‹ Horace; tragédie [par] Corneille. Nouv. éd., avec une méthode suivie de lecture expliquée ... suivie d'Horace par l'ImageChapitre 153 sur 265 · ACTE III, SCENE V · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE V

Sabine comme sœur, Camille comme amante : 900

Je puis les regarder comme nos ennemis,

El donne sans regret mes souhaits à mes iils.

Ils sont, grâces aux Dieux, dignes de leur patrie ' ;

Aucun étonnenient1' n'a leur gloire flétrie3 :

Et j'ai vu leur honneur croître de la moitié, 965

Quand ils ont des deux camps refusé la pitié.

Si par quelque faiblesse ils l'avaient mendiée4,

Si leur haute vertu ne l'eût répudiée5*,

Ma main bientôt sur eux m'eût vengé hautement11

De l'affront que m'eût fait ce mol7 consentement \ 970

Mais lorsqu'en dépit d'eux on en a voulu d'autres,

Je ne le cèle point, j'ai joint mes vœux aux vôtres.

Si le ciel pitoyable'1 eût écouté ma voix,

Albe serait réduite à faire un autre choix ;

Nous pourrions voir tantôt triompher les Horaces 975

Sans voir leurs bras souillés du sang des Guriaces,

Et de l'événement10 d'un combat plus humain

Dépendrait maintenant l'honneur du nom romain.

La prudence des Dieux autrement en dispose ;

Sur leur ordre éternel11 mon esprit se repose : 980

Il s'arme en ce besoin de générosité 13,

enfants me tourmentent. » Le

sens tin mot s"est donc affaibli.

Sur la vie des mot s. cf. v. 214, n..'i. i. On sent se préparer ici l'indignation qu'éprouvera le vieil Horace a la nouvelle de la tuile supposée de son tils.

Montrer que tout le reste du passage continue cette prépara- I ion.

2. Etonnement a ici le sens de faiblesse, stupeur (comme causée par le tonnerre). {',('. v. 7, n.

3. Cf. Crouzet..., Gr. Fr., § 307. 1°. Règle: L'ancienne langue avait la liberté d'intercaler le complément direct entre Vauxiliaire avoir et le participe, qui alors s'accordait un t ur vil ement avec ce complément, puisqu'il en était précédé: « J'ai maints chapitres vus. » (L.v Font.. II, 2.)

i. Remarquer la force de ce mot, où tout le vieil Horace se peint.

"). Répudiée — repoussée, avec tout ce que ce mot comporte de mépris, d'horreur, de détachement complet. Le sens du mot s'est restreint depuis.

6. La construction de ce vers est à remarquer. Les deux premières idées qui viennent à l'esprit du vieil Horace, c'est l'idée de la vengeance exercée par luimême, et l'idée de ['«instantanéité » de cette vengeance.

Chez le vieil Horace, cette menace s'explique à la fois par la passion patriotique et par le droit de vie et de mort qu'avait un père sur ses enfants ; — chez le colonel Eulin, dans Servir., d'H. Lavedan, elle ne s'explique que par la passion patriotique.

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