ACTE V, SCENE II
Et nos jours criminels ' ne pourront plus durer Qu'autant qu'à sa clémence il plaira- l'endurer. 1510
Je pourrais ajouter3 aux intérêts de Rome Combien un pareil coup4 est indigne d'un homme ; Je pourrais demander qu'on mit devant vos yeux Ce grand et rare exploit5 d'un bras victorieux : Vous verriez un beau sang, pour accuser sa6 rage, 1515
D'un frère si cruel rejaillir au visage : Vous verriez des horreurs qu'on ne peut concevoir; Son âge et sa beauté 7 vous s pourraient émouvoir ; Mais je hais ces moyens qui sentent l'arlitice3. Vous avez à demain remis le sacrilice : 1520
Pensez-vous que les Dieux, vengeurs des innocents, D'une main parricide10 acceptent de l'encens? Sur vous ce sacrilège11 attirerait sa peine1'-; Ne le considérez qu'en objet de leur13 haine, Et croyez avec nous qu'en tous u ces trois combats 1525 Le bon destin de Rome a plus fait que son bras 15, Puisque ces mêmes Dieux, auteurs de sa victoire, Ont permis qu'aussitôt il en souillât la gloire, Et qu'un si grand courage l6, après ce noble elïort, Fût digne en même17 jour de triomphe et de mort'\ 1530