‹ Hors du joug allemand, mésures d'après-guerreChapitre 62 sur 69 · HORS DU .TOI (. \1.I.IAÎ^^D · texte numérisé non relu

HORS DU .TOI (. \1.I.IAÎ^^D

correspondants, M. Joseph Bérenger, de Cannes, la lettre que voici, d'un très vif intérêt :

Cannes, lo février 191 5.

Monsieur,

Les faits scandaleux que je vous ai signalés dernièrement et que vous avez bien voulu publier dans votre article du 21 janvier « Les Allemands Tabou », non seulement n'ont pas été démentis, mais ils ont reçu une confirmation officielle de l'administration préfectorale.

Des mesures, en effet, ont été prises immédiatement pour donner un commencement de satisfaction à l'opinion publique.

Ainsi, 1° : Les hommes mariés qui avaient rejoint leurs femmes à l'hôtel Prince de Galles ont été réintégrés à l'île Sainte-Marguerite. Il en a été de même de ce pôvre Charles Och, qui avait rejoint son amie;

2° Les visites n'ont plus lieu à huis clos. Elles se font en présence de l'administrateur et ne durent que cinq minutes. Elles ont toujours lieu le vendredi, de midi à 5 heures, mais on ne nous dit pas si un interprète assiste l'administrateur, qui ne sait pas un mot d'allemand ;

3° Les sorties sont supprimées. La faveur du 2 janvier accordée au nommé Reg E. était due à la générosité du sujet de Guillaume qui a distribué des secours en espèces à diverses œuvres d'assistance.

Mais il reste encore bien d'autres mesures à prendre pour donner pleine et entière satisfaction à la population de Cannes. Et la première de toutes, c'est de traiter les Boches de l'hôtel Prince de Galles comme des internés et non pas comme des hivernants * .

I. A la suite de cette campagne, les internés de l'hôtel Prince de Galles ont été transférés dans une autre résidence et ce magnifique local a été réservé aux blessés et convalescents français. C'est un résultat.

Ainsi, le service de santé de la i5* région, prévoyant Tarrivée de nombreux malades ou blessés, a demandé à la municipalité de Cannes i 129 lits de plus. — a Ou les trouver? » — se demandait anxieusement le conseil municipal dans sa séance du 3 février.

C'est bien simple. Que M. le préfet veuille bien mettre h la disposition de la ville les 261 lits qu'il a requis pour les Austro-Allemands de l'hôtel Prince de Galles, ce sera déjà 201 lits de trouvés; et pour les 878 autres, la municipalité s'adressera aux propriétaires d'hôtels et de villas, et son appel sera alors favorablement accueilli.

Le traitement de faveur dont continuent à bénéficier les internés austro-allemands du Prince de Galles est un scandale qui doit cesser. Que M. le préfet, qui vient souvent à Cannes, se donne la peine d'interroger les internés français arrivés ces jours-ci, il apprendra comment ils étaient traités en Allemagne.

Puisqu'il faut encore trouver i 129 lits, la ville de Cannes certainement en trouvera; mais que M. le préfet commence par rendre à nos malades et à nos blessés les

261 lits du Prince de Galles; les Boches coucheront

sur la paille, comme nos braves territoriaux.

Veuillez agréer, etc.

J. Bérenger.

Ainsi donc, une certaine amélioration se remarquait dans la région et néanmoins, les mesures prises pour remédier aux scandales que j'avais dénoncés étaient encore incomplètes.

Entre temps, je demandai à M. B..., adjoint à la mairie de Cannes, s'il était bien exact, comme on me l'affirmait, qu'il fût rétribué par Jellineck pour l'entretien du fameux yacht

ago HORS DU JOUG ALLEMAND.

auquel on avait évité le séquestre en favorisant son départ pour Monaco. Je demandai aussi à M. B... s'il avait été pour quelque chose dans ce départ. Je ne reçus aucune réponse de M. B...

Il faut croire que les liens qui attachaient certaines gens à la colonie allemande des Alpes- Maritimes et à l'espion Jellineck étaient hien étroits, bien serrés, car plusieurs Boches du littoral ont continués à jouir d'une scandaleuse protection.

