BERANGER^ CHATEAUBRIAND ET LAMENNAIS
ordre, passa pour ainsi dire inaperçue dans Timmensité du désastre public.
Il n'en fut pas de même de celle de Lamennais, arrivée le 27 février i854.
Parlant de son illustre compatriote, au dernier chapitre des Mémoires rf'Ott/r^-/o/n6^^ Chateaubriand s'exprime ainsi :
« J'aimerais à voir son génie répandre sur moi l'absolution que sa main avait autrefois le droit de faire descendre sur ma tête. Nous avons été bercés en naissant par les mêmes flots ; qu'il soit permis à mon ardente foi et à mon admiration sincère d'espérer que je rencontrerai encore mon ami réconcilié sur le même rivage des choses éternelles (i). »
Hélas I cette pieuse espérance fut cruellement déçue. L'auteur des Paroles d'un croyant mourut dans l'impénitence finale. Et, au lieu d'être déposé, comme il l'avait désiré jadis, sur le rocher du Grand- Bé, au pied de la tombe de Chateaubriand, le corps de Lamennais, enlevé dès l'aube au milieu d'un grand déploiement de forces policières, fut enterré, suivant son expresse volonté, dans la fosse commune, sans avoir été porté à aucune église, sans la moindre pierre, sans la croix pour laquelle il avait brisé tant de lances superbes.
Au retour de cet enterrement, qu'il avait suivi en voiture, Béranger s'écriait :
(i) Mémoires (TOatre- tombe, t. VI, p. 466,
emps singolier où, ( en matière de rei
tense Allart qui, m lit demeurée chrétïf
égal, vous me croirez si vous le vouiez, i Dre mieux la fin religieuse di "
, elle est plus conforme à n naine (a), m
pas moi qui la contredirai. ,