HORTENSE BÉRANGER, CHATEAUBRIAND ET LAM
[. — Lamennais elles femmes. — Une lettre iuédi Sand. — Pour voir Rachel. — Béranger et 1 rencontrent chez Hortense Allart. — Le Coni 1818- — Lamenoais y collabore avec Chateaubri séparation momentanée. — Ils se rapprochent a| cation des Paroles d'an croyant. — Une letlr Chateaubriand à ce sujet, — Caractère de l'ami ger pour Lamennais. — Le chansonnier dissui de rompre avec l'Eglise. — L'encyclique Sitffa Lettre inédite de Lamennais k Elle de Kertangu; de cette encyclique. — L'abbé Gerbel s'éloign Lamennais fonde le journal le Monde et s'y n nioD de Béranger sur ses rapports avec Liszt et ( — Lamennais chez Maift Clément. — Ses dëni police. — Chateaubriand lui ofire un asile . — Sainte-Pélagie. — Béranger et Chateaubriand ter,
11. — Béranger â Passy. — Ce qu'écrivait Salnte-l enlreliens avec Chateaubriand et Lamennais.
l'ennui de Chateaubriand, d'après Béranger. — Talleyrand sur l'auteur des Mémoires d'Oalre-t droit à la propriété d'après Pierre Leroux. — Ceq disait de Béranger. — Comme quoi les vœux briand et de Lamennais ne furent pas exaucés. lence finale de l'auteur des Paroles d'ancrogan jugée par Béranger et Hortense Allart.
mnais a fréquenté beaucoup de femmes dans ît de fort jeunes et de très belles ; mais quelles t été leur séduction ou la facilité de leurs , aucune d'elles n'eut de prise sur sa vertu, mblait à la cigale d'Anacréon qui n'a ni chair etchanle au haut des arbres. Vivant de l'idée l'idée, il imposait le respect à tous, et, de jue les Messieurs de Port-Royal bravaient ment la médisance dans leurs rapports avec es pécheresses du grand monde, de même lais eut cette fortune qu'il ne vint jamais à de personne de suspecter ses mœurs. II faut ssi qu'il était d'une grande circonspection à rd : il évitait soigneusement de se produire ic avec les femmes de bonne ou mauvaise vie
ilus fort de ses relations avec George Sand, (ieu sait si Béranger les désapprouvait (i) I — voyons hésiter à aller entendre Rachel à la ie-Française, de peur que sa présence en cet , ne donnât lieu à des suppositions malséanorge Sand lui écrit :
écriTait i M"' l.emair«, te aB février iSBy, à propos de U tîoD de LameonuB au Monde :
it crains qu'on n'ait spécalé aar ce brav« Lamennais, qui être la dupe de plus d'ane façon. Quelle rage a-t-on de l'as-
BéftANGER, CBATEAUBRIAND S
« Monsieur, si vous voulez entendre Ra soir, je me suis précautionnée de la petite Butoz (i). li vient de me l'envoyer passée au <V l'ordre de Chopin. Vous pourrez y aller et avec Marlianî (2) ; l'un ou l'autre irait voi dre un peu après le lever du rideau, vous entrer sans rencontrer d'autres visages que c ouvreuses qui certainement ne vous connaiss< quoiqu'elles vous lisent peut-être. Je ne rép pas du contraire.
« Je désirerais bien que vous fussiez libre et assez bien portant pour ne pas manqui bonne occasion. La loge est à vous seul. P Buloz y fera-t-îl cependant une courte apparltî jeter un coup d'oeil de maître et d'aristarque public et sur son théâtre. Mais il ne fera pas can, je vous réponds de lui. Je sais que vous préoccupez guère de toutes les sottise peut dire. Maïs soyez bien sûr que loin de que vous y songez trop, je veux mettre mes empêcher que vos innocentes et légitimes tions soient troublées par des jugements g
(1) FraD^is Buloz était alors commissaire da gouTernc la Comédie-Frani^ise .
la) Consul gincrsl d'Espagus i Paris, ilaliea d'origioi femme tenait ou salon très fréquenté. Je trouve son nom fois dans la correspondance de M>< de Mérilens, notarn une lettre d'elle i Sainle-Benve, dal^e de iSjS :
( A propos, il fut question de vous hier devant moi chez Od a dit que tous étiez un homme singulièrement désin honorable, et M. Herliani a ajouté que vous honoriez encon Bibliothèque (la Mazarine) qu'elle ae vous honorait. C'étail il ne sait pas que je tous coanais. ■ (Lettre inédite.)
