‹ Horace; tragédie [par] Corneille. Nouv. éd., avec une méthode suivie de lecture expliquée ... suivie d'Horace par l'ImageChapitre 48 sur 265 · Salaire = récompense · texte numérisé non relu

Salaire = récompense

Ce jour nous fut propice et funeste à la fois1 :

Unissant nos maisons, il désunit nos rois ;

Un même instant conclut notre hymen et la guerre,

Fit naître notre espoir et le jeta par terre,

Nous ôta tout, sitôt qu'il nous eut tout promis,

Et nous faisant amants, il nous lit ennemis.

Combien nos déplaisirs- parurent lors3 extrêmes !

Combien contre le ciel il vomit4 de blasphèmes !

Et combien de ruisseaux5 coulèrent de mes0 yeux !

Je ne vous le dis point, vous vites nos adieux ;

Vous avez vu7 depuis les troubles de mon àme !

Vous savez pour la paix quels vœux a faits ma flamme,

Et quels pleurs j'ai versés à chaque événement, 185

Tantôt pour mon pays, tantôt pour mon amant.

Entin mon désespoir, parmi ces longs obstacles,

M'a fait avoir recours8 à la voix des oracles.

Ecoutez si celui qui me fut hier rendu

1. * Montrer que les six vers (173-179) répètent la même idée et le même contraste avec une richesse d'expression qui prouve dans Corneille une puissance de développement et de verbe presque excessive.

• Etudier comment le contrasle s'exprime de façon varice par <lc- noms, des adjectifs, des verbes... et va en progressant.

2. Déplaisirs est un des mots du 17e siècle dont le sens s'est le plus affaibli. (Cf. v. 11.) Sur la vie des mots, cf. v. 214, n. 5.

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