Le publie = l'Etat, la chose publique (latinisme
8. Ces expressions : ce qu'on aime — un autre soi-même — un sang qu'on voudrait racheter de sa vie — font penser que, malgré la dureté qu'il va montrer, Horace aime réellement Guriace et qu'il a dans son patriotisme la sublimité d'un Polyeucte. Mais il y a aussi la joie orgueilleuse, et par conséquent égoïste, de montrer qu'en lui le Romain est supérieur à tout.
nouvel-
Contre un sang- qu'on voudrait racheter de sa vie, Une telle -vertu n'appartenait qu'à nous1 ; L'éclat de son grand nom lui fait peu de jaloux, Ml peu d'hommes au- cœur l'ont assez imprimée Pour oser aspirer à tant de renommée 3.
CURIACE
Il est vrai que nos noms ne sauraient plus périr4. \ iA***^****
L'occasion est belle, il nous la faut chérir.
Nous serons les miroirs1 d'une vertu bien rare; 455
Mais votre fermeté tient un peu du barbare6:
Peu, même des grands cœurs, tireraient vanité
D'aller par ce chemin à l'immortalité.
A quelque prix qu'on mette une telle fumée7,
L'obscurité vaut mieux que tant de renommée. 460
Pour moi, je l'^ose dire, et vous l'avez pu voir,
1. Dans cette 3ae partie de son discours. Horace applique à luimême la définition qu'il vient de donner du patriotisme absolu et intransigeant qui est celui du Romain.
-2. Au = dans le. Règle : A quelle utilité '.' v. 134, n.
!. A ce patriotisme qui envisage la gloire, comparer le patriotisme du colonel Eulin dans Servir d'il. Lavedan, qui veut mourir sans souci de la g-loire, et qui se dit « un Trappiste du drapeau » :
Le Ministre : Et n'espérez aucune gloire.
EnLIN : Je m'en moque ! Je ne marche pas pour elle, mais pour mon pays.
Dans les collectives hécatombes des guerres modernes, eston guidé par l'espoir d'une gloire personnelle?
4. De même qu'Horace, Curiace réplique en se servant des mêmes termes que son adversaire : mais dans cette concession, on sent l'ironie et le reproche d'un homme qui ne saurait sacrifier ses affections de famille a une satisfaction d'orgueil pa-
tiiol ique.