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POUR LA DÉFENSE NATIONALE

C'est encore M. Pierre Baudin, ancien ministre des Travaux publics, qui a écrit : « L'expérience que nous venons de faire nous commande de regarder tout Allemand vivant sur notre territoire comme un espion. » Il ne devra plus être permis qu'une fabrique allemande, même masquée en société suisse ou autre, même avec un directeur hollandais, vienne, comme la Merck à Montereau, comme VOsram à Puteaux, comme la Siemens Se hacker t à Greil, occuper

un des nœuds vitaux du pays, menacer le voisinage immédiat d'un pont, d'un tunnel, d'un arsenal, d'une gare indispensables à la mobilisation. Ainsi les autorités militaires se trouverontelles délivrées d'un véritable cauchemar. Ainsi auront-elles, en cas de guerre, les mains libres pour utiliser d'excellents éléments de territoriale dans d'autres postes non moins importants.

Pour le reste, il serait bon que, dans toute organisation industrielle douteuse, bien ou mal située et employant un personnel étranger allemand, autrichien, ou pseudo-suisse, ou pseudoalsacien, des inspecteurs militaires pussent s'assurer, de temps en temps, que les choses se passent innocemment. Ces inspecteurs militaires, qui, dans la circonstance, éviteraient, bien entendu, de revêtir l'uniforme, auraient toute facilité pour exiger, non seulement l'ouverture de toutes les portes, de tous les réduits et l'examen de tous les livres, mais encore le renvoi immédiat et sans explication de tout employé ou ouvrier, jugé par eux suspect et dangereux. La seule existence d'une telle fonction rendrait les patrons allemands, autrichiens ou pseudo-suisses ou pseudo-hollandais infiniment plus circonspects. La même précaution devrait être prise quant aux hôtels, plus ou moins « palace » , qui recèleraient un personnel allemand, quant aux villas meublées analogues à celles qui foisonnaient sur le

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littoral méditerranéen et dans la banlieue de Paris. Il est si facile d'installer un poste de télégraphie sans fil, si facile de donner asile, parmi un personnel français, à des (( volontaires », ou à des « auxiliaires », délégués du grand étatmajor et de la police de Berlin et de Vienne !

Cette surveillance ne devrait pouvoir être tournée ni déjouée sous aucun prétexte. La preuve est faite par cette guerre que les grands patrons allemands pratiquent l'espionnage avec autant de zèle que les petits. 191 4 a fortifié sur ce point, en l'étendant considérablement, l'expérience de

Ces visites, irrégulièrement espacées, finiraient par décourager les agents de l 'avant-guerre. Elles s'appliqueraient également aux usines et terrains abandonnés, — sous couleur de liquidation ou de faillite, — dont nos ennemis ont su si bien jouer aux environs de Saint-Mihiel et de Maubeuge et qui foisonnaient dans la grande banlieue de Paris. •

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