HOHTENSE ALLART DB IlifllTKNIf
bostiles. Vous seriez bien bon de venir dîner turd'huî chez moi en famille; nous aussi, noos 18 une loge pour les Français, nous partirions I ensemble.
A vous de cœur et de dévouement respectueux.
ette lettre n'est pas datée, mais elle doit être de ) ou i84o,annéesoù tout Paris défilait à laComédevant Rachel, et où la liaison de George Sand : Chopin battait son plein.
celte époque. Déranger et Lamennais étaient au jx ensemble. Ils s'étaient rencontrés en visite ; Hortense Allart, et même le premier en avait luvé quelque surprise, étant donné que les idées fieuses d'Hortense ne cadraient guère avec celles fécond. Mais Hortense était surtout de la religion jousin, — laquelle était une religion d'amour, me chacun sait ; — elle était éclectique et rechert la société des grands hommes, moins pour s idées que pour eux-mêmes. J'ajoute qu'elle pre-
plaisîr à les mettre en contact quand ils s'igno- [it,et c'est elle qui avait dit un jour à Lamennais : DUS devriez faire connaissance avec Déranger ! » imennais n'aurait pas connuCfiateaubriand,qu'eIle ■ait également jeté dans ses bras. Mais ces deux unes de l'ordre politique et social se connaissaient lis longtemps. Chateaubriand avait eu Lamennais me collaborateur, avec M. de Donald, au Con-
Lettre inédite, communiip je par M. MacqueroD.
BËRANGen, CHATEAUBtlIAHD ET LAMENNAIS iSç
seroateur de 1818, et paraissait très fier de son compatriote, quoique, au fond, il en fût un tantinet jaloux. «Nous avons été bercés parles mêmesflots, » disait-il. Seulement, depuis 1818, les événements avaient singulièrement marché. Le coup de vent des 37-29 Juillet avait jeté nos deux Malouîns sur deux îlots assez distants l'un de l'autre, et la campagne de Chateaubriand pour la duchesse de Berry avait achevé de les séparer.
Mais la persécution supprime les dislances et rapproche les vaincus. Quand Chateaubriand vit Lamennais en butte aux tracasseries du pouvoir civil et aux anathèmes du pouvoir religieux, son vieux sang breton s'alluma de nouveau, et ie petit billet suivant, écrit par René à Féh au mois de mai i834, fit fondre la glace qui restait entre eux :
H Mon illustre compatriote, votre talent aurait donné l'immortalité à cet ouvrage ; moi, je le reçois de mon sujet. Combien je regrette de ne vous voir jamais I Mille tendres amitiés et admiration sincère,
« CHATEAUBRIAND (l). »
L'ouvrage en question n'était autre que les Paroles d'an Croyant, publiées le i"' mai dans la Revue des Deux Mondes. A partir de ce moment, les deux Malouins se virent souvent et ne se quittèrent plus.
Ce fut également le pamphlet de Lamennais qui cimenta son amitié avec Déranger.
(1) Lettre inédite, conimaniqaée par M. Macqueron.
jues jours auparavant (22 avril i83^), le chan- ■ écrivait à Napoléon Peyrat :
J'ai un nouvel ami. Vous ne devineriez pas m ; l'abbé de Lamennais. Vous ne sauriez ombienil m'arecberché et combienil meplail.
