ACTE I, SCÉNi: IV. io
« Que le foible parti prenne loi du plus fort :
« Mais, sans indignité pour des guerriers si braves, « Qu’ils deviennent sujets sans devenir esclaves,
« Sans honte, sans tribut, et sans autres rigueur «Quedesuivreen tous lieuxlesdrapeauxdu vainqueur. « Ainsi nos deux États ne feront qu’un empire. »
Il semble qu’à ces mots notre discorde expire : Chacun, jetant les yeux dans un rang ennemi , Reconnoît un beau-frère, un cousin, un amij Ils s’étonnent comment leurs mains, de sang avides, Voloient, sans y penser, à tant de parricides.
Et font paroître un front couvert tout ii la fois D’horreur pour la bataille et d’ardeur pour ce choix. Enfin l’offre s’accepte, et la paix désirée Sous ces conditions est aussitôt jurée : [choisir.
Trois combattront pour tous-, mais pour les mieux Nos chefs ont voulu prendre im peu plus de loisir ; Le vôtre est au sénat , le nôtre est dans sa tente.
CAMILLE
O dieux, que ce discours rend mon âme contente !
CURIACB.
Dans deux heures au plus, par un commun accord. Le sort de nos guerriers réglera notre sort. Cependant tout est libre, attendant qu’on les nomme; Rome est dans notre camp, et notre camp dans Rome ; D’un et d’autre côté l’accès étant permis,
Chacun va renouer avec ses vieux amis.
Pour moi , ma passion m’a fait suivre vos frères;
Et mes désirs ont eu des succès si prospères Que l’auteur de vos jours m’a promis à demain l.e bonheur sans pareil de vous donner la main. Vous ne deviendrez pas rebelle à sa puissance.
CAMILLE
Le devoir d’une fille est dans l’obéissance.
CORIACE
Venez donc recevoir ce doux commandement.
i6 HORACE.
Qui doit mettre le comble h mon contentement.
CAMILLE
Je vais suivre vos pas , mais pour revoir mes frères. Et savoir d’eux encor la lin de nos misères.
JULIE
Allez , et cependant au pied de nos autels J’irai rendre pour vous grftces aux Immortels.