Un étranger, domicilié à Nice, exerçant la profession de tailleur pour dames, — la couture aura joué décidément un grand rôle dans cette guerre, — ex-employé dans une maison de modes niçoise, venait chaque vendredi à l'hôtel Prince de Galles prendre les commandes des bochesses internées. Cet homme avait une sœur, mariée à un Allemand, internée elle-même dans cet hôtel. Le mari porte les armes contre nous. Or, l'homme faisait aussi fonction de vaguemestre. Il se chargeait de mettre à la poste la correspondance des internés, de façon à éviter toute investigation administrative. Cela était fort ingénieux, mais cela était aussi, on en conviendra, fort dangereux.

Beaucoup d'Allemands et d'Autrichiens, chassés de la région par la déclaration de guerre, étaient revenus ensuite effrontément avec un certificat de naturalisation suisse dans leur poche.

C'est ce qui amena un jour une bagarre à Menton, autour du nommé Georges Eckert, propriétaire de l'hôtel du Louvre, reparaissant comme néo-suisse, alors que quelques mois avant la guerre il aurait déclaré dans un banquet suisse : « Je ne suis pas Suisse, je suis Allemand. »

Un peu plus tard, on apprit que le sieur Wicht, déjà nommé, directeur général du casino de Monaco, se faisait porter ses appointements à Vintimille, à Diano- Marina. Kurz eut le toupet d'écrire pour demander qu'on fît mettre le gaz à sa villa de Monte-Carlo. Chose admirable, ces deux Boches avaient à leur disposition une nuée d'agents spéciaux, qui exerçaient une inquisition attentive sur les joueurs et le personnel, afin de chercher à découvrir d'où partaient les renseignements communiqués à la presse. Ils auraient dû être sous surveillance étroite et c'étaient eux qui surveillaient les Français I Je rappelle qu'avant la guerre, Bruxelles, Genève, Paris et Monaco étaient les quatre grands centres de l'espionnage allemand en Europe. Grâce à Wicht, à Kurz et à quelques autres, ces bonnes traditions ne se perdent pas. Si nous n'étions pas intervenus, il faudrait leur adjoindre Uhde, aujourd'hui heureusement interné à Saint-Tropez, en dépit de la caution de quelques salonnards, ses débiteurs et créanciers.

Pendant les semaines de villégiature forcée de

aga hors du joug allemand.

l'hôtelier Thamme à la station estivale de Thorenc, après la déclaration de guerre, ce Boche envoyait de temps en temps des malles ou valises à Vintimille, par l'intermédiaire d'un messager sûr. Un jour, vers la fin de septembre, ce dernier fut dénoncé en gare de Grasse à un honorable négociant de Cannes qui, à son arrivée dans cette ville, s'empressa de signaler le fait à un agent, lequel alla trouver son chef. L'agent revint bientôt après et pria ce négociant de s'occuper à l'avenir « de ce qui le regardait » !

Que contenaient ces valises? Mystère! Dans tous les cas, l'attitude de Thamme permettait toutes les suppositions, en dehors même du fait de les soustraire à tout regard indiscret. Ce Thamme, en effet, peu content d'avoir été envoyé à Thorenc par mesure de précaution, ne se rendit -il pas illégalement trois fois dans le camp retranché de Nice? C'est d'ailleurs le même qui a demandé sa naturalisation, et qui, à l'heure actuelle, se trouve à Bayonne, engagé, du moins on l'affirme, dans la légion, pour sauver son hôtel de Cannes.

On sait maintenant combien il faut se méfier de ces engagements in extremis et de ceux qui les pratiquent. Il arrive d'ailleurs souvent que ces engagés boches, désireux de se soustraire au séquestre et de dérouter les soupçons, s'ingénient ensuite pour se faire réformer à l'aide d'un truc

SUR LE LITTORAL M^.DITKRR AN ÉEN. agS

quelconque ou pour s'embusquer dans un emploi de tout repos. Le tour est joué. Mais ce risque est encore préférable à celui que ferait courir leur présence réelle sous nos drapeaux.

Un Boche, se disant naturalisé récemment, habitait à Cannes. Quelque temps avant la mobilisation, cet individu déménagea à la cloche de bois et, craignant le séquestre, mit ses meubles en dépôt chez un déménageur. Il sous-loua sa villa et fila à Grasse.