fions ébauché la connaissance il y a deux ans. nble complète maintenant et je m'en félicite, nme a vraiment ie coeur évangélique, et sa phie est tout humaine (i). »
l'amitié chez Béranger ne fut jamais aveue était, au contraire, très avisée, très clair- !. Quand il vit que Lamennais se cabrait sous 1res de Rome, il prit peur et le mit en garde les coups de tête irréfléchis. & Ne sortez pas :lise, — lui disait-il, —autrement, vous êtes Vous n'aurez plus d'autorité sur les âmes s suivent ! » C'était aussi l'opinion de Chaiod, qui l'a résumée dans cette page des 'es d'Outre-tombe :
tèle professant l'hérésie, î'auteur de l'Essai différence parle ma langue avec des idées qui
plusmes idées. Si, après avoir embrassé i'enlent populaire, il fût resté attaché au sacer-
aurait conservé rautorîté qu'ont détruite ses ns. Les curés, les membres nouveaux du et les distingués d'entre les lévites) allaient les évêques se seraient trouvés engagés dans
\ager et Lamennait, p. ^Z.
bAranger, chateaubriand et lahenhaie
sa cause, s'il eût adhéré aux libertés gallicai en vénérant le successeur de saint Pierre et ( dant l*unité. En France, la jeunesse eût ei missionnaire, en qui elle trouvait les idée aime et les progrès auxquels elle aspire ; en les dissidents attentifs n'auraient point fait ( de grands peuples catholiques, ies Polo Irlandais, les Espagnols, auraient béni le prt suscité. Rome même eût fini par s'apercevoi nouvel évangéliste faisait renaître la domio l'Eglise et fournissait au pontife opprimé 1 de résister à l'influence des rois absolus puissance de vie I l'intelligence, la rehgion,! représentées dans un prêtre (i) I »
Malheureusement, Lamennais était absolu un moine (2) et têtu comme un Breton. I de transiger sur le terrain des principes, n en tout que la ligne droite et poussant h jusqu'aux extrêmes, il était, de plus, hum il y avait de quoi — de voir le peu de cas q sait à Rome des services qu'il avait rendus pauté, et l'encyclique Sîngalarl nos (i5 juilli qui condamna les Paroles d'an Croyant, a encore lancée qu'il pensait à rompre avec Cela résulte de la lettre qu'il écrivait, le 16, son neveu Élie de Kertanguy :
(ij Mémoire» d'Oatre-lombe, t. VI, p. /fi5.
(3) Le mot est de Mgr Darboy et fut dit au Père Hyacii demain de sasorUe da cooTeat.
voue, mon Ëlie, qu' que tu connais, je tu est Bnivé. Il faut q\ i instances de la di e qui était, religieuse 'ût si coupable le len< iranle point. Je i'ava
m'en afflige, ce n'est pas pour moi, que l'aveustifiera que trop peut-être, mais pour la r*- :t pourceux mêmes qui se fontsi^atuit«ment 'sécuteurs. On m'écrit de Rome : « Vos amis !nt à cause des funestes conséquences qu'ils nt. Ils me charg'ent de vous engager à un absolu et à laisser le temps agir. » C'est ce ferai, si cela m'est possible, si l'on ne me oint à parler. Je veux dire qu'en ce qui me le je tiendrai cette encyclique pour non aveje continuerai de défendre, quand je ie croiessaire, la cause de l'humanité, cause des à laquelle j'ai dévoué le reste de ma Tie.
: jours apris (le iS juillet), il écrivait de la Chioaii i Béran-
s intrigues diplomatiqueE et jésuitiques Tieonent encore une mporter. Peu importe la reliffion k ces geos-là, pourra qu'ils Dt k leurs fins. A force d'odieuses et sourdes menées, ils 1 coulre moi, noa pas une coudam nation, mais une diffaa m'a mandé là-dessus des détails curieux de Rome, oil les s diseut hautement que l'Encyclique n'est qp!* l'nnininTi nrr. e Mauro Capellari, et rieo de plus. On ne econnaflre le caractère d'un jugement doo représentée et acceptée en France par l'o] Dt et dirigent les hommes qui l'ont sollicitét ter, t. II, p. 177.)
