SCÈNE V.— LE VIEIL HORACE, SABINE, CAMILLE
LE VIEIL HORACE
Je viens vous apporter de fâcheuses nouvelles, ]),Ies filles; mais en vain je voudrois vous celer Ce qu'on ne vous sauroit longtemps dissimuler : Vos frères sont aux mains, les dieux ainsi l'ordonnent.
SABINE
Je veux bien l'avouer, ces nouvelles m'étonnent; Et je m'imaginois dans la divinité Beaucoup moins d'injustice, et bien plus de bonté. Ne nous consolez point : contre tant d'infortune La pitié parle en vain, la raison importune. Nous avons en nos mains la fin de nos douleurs, Et qui veut bien mourir peut braver les malheurs. Nous pourrions aisément faire en votre présence De notre désespoir une fausse constance;