NIETZSCHE ET LE NIETZSGHEISME
bent et bientôt le fatras de Nietzsche ne sera plus qu'un souvenir dans l'imagination de ceux d'avant la grande guerre, d'avant le « vaste mur criblé de balles », comme disait Alphonse Daudet. Cette rapide revue des récents engouements progermaniques et de leurs dangers nous prouve, entre autres choses, la haute nécessité de la critique philosophique et littéraire défensive quant aux apports étrangers. Non seulement cette critique s'est peu exercée, — si l'on excepte quelques études de Jules Lemaître, de 1886 à 1900 environ, — comme rectificatrice des entraînements métaphysiques et musicaux par nous analysés ; mais encore nous avons failli nous laisser imposer l'autorité, à tendance nettement allemande, du juif danois Georges Bran dès, apologiste de Nietzsche et détracteur sournois des productions françaises et du tempérament français. J'ai vu ce personnage à Paris, chez mon père. 11 ne nous a pas fallu de longues séances pour reconnaître en lui l'ennemi, d'autant plus perfiJe et dangereux qu'il savait mêler habilement la flatterie à la cuistrerie. Sans exagérer son influence , il ne convient pas de la négliger et de lui dénier sa part dans les tentatives de démantèlement intellectuel dirigées contre nous, comme une préparation à la guerre par les armes.