ACTE II, SCENE I
Ou sa victoire au prix d'une si chère vie, Et que l'unique bien où tendent ses désirs S'achète seulement par vos derniers soupirs! Quels vœux puis-je former, et quel bonheur attendre? De tous les deux côtés j'ai des pleurs à répandre; De tous les deux côtés mes désirs sont trahis.
Quoil vous me pleureriez mourant pour mon pays! Pour un cœur généreux ce trépas a des charmes ; La gloire qui le suit ne souffre point de larmes, Et je le recevrois en bénissant mon sort, Si Rome et tout l'Etat perdoient moins en ma mort.
CURIACE
A vos amis pourtant permettez de le craindre ; Dans un si beau trépas ils sont les seuls à plaindre : La gloire en est pour vous, et la perte pour eux ; Il vous fait immortel, et les rend malheureux: On perd tout quand on perd un ami si fidèle. Mais Flavian m'apporte ici quelque nouvelle.