts n’a couvert cette terre :

Ton nom ne peut plus croître, il ne lui manque rien^ Souffre qu’un autre aussi puisse ennoblir le sien.

CORIACE. [tête

Que je souffre h mes yeux qu’on ceigne une autre Des lauriers immortels que la gloire m’apprête. Ou que tout mon pays reproche à ma vertu Qu’il auroit triomphé si j’avois combattu ,

Et que sous mon amour ma valeur endormie Couronne tant d’exploits d’une telle infamie !

Non , Albe , après l’honneur que j’ai reçu de toi. Tu ne succomberas ni vaincras que par moi ;

Tu m’as commis ton sort, je t’en rendrai bon compte. Et vivrai sans reproche , ou périrai sans honte.

CAMILLE

Quoi ! tu ne veux pas voir qu’ainsi tu me trahis !

CURIA CE

Avant que d’être h vous , je suis à mon pays.

C AM IL LE

Mais te priver pour lui toi-même d’un beau-frère , Ta sœur de son mari !

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