I.a paix h qui nos feux doivent ce beau succès
CAMILLE
Lu paix ! et le moyen de croire un tel miracle ?
HORACE
JULIE
Camille, pour le moins croyez-en voire oracle,
Et sachons pleinement par quels heureux effets L’heure de la bataille a produit celle paix.
CÜRIACE.
L’auroit-on jamais cru! Déjà les deux armées,
D’une égale chaleur au combat animées ,
Se menaçoient des yeux, et, marchant lièremenl , N’atlendoient, pour donner, que le commandement, Quand notre dictateur devant les rangs s’avance. Demande h votre prince un moment de silence;
Et, l'ayant obtenu , « Que faisons-nous, Romains,
« Dit-il , et quel démon nous fait venir aux mains K « Souffrons que la raison éclaire enfin nos ùmes.:
« Nous sommes vos voisins, nos filles sont vos femmes, « Etl’hymen nous a joints par tant et tant de nœuds, «< Qu’il est peu de nos fils qui ne soient vos neveux; « Nonsnesommcsqu’nnsangetqu’un peuple en deux vil- « î^ourquoi nous déchirer par des guerres civiles, [les : la mort des vaincusaffoiblit les vainqueurs,
' Et le plus beau triomphe est arrosé de pleurs ?
« Nos ennemis communs attendent avec joie « Qu’un des partis défait leur donne l’autre en proie, « Lassé, demi-rompu , vainqueur, mais pour tout « Dénué d’un secours par hii-raéme détruit, [fruit, « Ils ont assez longtemps joui de nos divorces ;
« Contre eux dorénavant joignons toutes nos forces, « Et noyons dans l’oubli ces petits différends « Qui de si bons guerriers font de mauvais parents.
« Que si l’ambition de commander aux autres « Fait marcher aujourd’hui vos troupes et les nôtres, « Pourvu qu’à moins de sang nous voulions l’apaiser, « Elle nous unira loin de nous diviser.
« Nommons des combattants pour la cause commune ; « Que chaque peuple aux siens attache sa fortune;
« Et , suivant ce que d’eux ordonnera le sort,