‹ Hortense Allart de Méritens ...Chapitre 20 sur 28 · LETTRE INÉDITE DE LIBRI · texte numérisé non relu

LETTRE INÉDITE DE LIBRI

Nous avons publié plus haut (page 68) une lettré de Librî relative à son procès. En voici une autre du même temps, adressée également à Hortense et sur le même sujet.

Londres. Vendredi, Septembre.

Veuillez, de grâce, excuser mon silence. J'ai reçu toutes vos lettres et je vous remercie vivement de votre intérêt amical • J'ai été de nouveau atteint par mes douleurs d^estomac et dans ce iftoment-ci j'ai toutes les peines du monde à vous écrire, car en me pliant un peu sur mon pupitre, je sens mes douleurs augmenter. J'ai écrit à Mme Hamelin. Lia lettre a été remise à M. P..., qui la lui a adressée à la campagne. L'a-t-elle reçue? Veuillez lui dire dix mille choses de ma part.

Vivent les nigauds qui, après avoir vu comment on m'a traité et qui, sachant comment on me traite encore, s'imaginent que je devrais aller me jeter entre les mains de M. HattonI Ce juge a été choisi avec les experts pour me perdre : on le comprend, on se le dit au fond de Tâme, mais comme on en a peur (les méchants font toujours peur aux braves gens) on gémit et on se laisse faire. Quand

.Igr

si

ères, à leur gré, apporter et emporter ce qui leur plaît,

; aucune formalité ; si enfin les magistrats aoeriis

^ctement par des protestations, par des lettres, de ces

rmités, remplissent leur devoir en les toléraat et en

.égeant ceux qui les ont commises et qui ne cessent

de les commettre !

'endredi dernier (3i août), les 3 experts sont entrés

! moi et ont emporté une charretée pleine de livres,

)apiers, de manuscrits, sans inventaire, sans aucune

;onne chargée de me représenter, sans qu'il fât pris

ine procaution pour s'assurer de Videntilé des objets

vés, en un mot sans aucune g^arantie ni pour la jus-

ni pour moi I

a s'en allant les trois experts ont déclaré àmon domes-

e qu'ils avaient emporté tout ce qu'ils devaient pren-

et qu'ils ne reviendraient plus jamais chez moi ; et

adant, le lundi 3 septembre, M. Lalanne (celui qui a

déclaré vouloir me faire pendre) est revenu seul chez moi et a emporté encore des paquets sans aucune formalité et sans témoins. Qu'est-il allé faire chez moi? A-t-il enlevé (comme on ime Técrit) des choses qu'il avait trouvées à sa convenance chez moi? A-t-il détruit des factures de libraires ou d'autres papiers utiles à ma défense ? Demandez, s'il vous plaît, à M. de M. . . ce qu'il pense de ces procédés tolérés^ protégés môme par ses amis. J'ai entre les mains une lettre d'un célèbre jurisconsulte étranger qui m'écrit que, s'il y avait Y ombre de la justice en France, le juge d instruction et le procureur de la République qui ont présidé à l'instruction dirigée contre moi ne seraient pas condamnés à une amende, mais seraient envoyés aux galères. Le signal le plus certain de la décadence de la France, c'est que de telles énormités puissent s'y commettre pendant 18 mois, et qu'ils soient connus du public sans exciter aucune émotion. Le premier besoin d'un grand peuple c'est que les lois soient respectées. Quand il devient indifférent à la justice, un peuple est bien malade.

Il a paru, dans le Statuto de Florence du 16 août, un excellent article sur mon affaire. On m'assure que Capponi y a travaillé. L'article est 'excellent et j'en ai été très touché. Je lui écrirai, mais je suis écrasé par une corres pondance qui embrasse tous les points de l'Europe. A part le besoin de diriger tout ce qui se fait à Paris, notes, mémoires, lettres, polémique, Je fais tout et souvent on me gâte tout.

Voici un petit mot pour M. le curé d'Herblay. J'espère

que vous avez reçu une lettre dans laquelle je vous parlais

; lui. Je me souviens <\ tôt intrinsèque par ua ivue. Soignez-vous, pa oî toujours de vos nou

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