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Hors du scepticisme

Ce livre n'a été écrit ni pour ceux qui croient encore à une religion révélée, ni pour ceux qui acceptent les Evangiles de l'humanisme et de la science.

Il s'adresse à ces esprits incrédules, — légion aujourd'hui, multitude demain, — dont l'inquiétude, n'osant se fier ni à des vérités surhumaines, ni aux promesses obscures de Pavenir, cherche en vain l'utile emploi de la liberté et do la vie.

Je ne sais si le scepticisme métaphysique de ce temps durera; mais il y a un scepticisme, moins doctrinal, fait de déceptions, qu'entretient une indifférente légèreté, et qui, ruinant les principes de l'ordre social, énerve l'action, et stérilise la vie pratique. Celui-ci ne peut durer, parce que l'activité est la loi première de toute existence, et que l'action, si elle ne s'inspire pas d'une raison supérieure d'agir, finit, du moins, par créer une raison de vivre.

A la société comme à l'individu il faut une raison de vivre; savoir où l'on va est un besoin universel.

La vie sociale, comme la vie individuelle, a un double objet, parce qu'elle est gouvernée par une double nécessité : l'organisation matérielle et l'idéal.

Par sa vertu libératrice le scepticisme fait de l'incrédule un individu autonome, qui a le devoir, aussi bien que le droit, de se gouverner lui-même. Dans l'ordre social le principe d'autonomie conclut à un radical individualisme.

BIBLIO THECA

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