Peu après, il revint habiter Cannes, dans un appartement meublé.

Cet individu aurait comme famille : un fils à Paris, une fille à Vienne (Autriche), un deuxième fils à Berlin, oii il possède un tombeau de famille; enfin, il a un appartement à Turin. Chaque année, il recevait de nombreuses personnes, toutes allemandes, séjournant à Cannes plus ou moins longtemps.

Contraste bizarre et illogique : X..., se disant Alsacien, était, avant la guerre, directeur d'une entreprise privée de police nocturne. Il fut arrêté, malgré ses protestations véhémentes, et interné à l'île Sainte-Marguerite. Jusqu'ici, rien que de normal, mais ce qui l'est moins, c'est que cet X... a un frère. Alsacien aussi, qui, lui, ne fut pas arrêté. Un jour, exaspéré par la détention de son frère, celui-ci alla trouver la police, pour lui demander d'où venait la différence de traitement

entre lui et son frère. On lui répondit : (( Cela ne vous regarde pas. »

Pour finir, voici un fait si extraordinaire que j'espérai longtemps le voir démenti en haut lieu, quoique le silence gardé sur mes précédentes révélations fût assez significatif. Quelqu'un de très renseigné m'écrivit ceci de Cannes :

Dimanche, i4 février, de 22 heures à 24, au Bar Américain, rue du Grand-Hôtel, avait lieu une conférence intime, donnée aux Alsaciens-Lorrains par un compatriote (?). A la stupéfaction générale, l'orateur conclut à la victoire de l'Allemagne ! ! ! Je ne sais si cette conférence avait eu lieu en conformité de la loi, mais ce que je sais, c'est qu'aucune sanction n'a été prise contre l'individu qui eut l'audace de proclamer, en France, que l'Allemagne serait victorieuse.

La vérité est que l'audace des Boches, sur la malheureuse Côte d'Azur, ne connaissait plus de bornes. Timbrées d'Allemagne, distribuées par la poste française — ce qui est inouï! — arrivaient à quantité de gens, depuis le début de la guerre, de grotesques et d'infâmes circulaires. L'ennemi s'efforçait d'y étabUr que « la guerre était préparée, dès 1906, en Belgique et en France, par le clergé et les jésuites ». Comment se faisait-il que la poste française distribuât ces circulaires ?

Mieux encore : à la suite de sa précieuse lettre, notre ami M. Joseph Bérenger, domicilié à

SUR LE LITTORAL MEDITERRANEEN. SqS

Cannes et qui avait accepté par patriotisme la fonction de sous-délégué de YAssistance aux convalescents militaires, dont le préfet est le président d'honneur, fut victime des manœuvres exposées dans la lettre suivante :

Cannes, a mars iQi5.

A M, Prax, délégué régional; aa prince Ghika, inspecteur régional de l'Assistance aux convalescents militaires, Marseille.

Messieurs,

Je m'empresse de vous accuser réception de votre lettre du 28 février.

En acceptant le mandat de sous-délégué de l'Assistance aux convalescents militaires, que vous avez bien voulu me confier, mon désir était bien de collaborer avec vous à une œuvre patriotique, et de servir ainsi mon pays pendant la durée de la guerre. Je pensais pouvoir le faire sans aliéner pour cela mon indépendance. Je me suis trompé.

Les motifs que vous invoquez pour me demander ma démission me prouvent que vous vous êtes mépris sur mes idées et mon caractère.

La trêve des partis, l'union nationale dont vous parlez, cette union sacrée si nécessaire en ce moment à la défense du pays, mes amis de V Action Française et moi, nous l'avons, les premiers, hautement recommandée, soutenue. Les articles de Charles Maurras, de Léon Daudet, toute la collection de V Action Française, en sont un témoignage éclatant.

Depuis le début de la guerre, je me suis fait un devoir de suivre l'exemple donné par mes amis de Paris, en observant, malgré tout, la loi du silence patriotique.

Une seule fois, cependant, j'ai rompu ce silence. J'ai conscience de l'avoir fait sans compromettre en rien la défense nationale.

