‹ Horace tragedie en cinq actesChapitre 46 sur 48 · ACTE V, SCÈNE II C · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE II C

Qui u'ost point de son sang ne peut faire d’affront Aux lauriers immortels qui lui ceignent le front. I^ti riets , sacrés rameaux qu’on veu t rédui re en po ud rc , Vous qui mettez sa tête à couvert de la foudre , i/a1)andonncrez-vous à l’infàme couteau Qui failchoir les méchants sous la main d’un bourreau ? Uomains,s!t)ufFrirez-vousqu’onvoiisimmoleun homme Sans qui Rome aujourd’hui cesseroit d’étre Rome, El (fu’un Romain s’efforce à tacher le renom D’un guerrier à qui tous doivent un si beau nom? Dis, Valère, dis-nous, si tu veux qu’il périsse.

Où lu penses choisir un lieu pour son supplice : Sera-ce entre ces murs que mille et mille voix Font résonner encor du bruit de ses exploits? Sera-ce hors des murs, au milieu de ces places * Qu’on voit fumer encor du sang des Curiaces,

En tre leurs trois tombeaux, et dans cechamp d’honneur Témoin de sa vaillance et de notre bonheur?

Tu ne saurois cacher sa peine à sa victoire;

Dans les murs , hors des murs , tout parle de sa gloire. Tout s’oppose à l’effort de ton injuste amour.

Qui veut d’un si bon sang souiller un si beau jour. Albe ne pourra pas souffrir un tel spectacle, lût Rome par scs pleurs y mettra trop d’obstacle.

Vous les préviendrez, sire; et par un juste arrêt Vous saurez embrasser bien mieux son intérêt.

Ce qu’il a fait pour elle il peut encor le faire;

Il peut la garantir encor d’un sort contraire.

Sire, ne donnez rien à mes débiles ans :

Rome aujourd’hui m’a vu père de quatre enfants ; Trois en ce môme jour sont morts pour sa querelle: 11 m’en reste encore un , conservez-le pour elle : N’ôtez pas h ses murs un si puissant appui ;

ICt souffrez, pour linir, que je m’adresse à lui. Horace , ne crois pas ([ue le peuple stupide

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Soit le maître absolu d’un renom bien solide.

Sa voix tumultueuse assez souvent fait bruit,

Mais un moment l’élève, un moment le détruit; . Et CO qu’il contribue à notre renommée 'l'oujours en moins de rien se dissipe en fumée.

C’est aux rois, c’est aux grands, c’est aux esprité bien A voir la vertu pleine en ses ntoindres effets; [faits C’est d’eux seuls qu’on reçoit la véritable gloire, lùix seuls des vrais héros assurent la mémoire.

Vis toujours en Horace; et toujours auprès d’eux Ton nom demeurera grand , illustre , fameux ,

Rien que l’occasion, moins haute ou moins brillante, D’un vulgaire ignorant trompe l’injuste attente.

Ne hais donc plus la vie , et du moins vis pour moi , Et pour servir encor ton pays et ton roi.

Sire, j’en ai trop dit : mais l’affaire vous louche,^ lü. Rome tout entière a parlé par ma bouche.

VÀLÈRE.

Sire, permeltez-moi....

TUILE

Valère, c’est assez;

Vos discours par les leurs ne sont pas effacés;

J’en garde en mon esprit les forces plus pressantes. Et toutes vos raisons me sont encor présentes.

Cette énorme action faite presque à nos yeux Outrage la nature, et blesse jusqu’aux dieux.

Un premier mouvement qui produit un tel crime Ne sauroit lui servir d’excuse légitime ;

Les moins sévères lois en ce point sont d’accord ;

Et si nous les suivons, il est digne de mort.

Si d’ailleurs nous voulons regarder le coupable.

Ce crime, quoique grand , énorme , inexcusable , Vient de la même épée et part du même bras.

Qui me fait aujourd’hui maître de deux États.

Deux sceptres en ma main, Albe à Rome asservie,

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