BEAANGER, GHATKAUBRIAND ST LAMENNAIS l63
L'article que je t'ai envoyé pour la Revue (i) est la meilleure réponse que je puisse faire à la plupart des accusations dont j'ai été l'objet. Je désire donc beaucoup qu'il paraisse dans le numéro qui suivra le prochain. C'est le moyen le plus simple de garder ma position que je ne veux point changer. Je ne sais rien de plus quant à présent et ne m'inquiète point de ce qui suivra, comptant sur l'aide de la Providence à mesure que j'en aurai besoin. Ne vous hâtez pas trop pour l'exécution de votre projet(2).Il demande, sous tous les rapports, à être bien mûri. Il serait fâcheux de commencer sans avoir au moins de grandes probabilités de succès. Je voudrais que nous puissions en causer ensemble, avant que vous ne prissiez un parti définitif. Ne comptez que peu ou point sur les promesses que l'on vous fera. Si vous réussissez, on viendra à vous. Vous verrez, dans le cas contraire, se retirer tous ceux qui vous auront donné les plus belles paroles du monde. Il faut donc, pour ne pas échouer, qu'au moins pendant quelque temps vous puissiez marcher sans le secours d'autrui. Ne doute point de ce que je te dis là.
« Je serais fâché que M. Gerbet (3) pensât que
(i) Il s*agit derarticle intitulé De Vabsolutisme et de la liberté, qui parut le f aot!kt i834 dans la Revue des Deux Mondes*
(ji) Il s'agissait de fonder un journal qui aurait soutenu les idées de V Avenir.
(3) L'abbé Gerbet était peut-être de tous les disciples de Lamennais celui qu'il affectionnait le plus. Il ne se sépara de son maître qu'après l'encyclique Singulari nos (i5 juillet i834), qui condamna les Paroles d*un croyant. Mais il s'était éloi|fçné de lui peu de temps après lui . avoir fait signera la Chênaie, le ii décembre 1 833, la fameuse décla-
e sentiment àsdn'égard. 11 n'enest rien.
lOtre position respective a change. 11 de moi, je ne me suis point éloigné de enances ou, si l'on veut, les nécessités 1 ont exigé de lui ce mouvement rétrolonne heure, je ne m'en plains pas, mais pas moins qu'il existe entre nous main- Iparation à mes yeux incompatible avec snferme pour moi le doux et saint nom lenon pas, grâce à Dieu, avec un autre :hement très sincère. Je n'ai jamais s liens; beaucoup de liens rompus ont issé de profondes cicatrices dans mon re qu'on avance dans la vie, on remerîs amères épreuves qui nous en adou-
l'Encyclique sera connue, envoie-moi qui en parleront, s'il en est qui disent î de remarquable. Je ne veux point de
de l'Ami de la Religion. Je ne te ferai :s de mes commissions quelles qu'elles . à ma tendresse pour toi, tu sais bien, héri, qu'elle sera toujours la même, îme en viede te revoir, ainsi qu'Eugène.
atin par laquelle Lamenaais prolestait • dans lec la formule contenne dans le Bref da Souverain pou- 1, du 5 octobre i833, suivre uniquement et absolneiposée dans l'Encyclique du mfme pape, et B'eu- :rire qui ne soit conforme à cette doctrine a. L'abbé avec Sainte-Beuve, quand celui-ci débufa aa Globt la divergence de leurs opinions, Sainte-Beuve Id DQ tendre souvenir.
BÉRANGER^ CHATEAUBRIAND ET LAMENNAIS l65
Si ce n'est pas ce mois-cî que vous venez, j'espère au moins que ce sera au commencement du prochain,
« Mille choses à tous nos amis. Je t'embrasse de cœur (i). »
« L'avenir me justifiera !» — Il l'a justifié effectivement plus tôt qu'on ne pensait, et nous avons vu un grand pape — Léon XIII — ne pas craindre de mettre ses pieds dans les sandales de Lamennais. Mais, en attendant, la vie de l'illustre apologiste fut brisée, un peu par sa faute, et devint un sujet de scandale pour tous ceux qu'il avait catéchisés, et de difficultés de toutes sortes pour lui-même.
