‹ Hors du joug allemand, mésures d'après-guerreChapitre 18 sur 69 · DEPUIS · texte numérisé non relu

DEPUIS

lement. Pourquoi cela? Parce que la protection, la vigilance exigent un efiort et que le retour à la négligence paresseuse est une forte tentation. Voyez comme, quinze années après la déroute de 70, la France politique donnait déjà des signes de manque de mémoire et de négligence, qui s'aggravèrent d'une façon terrible de i885 à 1897, puis aboutirent à l'afPreuse période de 1897 à 1905, où éclata l'alerte de Tanger. Ni veilleur, ni guetteur, ni pilote, ainsi peut se résumer notre histoire politique pendant cette longue durée. Le laisser aller était tel qu'il dépassa l'alerte de Tanger et subsista même après Agadir (191 1), même de 1911 à 1913, où nous furent prodigués de si redoutables avertissements, dont le Livre jaune, récemment publié, porte la trace ineffaçable.

Dans le monde universitaire, scientifique, lettré français, ce laisser aller ne fut pas moindre. En 1900, par exemple, on pouvait compter les professeurs en Sorbonne,les hommes de laboratoire, les professeurs à l'Ecole de Médecine, les écrivains en renom qui pratiquaient, vis-à-vis de l'Allemagne, le système de la surveillance défensive. Une grande crise récente avait permis d'en opérer le dénombrement. Il est intéressant de feuilleter aujourd'hui V Enquête sur l'influence allemande que publia, en 1908, M. Jacques Morland. Elle offre un miroir assez exact des erreurs fantaisistes et des illusions dont se berçaient un

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