‹ Horace tragedie en cinq actesChapitre 6 sur 48 · ACTE I, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE IV

’ CAMILLE

Curiace, il suffit , je devine le reste :

Tu fuis une bataille à les vœux si funeste,

Et ton cœur, tout à moi , pour ne me perdre pas , Dérobe à ton pays le secours de ton bras.

Qu’un autre considère ici ta renommée ,

Et te blâme, s’il veut, de m’avoir trop aimée.

Ce n’est point à Camille à t’en nièsesliiner ;

Plus ton amour paroil, plus elle doit t’aimer;

Et, si tu dois beaucoup aux lieux qui t’ont vu naître, Plus tu quittes pour moi , plus tu le fais paroitre.

Mais as-tu vu mon père? et peut-il endurer Qu’ainsi dans sa maison tu t’oses retirer?

Ne préfère-t-il point l’État à sa famille?

Ne regarde-t-il point plus Rome que sa fille?

Enfin notre bonheur est-il bien affermi ? ; , \ »

T’a-t-il vu comme gendre , ou bien comme ennemi ? -

CUBIACE.

Il ni’a vu comme gendre , avec une tendresse "

Qui lémoignoit assez une entière allégresse; \

Mais il ne m’a point vu , par une trahison ,

Indigne de l’honneur d’entrer dans sa maison.

Je n’abandonne point l’intérêt de ma ville.

J’aime encor mon honneur en adorant Camille. Tant'qu’a duré la guerre, on m’a vu constamment Aussi bon citoyen que véritable amant.

D’Albe avec mon amour j’accordois la querelle;

Je soupirois pour vous en combattant pour elle;

Et, s’il falloil encor que l’on en vînt aux coups.

Je combaltrois pour elle en soupirant pour vous.

Oui , malgré les désirs de mon âme charmée,

Si la guerre duroit , je scrois dans l’armée :

(^est la paix (jui chez vous me donne un libre accès,

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