Quelques mois après l'encyclique Singulari nos, Béranger écrivait à Napoléon Peyrat :
« Je voudrais bien retirer Lamennais du bourbier où d'autres semblent vouloir l'enfoncer. N'en dites mot : il veut se mettre à la tête d'un journal, et je crains d'arriver trop tard pour lui éviter cette folie . Il m'a compris relativement à ses rapports avec Liszt et G. Sand. Mais je crains bien que, facile et bon comme il l'est, il ne tombe de Charybde en Scylla. C'est la meilleure pâte de petit homme qui soit au monde ; mais le voilà sans carte et sans boussole, et rien ne garantit qu'il n'échouera pas au premier écueil. Cet homme avait besoin d'une route toute tracée d'avance. Hors du catholicisme (car il en est sorti), il n'a pas ce qu'il faut pour s'orienter. J'ai fait
(i) Lettre inédite communiquée par M. Macqueron.
ïriW, moi philosophe, d'essayer de I chemin, mais je crains bien qu'il ne ' LS 1res bon gré. C'est pourtant par l'atl'il m'inspire que je me suis laissé ' ï morigéner.
z bien jugé la nature de son esprit.Mais le, avec ce petit corps, ii a étéjadis un que c'est pour s'arracher aux plaisirs a endossé la soutane? Savez-vous que l'homme était un ferrailleur redouta-
'homme « est joli et combien vrai 1 La ise de Lamennais ballait dans sa sout plus maigre encore après qu'il l'eut queiletéte ! jamais Béranger n'en avait ! : il eut beau s'y prendre de toutes les r lui faire entendre qu'il allait manger
Monde, et en pure perte, les quatre estaient, il ne réussit qu'à l'indisposer eureusement que Béranger était bon mpette. Quand la colère de Lamennais il revenait frapper à sa porte, comme si t, et l'on parlait de tout et du reste, car lOnversatîon ne manquaient point.
oufFrait beaucoup de l'isolement quasi 1 lequel vivait son ami. Il craignait tou-
tombât malade. Que deviendrait-il dans ù prendrait soin de lui î — « Moi ! m
Lameiutaii, UUre dn S février i835.
BÉnANGin, GB^TEAUBRIAND St LAUEMNAIS
répondait Hortense avec son âme d'infirmière, elle était trop compromettante, elle n'avait pas canonique, Lamennais n'aurait pas voulu d'el qu'il lui fallait, c'était une amitié de femme, d<
. rassis, une gouvernante qui fûtun peu mieux q domestique, — une seconde Lisette, enfin.—
I Lamennais n'en éprouvait pas le besoin. Il : mieux la solitude. Pourtant, en 1837, pendat Béranger habitait la Grenadière, près Tours, il se résigner à vivre sous le même toit qu'une f amie. Le chansonnier lui écrivait alors :
« J'ai appris que madame Clément vous i
sait de vous louer un appartenant dans l'hôtel t
va prendre. Je me réjouirais que cet arrang
, eût lieu, si voire petite fortune vous le perme
i alors vous auriez auprès de vous des personn
! pourraient veiller à votre santé que je crois qu
j gouvernez fort mal, et que pourtant vous d
i ménager pour vos amis et pour tout le 11
Madame Clément est une dame excellente,
noble caractère et pour qui c'est un besoin d(
cuper du bonheur de ceux qui l'entourent j toi
sans caprices et sans insistance (i). »
|i)Siip M"CliSraent, Toicice que Bëraoger ëcrivail à M™" 1 le ag jnillet 1837 :
• Arez-voni lu que Lunemiais ciaitA IsTrsppcou à Rome! dr m'écrire de Sézanoe (a), où il esl retiré chez ooe dame ' '^"^ qui j'ai coDtribuÉ k faire entrer, il y B cinq «nSile jeuiie ï^spoléoB], Je connais ud peu cette dame qnî Tieat de m'écr l'engager à aller voir Lamennais chez elle. C'est une e:
; (>) Stunne e>I itani la Usine.
