ACTE V, SCENE ITI
J'aurais su mieux user de l'entière puissance Que nie donnent sur lui les droits de la naissance ; 1660 J'aime trop l'honneur, Sire, et ne suis point de rang1 A souffrir ni d'affront ni de crime en mon sang'. C'est dont- je ne veux point de3 témoin que Valère : II4 a vu quel accueil lui5 gardait ma colère, Lorsque, ignorant encor la moitié du combat, 1665
Je croyais que sa fuite avait trahi l'Etat. Qui0 le fait se charger des soins de ma famille7? Qui le fait, malgré moi, vouloir venger ma fille ? Et par quelle raison, dans son juste8 trépas, Prend-il un intérêt qu'un père ne prend pas ? 1670
On craint qu'après sa sœur il n'en maltraite9 d'autres ! Sire, nous n'avons part qu'à la honte des nôtres, Et de quelque façon qu'un autre puisse agir, Qui ne nous touche point ne nous fait point rougir l0.
A Valère.
Tu peux pleurer, Valère, et même aux yeux d'Horace ; 1675 Il ne prend intérêt qu'aux n crimes de sa race : Qui n'est point de son sang ne peut faire d'affront Aux lauriers immortels qui lui ceignent le front. Lauriers, sacrés1- rameaux qu'on veut réduire en poudre13, Vous qui mettez sa tête à couvert de la foudre l4, 1680
L'ahandonnerez-vous à l'infâme couteau15
i. On voit ici l'orgueil aristocratique du vieil Horace.
2. C'est dont=c'est ce dont. Règle : Il veut avoir trop d'esprit, dont f enrage, v. 1479, n.