Me faisant justement l'écho de l'opinion publique indignée, j'ai adressé, le i5 février, à V Action Française, une lettre de protestation contre le traitement de faveur dont jouissent, à l'Hôtel du Prince de Galles, les internés austro-allemands, et j*ai réclamé au préfet les 25 1 lits occupés par eux, alors qu'on n'en trouve plus pour nos blessés et nos convalescents.

Après avoir vainement réclamé à qui de droit, je jugeai qu'une protestation publique était nécessaire. Je ne me suis pas demandé, je l'avoue, si cette protestation était compatible avec mes fonctions de sous-délégué. Je n'ai considéré qu'une chose : un devoir à remplir contre un préfet qui ne remplissait pas le sien.

Mais le préfet, dites-vous, est notre président d'honneur ! — Raison de plus pour qu'il s'intéresse à nos convalescents, et pour lui réclamer, en faveur de l'œuvre qu'il préside, les lits réservés par lui à des internés allemands!

Et voilà pourquoi M. le préfet exige ma démission.

A moins que... Ici intervient une étrange démarche. Deux fois, le prince Ghika est venu me voir, et a essayé d'arranger l'affaire. Et quels moyens n'a-t-il pas employés! — (( Voyons, M. Bérenger, vous savez combien j^ regrette cet incident, mais tout cela peut encore s'arranger. Gela dépend de vous. Je ne dis pas que vous fassiez des excuses. Si seulement vous manifestiez un regret! Si vous écriviez à vos amis de V Action Française pour faire cesser cette campagne... ! Voyons, n'y a-t-il pas moyen de s'entendre?

Les lits ? Mais vous les aurez ! le préfet ne demande qu'à vous les donner. Mais, avant tout, que cette campagne

cesse!... »

Le prince Ghika ne démentira pas, je suppose, ses propres paroles, que j'ai rapportées textuellement. Il n'a pas oublié ma réponse à cet odieux chantage. Votre lettre me prouve qu'il Ta fidèlement transmise à M. le préfet.

Vous voulez bien, en terminant, m'exprimer vos regrets et vos remerciements.

Je ne puis, malheureusement, vous exprimer les miens sans réserves.

Cette démission, exigée par M. le préfet, pour des motifs qui m'honorent, je la lui donne bien volontiers.

Je vous donne donc ma démission de sous-délégué de VAssistance aux convalescents militaires, mais je reste, malgré tout, membre du sous-comité de Cannes.

Veuillez agréer. Messieurs, l'assurance de mes sentiments distingués.

J. Bérenger.

Ces quelques véridiques histoires ne sont que la centième partie de celles qui courent sur le littoral méditerranéen , depuis le mois d'août 1 9 1 4 . Il y aurait tout un ouvrage à écrire sur l'embochement et les embochés du département des Alpes-Maritimes et sur l'incroyable scandale qu'ils ont donné au cours de la guerre.

L'espionnage a Nice. — Voici quelle était l'organisation de l'espionnage allemand à Nice avant la guerre : Les agents du gouvernement allemand se réunissaient périodiquement, 2, rue Maccarani, chez un nommé Hohberg, exerçant le métier de libraire. Le libraire Hohberg était u

a§8 HORS DU JOUG ALLEMAND.

Nice ce que le magasin d'optique Zeiss était à Paris, ce que la boutique à Willy Cohn, l'espion de VOrenstein et Koppel, était à Lyon. Ce Hohberg, qui ne dédaignait pas le commerce des livres obscènes, m'est représenté comme un homme insinuant et adroit. Il était intimement lié avec le fleuriste Hûbner, 5, rue Masséna, autre espion notoire. Il fréquentait aussi une racaille de médecins, d'herboristes, de masseuses, de pédicures boches, dont il centralisait les renseignements .

Je recommande aux amateurs une feuille aujourd'hui assez rare, intitulée Der Deutsche in Nizza, F Allemand à Nice, tirant à douze mille exemplaires, s'il vous plaît, et dont Hohberg se servait comme de lien entre tous ses espions subalternes. Lui-même rendait ses comptes au fameux Jellineck, directeur de la Mercedes, et à notre vieille connaissance Uhde, l'espion de l'Almanarre. Hohberg, Hûbner, Uhde, Jellineck, et quelques autres, étaient chargés de préparer la fameuse jonction, pour le cas oii l'Italie eût marché avec l'Allemagne. La neutralité italienne a évidemment jeté ces herren dans un grand désarroi. Us avaient tout prévu, excepté ça.