il était dit que Lamennais ne connaîtrait repos. Au moment où il s'apprêtait à ez M"' Clément, son libraire fit faillite, et lita pour lui une si grande perte d'argent ! de pouvoir prendre sa part des dépenses s, il déclina Toffre gracieuse de cette En même temps ses démêlés avec la police icèrent. On perquisitionna dans sa manprocéda à l'examen de ses papiers, fouilut et lisant tout, même les cartes de visite, specta rien, ni les lettres de famille, ni les ' tifs à ses affaires privées. On interrogea sa i je sur les personnes qu'il voyait, sur ses , voire sur la façon dont il s'habillait. Bref, ente de police fut si brutale et si scanda- Chateaubriand, qui pourtant y était habi- ■ ut révolté et offrit à Lamennais un âsile J !
pensée n'est plus en sécurité dans votre gre- ' i illustre ami, ma maison vous est ouverte, mon hospitalité, tout l'honneur sera pour
abriand était alors en veine de générosité.
re un peu Jeune, mais maladiTe et d'une (grande eialbtrais que Lsinennsis pût rester longtemps li, et ne plus se le journalisme. Mois il fait la sonrdc oreille â mei cou. •etp. da Biranger, i. 111, p. 4i.t Lire aussi les lettres àt M» Clémeot publiées psr M. Christian Maréchal dus U loin liltéraire de la France, no d'aTiil-juia igo&. le Lameanais à M"" Ctémeut, eu date da 3o dicenibtt I par M. Christian Maréchal.
inédite du 6 août i838.
BÉRANGEn, CUATEAUBRIAND £
Quelque temps avant, ayant appris que Bér allait être obligé de quitter sa retraite de la G dière, il lui avait offert de lui venir en aide, E dans le moment où lui-même était contraint d' donner sa maison de la me d'Enfer. « Quel cœur I » s'écriait Lamennais. Oui, mais aussi c( il était payé de retour I L'année suivante, il éc à Bé ranger :
« Il me semble que nous veillons l'un sur Vi
J'ai eu peur de votre pauvreté, voilà que vous
peur de la mienne ; mais la vôtre est toute r
d'une marche uniforme et d'un bon caractèi
mienne est quinteuse, elle a quelquefois l'air c
^ringoler par mon escalier et de me laisser avt
écus ; puis elle rentre soudain par la fenêtre ; j'
rais bien mieux un lit assuré dans quelque gi
' d'un hôpital... Pourtant je vous remercie de j
I cœur; soyez tranquille, celte fois :1a banquerou
me cause bien quelque embarras, mais elle ne
teint pas réellement. . . »
Et il ajoutait :
« Je suis allé plusieurs fois chercher l'abb Lamennais. Je l'ai rencontré par hasard, ca trois quarts du jour il ferme sa porte, ou il se i chez des amis aux environs de Paris. Il m'a dit travaillait toujours à son grand ouvrage (2). »
Ce grand ouvrage était VEsqaisse d'une Phi
(t) CeUe d« son éditeur.
(1) Corresp. de Béraager, t. Ul,\p. 163.
amennais publia à la fia de l'aanée i84o, sa condamnation pour sa brochure intî- ^ays et le Gouvernement. Car il passait Sophie à la politique et de sa mansarde à igie avec une aisance qui n'avait d'égal ourag'e, ou la sottise du gouvernement, lent^ pendant qu'il était en prison, les Chateaubriand et de Béranger ne lui firent it. C'était une trop belle occasion pour le se rappeler au bon souvenir du public, et notre chaasonnier avait quitté définilive- >uraine, il n'était pas fâché, lui non plus, • que petit bonhomme vivait encore I
3Ût i844, Sainte-Beuve écrivait à Juste
^er, Chateaubriand et Lamennais se voient et avec plaisir chez Déranger, à Passy ; le isonnier fait son métier de diable, comme les conviant chez lui sur son terrain. Ils it et s'y sentent à l'aise : le chevalier et le dent les armes au siècle. On fera un jour : livre avec le titre à' Entretien de ces trois un futur philosophe y fera entrer tout ce ra (i). .
ondance inédite dt Sainte-Beavt autc JU, et IU=" Jatle