Il est fort intéressant d'examiner avec soin un numéro du Deutsche in JSizza, attendu qu'il est, pour les initiés, un véritable répertoire de l'espionnage allemand à Nice. En première page est

fortement recommandée une Reicfisadler-Apotheke, pharmacie « anglo-russe », qui est, en réalité, une pharmacie boche, dirigée par un Boche. On devine pourquoi il avait soin de qualifier sa boîte d' « anglo-russe ». Puis, viennent une réclame en faveur des masseurs médicaux Th. Millier, une réclame en faveur du Kamerate Hûbner, — le bruit a couru que celui-ci, pris en flagrant délit, au moment de la mobihsation, aurait été fusillé, mais je n'en crois rien, — et une réclame en faveur d'un sanatorium. On sait que, s'ils sont gérés par des Allemands, les sanatoria, par le secret qui est assuré à leurs pensionnaires, constituent des abris commodes pour des officiers allemands en activité, se livrant aux douceurs de l'espionnage.

Les pages 2 et 3 du Deutsche in Nizza sont une simple nomenclature de Boches « très recommandés », appartenant un peu à toutes les professions, oîi je relève les noms du doctor Aronsohn, i5. Promenade des Anglais; du doctor Wolff, 35, rue Pastorelli; du doctor Rosenthal, du doctor Schûtz, etc., etc. Le tailleur pour dames Rohweder, 11, rue Adélaïde, a les honneurs d'une case tout entière. Il était, en effet, d'après mes correspondants, un des meilleurs auxiliaires de Hohberg.

A la page 3, Hohberg écrit, en allemand : C( Dam rintérêt du germanisme (Deutschtum) à

3oo HORS DU JOUG ALLEMAND.

V étranger, je prie qiion recommande au loin ma boutique et quon ne quitte pas Nice sans avoir rendu visite à mon cabinet allemand. » Le mot (( allemand » est souligné comme je le fais ici. On sent que Hohberg se retient pour ne pas imprimer carrément : a Je suis, à Nice, un des chefs de l'espionnage allemand. Prière de ne pas s'y tromper. » En vérité, l'aplomb de ces coquins avait dépassé toute mesure. D'ailleurs, personne ne les gênait dans leurs manœuvres criminelles. La police fermait complaisamment les yeux.

D'après tous les renseignements que j'ai recueillis jusqu'ici, renseignements qui fourniraient la matière de six gros volumes, les quatre centres — Paris et sa grande banlieue mis à part — de l'espionnage allemand en France étaient les suivants : Reims, Greil, Nice et Cherbourg. Dans ces quatre villes, les Allemands étaient comme chez eux.

l'espionnage orenstein et koppel

Je commence par résumer en un certain nombre de propositions les points précédemment acquis, incontestables et incontestés, concernant la maison allemande Orenstein et Koppel, dont je me suis déjà longuement occupé dans l' Avantguerre, et qui, décidément a la vie dure.

I** M. le sénateur Marcel Saint-Germain —

ORENSTEIN ET KOPPEL. 3oi

sénateur d'Oran — était président du conseil d'administration de la société des Etablissements Decauville — wagonnets et tracteurs — naguère fusionnée avec la société Orenstein et Koppel et Arthur Koppel de Berlin, mais qui évidemment va désormais se séparer d'elle et recouvrer son indépendance à la fois industrielle et nationale ^ La fusion s'était faite dans les conditions suivantes (consulter à la fois le Journal des Banquiers et ï Allemagne en France de Louis Bruneau, ouvrage de bonne foi, d'une méticuleuse exactitude, que je ne saurais trop recommander) :

La société Decauville cédait à Orenstein son usine de Belgique ; elle lui permettait de fonder en tout temps de nouvelles succursales, sous le nom de Decauville; Orenstein

I , Aux dernières nouvelles, à l'Assemblée générale du 2 avril 1916, tenue au Siège social des Anciens Etablissements Orenstein et Koppel et Arthur Koppel réunis, 3i, rue de Londres, la résolution suivante a été prise :

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